Les Cyclones de Dalhousie remportent la Gougoune dorée!

L’équipe d’improvisation de l’école Aux quatre vents a vécu des sensations fortes au championnat provincial La Gougoune Dorée au cours de la fin de semaine. Les représentants de Dalhousie ont mis la main sur le trophée en venant à bout de l’équipe hôtesse de la polyvalente Mathieu-Martin de Dieppe lors de la finale.

Donnez-leur un thème et vingt secondes de réflexion, et les voilà lancés dans des numéros aux situations et aux répliques les plus loufoques les unes que les autres. Par leur verbe, leur jeu, leur sens de l’humour et de la théâtralité, les Cyclones ont su convaincre les juges et charmer le public.

Leur entraîneuse, Guyanne Pelletier, avait les yeux embués au moment de recevoir le prix. L’année scolaire a été difficile pour l’équipe, dont l’un des membres a perdu la vie peu avant la rentrée.

«Nos jeunes avaient besoin de prouver qu’ils pouvaient le faire, c’est une façon une façon de faire le deuil, souligne l’enseignante. Ils ont très bien performé, je manque de mots pour exprimer la fierté que j’ai pour ces enfants, pour leur force de caractère.»

Pour rendre hommage à son ami disparu, Jacob Elias a tout donné sur scène sous les applaudissements d’une foule en délire. «On savait que quelqu’un veillait sur nous autres pendant qu’on jouait, mentionne le jeune finissant. Notre objectif c’était d’avoir du plaisir et je suis extrêmement fier de ce qu’on a accompli.»

Avant d’entrer en piste, lui et ses acolytes ont adopté un rituel bien particulier. «Avant un match, on va être l’extérieur, on court, on s’agite, explique-t-il. Ensuite on mange du sucre, des bonbons pour être réveillés, on prend des grandes respirations pour se libérer la tête, et on chante pour se motiver!»

Michel Albert, président d’Improvisation NB, est ravi du calibre des huit équipes venues des écoles des quatre coins de la province. «Ça a été un beau tournoi», assure-t-il.

Successivement organisateur, arbitre puis juge, ce vieux routier de l’improvisation s’est employé à évaluer la prestation des jeunes selon leur présence, leurs intonations, leur réactivité, leur créativité, mais aussi leur capacité à créer une histoire et un personnage en très peu de temps.

«La meilleure improvisation se joue dans l’inconfort. Les formules préfaites, les stratégies, les plans, ça donne une prestation plate. Quand tu n’as pas de gilet de sauvetage, quand tu as peur, que tu n’as aucune idée de ce que tu vas faire, c’est là que tu innoves, c’est là que la magie opère!»

Leadership, travail d’équipe, capacité à s’adapter, à réagir à une situation, l’improvisation permet de développer des qualités essentielles, souligne Michel Albert. «Si on regarde des anciens de l’improvisation qui se sont fait une place dans la société acadienne, on en retrouve dans les médias, la politique, la direction d’organismes… Ce sont les leaders demain!»