Qui sera la prochaine étoile de la chanson acadienne?

Audrey Basque-Goguen, le duo Charles et Monique, Jalapeno Papa (Adam Coustring) et Samuel Mallais accèdent à la finale du 51e Gala de la chanson de Caraquet. Ces quatre finalistes témoignent de la force et de la vitalité de la musique en Acadie, estime le porte-parole de l’événement, Serge Brideau.

«Je dirais que la chanson acadienne est vivante, elle est forte et elle est en forme (…). Les juges n’ont pas eu la tâche facile. Il n’y avait pas de maillon faible dans la cuvée 2019. Je pense que cette année, c’en était une grosse année. Il y avait beaucoup de talents», a déclaré le directeur artistique du gala, Serge Brideau, en entrevue au lendemain de la demi-finale qui s’est tenue dimanche au Centre culturel de Caraquet.

Animée par l’humoriste Coco Belliveau, la demi-finale du gala a permis au public de voir sur scène non seulement les neuf artistes et groupes qui cherchaient à se tailler une place à la grande finale, mais également les artistes et formateurs Lisa LeBlanc et Marc Déry.

Des neuf demi-finalistes, quatre artistes ont été retenus pour la grande finale. Les univers musicaux sont très variés allant du l’électro-pop à la chanson jazz en passant par le folk, le jazz et le rock alternatif.

«C’est vraiment éclectique. C’est un peu pour ça que j’avais accepté de faire ça parce que ça me donne espoir dans la chanson», a poursuivi le porte-parole du gala.

Deux finalistes du Nouveau-Brunswick, soit l’auteure-compositrice-interprète et multi-instrumentiste Audrée Basque-Goguen de Tracadie, lauréate de nombreux concours et Samuel Mallais de Petit-Rocher, tenteront de remporter la finale. Celui dont les chansons sillonnent entre le jazz et le rock alternatif a également remporté le prix Camp Chanson Québecor de Petite-Vallée.

Cette récompense est une invitation à une résidence de création en compagnie de l’auteur-compositeur-interprète David Marin en juin au Camp chanson de Petite-Vallée.

De la Nouvelle-Écosse, on retrouve le duo folk Charles et Monique de la Baie-Sainte-Marie, deux anciens membres du groupe Grand Dérangement, ainsi qu’Adam Coulstring, alias Jalapeno Papa, au style funk, trip hop et électro-pop.

«Jalapeno Papa, c’est une bibitte. Il qualifie sa musique de trip hop, mais je ne sais même pas comment appeler ça. C’est merveilleux. Il brille de son originalité et de son intelligence. C’est drôle, mais c’est intelligent. C’est venu me chercher parce qu’on est un peu dans la même logique. Il ne se prend pas au sérieux, mais il y a beaucoup de réflexion en arrière de ce qu’il fait.»

Serge Brideau souligne l’immense talent de tous les finalistes. Les artistes ne sont pas intimidés par la scène et se présentent avec beaucoup d’assurance, même ceux qui ont moins d’expérience.

L’auteur-compositeur-interprète et membre du jury, Maxime McGraw, n’hésiterait pas à acheter un billet pour le spectacle de l’un ou l’autre des quatre finalistes. Ce sont des artistes voués à une belle carrière, considère-t-il. Que ce soit Audrée Basque-Goguen par sa solide prestation, Jalepeno Papa qui a laissé le jury un peu bouche bée par son originalité complètement assumée, le jeune Samuel Mallais, 17 ans, qui l’a ébloui ou encore le duo très attachant composé de Charles et Monique.

«Ce n’est jamais une tâche facile d’être sur un jury. On voulait y aller le plus objectivement possible. À la fin, les quatre choix étaient unanimes. C’est certain qu’aujourd’hui, arriver avec quelque chose qui n’a jamais été fait, c’est pratiquement impossible, mais il y a des façons de mettre sa propre couleur.»

Le jury de la demi-finale était aussi composé de Jean Surette (directeur général de Musique NB) et de Christine Dubé (gérante d’artistes chez Cool Cats Agency).

Le jury a décerné le prix de l’équipe au demi-finaliste Michael Cameron de Bathurst.

La chanson étoile

À compter du 1er juillet, les gens pourront voter pour leur chanson préférée. Trois compositions sont en lice pour la chanson étoile (ancêtre de la catégorie de la chanson primée).

Il s’agit de Daniel Arseneault d’Edmundston avec Brise du printemps, de Mathieu Lewis de Moncton avec L’Éteinciel et d’Anabelle Hébert de Shippagan avec Infidèle.

Les chansons pourront être écoutées sur le site web du gala et les gens pourront voter en ligne jusqu’au 7 août à 17h.

La chanson gagnante sera déterminée par les votes du public (30%) et le jury (70%).

Les trois chansons finalistes seront enregistrées au Studio La Classe, à Memramcook, avec une équipe complète de professionnels (réalisateur, musiciens, mixage et matriçage).

Elles seront interprétées par Caroline Savoie, Katrine Noël et Robin Joël Cool lors de la finale du gala.

La finale du 8 août

Serge Brideau promet une finale enlevante. Il a demandé aux finalistes d’interpréter du nouveau matériel, différent de ce qu’ils ont offert à la demi-finale.

«Je me suis donné le mandat de ne pas refaire le même spectacle. J’ai demandé aux artistes si ça leur tentait de faire des chansons différentes. Ils ont carte blanche et on attend leurs propositions.»

Serge Brideau espère aller encore plus loin puisque les finalistes auront droit à de nouvelles formations et du temps de répétition afin de monter le spectacle.

En plus de Diane Losier, de Serge Brideau et de Léandre Bourgeois, qui seront de retour comme formateurs, les finalistes pourront également compter sur des professionnels de l’industrie musicale, dont Shanti Loiselle, spécialiste du numérique et des médias sociaux, ainsi que Sébastien Charest pour la gestion des droits d’auteur.