Théâtre l’Escaouette: chercher la lumière après une tragédie

Les limites du bruit possible, une pièce sombre et sinistre qui en met plein la vue, est au programme pour marquer la fin de la 42e saison du Théâtre l’Escaouette.

Des comédiens de l’Acadie, du Québec et de l’Angleterre se rejoignent dans la pièce Les limites du bruit possible, au Théâtre l’Escaouette, les 22 et 23 mai.

La pièce, qui se fait légère sur le dialogue, est inspirée d’un recueil de poésie intitulé Crow, du poète britannique Ted Hughes.

Le poète écrit ce recueil après le suicide de sa deuxième épouse. L’atmosphère est donc loin d’être joyeuse.

Selon le metteur en scène et directeur de création, Marc-André Charron, les comédiens abordent volontiers les thèmes sombres de l’oeuvre originale.

«C’est une pièce qui porte sur le deuil et sur comment on y survit, comment on cherche la lumière après la tragédie», raconte Marc-André Charron.

Il affirme par contre que la pièce ne s’abandonne pas dans le macabre pour autant, et qu’elle retrouve un côté «humoristique et ludique» malgré la tragédie.

L’ambiance troublante de la tragédie est incarnée sur scène par le personnage du corbeau, éponyme de l’oeuvre originale, qui ensorcelle parfois les autres personnages et qui frappe comme la mort.

Chacun des neuf acteurs incarne la figure mystérieuse du corbeau à tour de rôle.

La comédienne Florence Brunet, originaire de l’Île-du-Prince-Édouard, explique que le personnage du corbeau a demandé beaucoup de travail aux acteurs.

«Ça fait plusieurs années qu’on travaille sur la pièce, et le corbeau a un rôle très particulier et spécifique dans le recueil de poésie. Il est soit observateur ou il provoque. On s’est inspirés du livre et on a travaillé à partir de ça», dit-elle, en ajoutant que les comédiens se sont inspiré des mouvements d’oiseaux dans la nature pour incarner le personnage.

Le masque du corbeau vient d’un effort collaboratif entre Marc-André Charron et ses collègues d’outre-mer, de la troupe de théâtre londonienne Grafted Cede.

«Les masques inspirent une fascination primale, ils ralentissent les choses, ils prennent un peu plus de temps», dit l’acteur britannique Will Pinchin, en expliquant que le masque du corbeau donne un air irréel à certaines scènes.

L’acteur anglais, qui ne parle pas français, affirme que les défis de communication avec le reste de l’équipe ont été intéressants à surmonter.

«C’est un groupe d’acteurs majoritairement francophones qui travaillent sur une légende de la poésie anglaise. Cette relation entre anglais et français a été complexe et c’est un réel plaisir d’en faire partie», ajoute-t-il.

Marc-André Charron explique qu’il s’est penché vers la collaboration internationale à cause de la qualité des artistes qu’il connaissait déjà depuis ses voyages.

«Devant ce qui me semblait être un chantier théâtral énorme, je voulais inviter toutes ces familles différentes et mettre notre savoir-faire ensemble», raconte le metteur en scène, qui a étudié en Angleterre et travaillé au Québec.