Phil Comeau lance une campagne de sociofinancement pour son prochain film

Le cinéaste Phil Comeau prépare la suite de son court métrage primé, Belle-Île-en-Mer, île bretonne et acadienne. Pour réaliser cette nouvelle œuvre documentaire qu’il entend tourner pendant le Congrès mondial acadien, il a choisi de passer par le sociofinancement, une première dans le domaine du cinéma en Acadie.

Depuis sa sortie, le film Belle-Île-en-Mer, île bretonne et acadienne, sélectionné dans 72 festivals, a récolté 30 prix. Ce court documentaire réalisé de façon indépendante sans l’aide des réseaux de télévision jette un regard sur l’histoire des Acadiens qui se sont établis sur cette île française. Des Acadiens des Maritimes débarquent sur l’île afin d’aller à leur rencontre. Face au succès du film, Phil Comeau souhaite réaliser une suite qui, cette fois, sera tournée dans les trois provinces maritimes. Dans Belle-île en Acadie, ce sera au tour des Acadiens de Belle-Île-en-Mer de faire le voyage depuis la France pour rendre visite aux Acadiens des Maritimes et parcourir le territoire de leurs ancêtres.

«Plusieurs participants du voyage sont les mêmes personnages que j’avais choisis dans mon premier film. C’est eux qui viennent en Acadie, dont certains pour la première fois de leur vie, donc ça va être sûrement très touchant quand ils vont aller sur les anciennes terres de leurs ancêtres. Il va y avoir des rencontres avec des Acadiens des Maritimes et pour terminer le voyage, on se rendra au congrès mondial acadien où ils vont participer à plusieurs activités», a expliqué le réalisateur.

Il envisage de filmer leur arrivée en Acadie et leur voyage dans les Maritimes, en choisissant des scènes qui intéresseront le grand public. Après avoir découvert l’histoire de l’Acadie de Belle-Île-en-Mer, il se propose de faire connaître celle des Acadiens d’ici au monde.
«C’est pour parler un peu de notre histoire, mais aussi pour mieux nous connaître, étant donné qu’il y a un erre d’aller avec ce film-là au niveau international.»

Financement

Après avoir essuyé des refus de la chaîne Unis et de Radio-Canada pour un projet de long métrage documentaire sur le Congrès mondial acadien, le cinéaste a opté pour le financement indépendant.

«Le fait que les deux ont refusé mon projet de long métrage sur le congrès, je me suis dit que je n’irais pas les voir avec mon court métrage parce que ça va être la même histoire.»

De plus, comme pour son premier court métrage, le réalisateur a envie d’avoir une liberté totale dans la création sans devoir plaire aux directives d’un réseau de télévision.

«Ça devient un film qui a vraiment un point de vue acadien à 100% et non pas un projet que les gens de l’extérieur ont joué dedans. Ce qui me donne la confiance d’agir comme ça, c’est le fait que j’ai produit de façon indépendante Belle-Île-en-Mer et que ça si bien fonctionné.»

En 42 ans de métier, Belle-Île-en-Mer est son film qui a récolté le plus de prix.

Dans le domaine de la musique, plusieurs musiciens ont utilisé le sociofinancement pour produire leur album. Or, dans le milieu du cinéma en Acadie, c’est plutôt rare. Au Québec, il y a des réalisateurs qui ont réussi à financer leur projet par ce moyen. L’objectif de la campagne de financement de Phil Comeau sur Kickstarter est de 30 000$ afin de payer l’équipe de tournage, la location d’équipement, les transports, les logements et le montage du film. Passionné par son sujet, le cinéaste n’a pas l’intention de se verser un salaire pour ce projet.

En quatre jours, il a déjà atteint près de 4000$. La campagne s’étend jusqu’au 7 juillet. S’il n’atteint pas son objectif, le projet n’ira pas de l’avant et les donateurs ne seront pas chargés. Voici le lien pour avoir plus d’information sur cette campagne et sur le projet: www.kickstarter.com/projects/acadie/belle-ile-en-mer.