Monette Gould: chanteuse d’opéra… et célébrante de funérailles

Chanteuse d’opéra, musicienne, enseignante, directrice de chorale et maintenant célébrante de funérailles agréée. Monette Gould ajoute cette dernière touche à son CV déjà bien garni. Une activité qui détonne du reste, à première vue, d’autant plus que – c’est bien connue – l’artiste acadienne aime la vie et a toujours eu la blague ainsi que le rire faciles.

Monette Gould connaît bien l’univers des célébrations funéraires. Comme nous tous, elle a vécu quelques deuils personnels. Elle chante aussi depuis l’âge de 12 ou 13 ans dans des cérémonies de commémorations. La mort, pour elle, n’est plus un sujet tabou.

«Nous avons tous un peu peur de la mort et nous n’osons pas en parler. Il m’est aussi arrivée de sortir de funérailles un peu triste, parce que je trouvais que l’on n’avait pas assez parlé de la vie de la personne, de la façon dont elle était décédée, ou encore parce que personne de la famille n’avait osé s’exprimer», souligne Monette Gould au cours d’un entretien téléphonique.

C’est en discutant avec une amie travaillant dans un salon funéraire qu’elle a su qu’une formation de célébrant funéraire intensive de quatre jours se donnait en Ontario. Cela a piqué sa curiosité et elle s’y est rendue récemment.

«J’ai adoré ça! Je voulais tâter le terrain et les sujets qui ont été abordés pendant la formation m’ont beaucoup parlé, que ce soit la façon d’approcher les familles endeuillées, les différentes catégories de personnes décédées pour lesquelles nous allons organiser des funérailles ou les possibilités d’être créatif tout en célébrant la vie de la personne pendant la cérémonie», énumère Monette Gould, ajoutant que – doit-on s’en surprendre? – elle a aussi beaucoup ri.

«J’étais entourée de directeurs funéraires de partout au pays et moi j’étais la chanteuse d’opéra retraitée; disons que je sortais un peu du lot, et certains m’ont demandé en rigolant si je ne m’étais pas trompée d’endroit!»

Au-delà du badinage et de l’atmosphère décontractée de la formation, Monette Gould a surtout pris conscience de l’importance d’un rite de passage pour à peu près tout le monde, même ceux qui se disent athées ou croyant mais fréquentant peu les lieux de culte.

«Les célébrations funéraires commencent à changer. De plus en plus, les gens veulent quelque chose de personnalisé. Il arrive parfois que des gens omettent cette partie lors du décès d’un proche; ils font incinérer leur être cher et rapportent l’urne à la maison. J’ai déjà été témoin de situations semblables et quelques années plus tard, ces gens n’avaient pas encore guéri de leur deuil, probablement à cause qu’ils n’ont pas pris le temps de méditer sur la personne disparue ou de lui dire un dernier au revoir», estime Monette Gould qui, au terme de ses quatre jours d’apprentissage, a reçu une accréditation en bonne et due forme l’habilitant à organiser ainsi qu’à célébrer des funérailles seule, ou avec un célébrant religieux.

«Je ne veux pas travailler contre les prêtres ou les ministres du culte de quelque dénomination que ce soit. Au contraire, je peux les accompagner pendant la cérémonie en les aidant à offrir une touche personnalisée selon les demandes de la famille. Je suis aussi légalement attitrée pour le faire seule, en travaillant en collaboration avec les familles ainsi que les salons funéraires. Je peux organiser la cérémonie de A à Z en discutant avec les familles et en les accompagnant dans le processus. Si la personne décédée aimait la pêche, il peut y avoir un décor en fonction de ça; si elle aimait le country, on peut faire jouer ses chansons préférées; il n’y a pas de limites», explique Monette Gould.

Pour elle, c’est aussi une façon de redonner à la communauté, elle qui dit avoir reçu beaucoup d’elle tout au long de sa vie.

«Je suis prête à offrir des services partout dans la province, en français comme en anglais. Tous les gens sont importants et pour moi, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de mourir. Nous avons tous une histoire à raconter et si je peux aider les familles endeuillées à raconter celle de leur être cher, c’est là mon plus grand bonheur», atteste Monette Gould.

Les gens intéressés à obtenir ses services peuvent communiquer avec elle par Facebook ou avec les maisons funéraires. Elle mettra aussi sur pied bientôt un site web.