Festival Frye: le parcours singulier de Roméo LeBlanc

De Memramcook à Rideau Hall, le parcours de l’ex-gouverneur général du Canada, Roméo LeBlanc, est pour le moins singulier. L’auteure Beryl Young, de Vancouver, raconte cette histoire passionnante dans son livre jeunesse Un gamin acadien, traduit par Robert Pichette.

Le traducteur a bien connu l’homme d’État acadien qui a occupé les fonctions de député fédéral, de ministre, de sénateur et de gouverneur général de 1995 à 1999. Avant de se lancer en politique, Roméo LeBlanc a été, entre autres, journaliste, professeur et attaché de presse du premier ministre Lester B. Pearson. Robert Pichette l’a connu d’abord comme professeur. Il lui a enseigné l’histoire du Canada au Collège Saint-Louis à Edmundston.

«Nous avons été des amis très proches. J’ai été une de ses plumes. J’ai écrit beaucoup de ses discours lorsqu’il était gouverneur général. Ce qui n’était pas facile parce que Roméo était un pédagogue né. Son premier amour était l’enseignement et il connaissait son français à la perfection. Il savait ce qu’il voulait dire.»

Étant ami avec l’auteure, l’écrivain de Moncton a accepté de traduire le livre. Il a toujours eu un grand respect pour Roméo LeBlanc qui, rappelons-le, est décédé le 24 juin 2009 à Grande-Digue. Beryl Young qui signe cette passionnante odyssée est de Vancouver. Celle qui se spécialise dans les livres jeunesse a connu Roméo LeBlanc à cause de sa première femme Diana LeBlanc.

«Elle (Beryl Young) l’avait rencontré et causé avec lui et puis elle trouvait que son parcours était pas mal spécial. Ce qui est effectivement vrai. Un petit gars de Memramcook qui devient le premier personnage de l’État canadien.»

Dans ce livre, on découvre le périple d’un homme engagé, authentique et dynamique ainsi qu’un travailleur acharné. Ayant grandi sur une ferme à Memramcook auprès d’un père illettré, il n’était pas nécessairement prédestiné à poursuivre des études supérieures. Tous les autres enfants avant lui ont dû arrêter leurs études pour travailler sur la ferme. Il a été le premier de sa famille à fréquenter l’université. C’est sa sœur qui était servante dans une maison aux États-Unis qui a financé une bonne partie de ses frais de scolarité.

Robert Pichette a adoré traduire ce livre parce que l’auteure est une excellente conteuse. Son écriture est simple et vivante. Bien que le récit s’apparente au roman, tout est vrai dans cette histoire, soutient le traducteur.

«C’est un livre pour la jeunesse, mais les adultes peuvent y trouver leur compte.»

Beryl Young a intégré plusieurs encarts dans le récit afin de fournir de l’information sur l’histoire de l’Acadie, la culture acadienne, les composantes du gouvernement et l’ensemble du parcours de Roméo LeBlanc. Ce n’est pas une leçon d’histoire, mais elle fournit l’essentiel, contribuant ainsi à mieux comprendre le rôle qu’a joué l’homme politique.

«Ça peut inciter de jeunes personnes à suivre les traces d’un homme comme Roméo LeBlanc parce qu’il est parti de loin. Il a failli ne pas faire d’étude. Il est le premier de sa famille à faire des études plus poussées. Ç’a été une chance pour lui. C’est ce qui a fasciné l’auteure. C’est un homme authentique. Il n’a jamais eu la moindre prétention et il l’a débusquait chez les autres», a-t-il ajouté.

Publié aux Éditions Bouton d’or Acadie, Un gamin acadien – l’odyssée de Roméo LeBlanc vers Rideau Hall est paru cet hiver. La maison d’édition espère que le livre fera son chemin jusque dans les salles de classe. Le Festival Frye présente une rencontre lundi à 17h au théâtre du Monument-Lefebvre à Memramcook en compagnie de l’auteure Beryl Young et du traducteur Robert Pichette.