Médecine et musique, les deux passions du Dr Memiche

Necat; ce nom vous dit-il quelque chose? C’est un auteur-compositeur-interprète néo-brunswickois d’origine turque qui connaît un certain succès chez nous ainsi que dans son pays natal. Et si je vous parlais plutôt de Dr Nejat Memiche? Ah, là, ça vous sonne peut-être une cloche. Peut-être avez-vous bénéficié de son expertise comme gastroentérologue, profession médicale qu’il exerce depuis plusieurs années à Bathurst et grâce à laquelle il jouit d’une réputation enviable à la grandeur de la province.

Peu de gens encore le savent, mais Nejat Memiche (Memisoglu de son véritable nom) compte deux albums à son actif (Lost In Music et Black Dot White Cube) sous le nom d’artiste Necat. Car hors-les-murs de sa clinique, Dr Memiche compose de la musique, et ce, depuis qu’il est tout petit.

«Je viens tout juste de terminer l’écriture de mon troisième album, qui n’est pas encore sorti. J’ai commencé à écrire des chansons il y a très longtemps, quand j’étais jeune enfant. Mais depuis cinq ans, j’ai accéléré la cadence et je m’y suis mis plus à fond, entre autres grâce à mon réalisateur de disques que j’ai rencontré à Istanbul, il y a quelque temps», souligne Nejat Memiche, alias Necat, au cours d’un entretien téléphonique.

Pour lui, la musique comme la médecine, c’est presque aussi naturel que de respirer. Pourtant, sa famille ne compte pas de musiciens à proprement parler, ni même un attrait particulier pour la mélomanie.

«Mon père était médecin et c’est un peu par hasard que j’ai commencé à écrire ainsi qu’à chanter dès mon plus jeune âge. C’était tellement naturel pour moi que je croyais que tout le monde faisait ça! Jusqu’à ce que quelqu’un me dise qu’au contraire, ça sortait plutôt de l’ordinaire. J’ai toujours aimé la musique dans tout plein de styles; je peux passer du country au hard rock en passant par Frank Sinatra sans problème quand je compose ou que j’en écoute», soutient celui qui est arrivé au Canada vers l’âge de 3 ans et qui a grandi à Campbellton ainsi qu’à Montréal.

Pas étonnant, donc, que l’on entende clairement un métissage des genres dans les quelques pièces que votre dévoué serviteur a pu écouter.
Un son rock mêlé de pop avec des accents très souvent country et quelquefois blues: Necat-Nejat Memiche a trouvé sa propre couleur au gré de ses expériences multiculturelles et de ses rencontres professionnelles.«J

veux que chacune de mes chansons soit un voyage dans mon univers. J’ai toujours de nouvelles mélodies dans ma tête et mon équipe à ma clinique m’a toujours encouragée dans mes divers projets musicaux», atteste le Dr Memiche.

La conciliation entre la médecine et la musique ne doit toutefois pas être toujours facile à faire… Le médecin-chanteur répond que pour l’heure, les deux sont faisables, dans la mesure où il a ses fins de semaine libres pour se produire en spectacle, ici ou en Turquie où il retourne tous les deux mois pour donner de la formation à de futurs médecins ainsi que peaufiner quelques enregistrements. Son frère, le Dr Reshat Memiche, avec qui il est associé à sa clinique, lui donne également un coup de main lorsque ses absences sont prolongées.

«Je crois que je peux faire les deux sans trop de difficultés. Mes deux fils jumeaux entreront bientôt à l’Université de Moncton – dont l’un pour étudier la médecine à son tour – et ça va me donner encore plus le temps de composer. J’aimerais faire plus de spectacles ici chez nous et je compte bien m’y mettre dans les prochains mois», exprime M. Memiche.

Il a d’ailleurs rendez-vous avec le public ce samedi, à 20h, à la Salle Denis-Richard de Petit-Rocher, en compagnie de John Boulay et ses musiciens. Necat offrira pour l’occasion un florilège de ses deux albums ainsi que quelques chansons de son troisième à venir.

«C’est vraiment à ce moment que je vais voir s’il se passe quelque chose avec le public. Si tout va bien, je compte me produire en spectacles plus souvent dans la province», affirme celui qui dit avoir très hâte de partager son matériel musical avec les spectateurs en fin de semaine.