La soprano Chantal Dionne transmet sa passion

De retour dans la région de Moncton, là où elle a débuté sa formation universitaire en chant, au milieu des années 1990, la soprano Chantal Dionne rayonne. Toute la semaine, celle qui a chanté un peu partout dans le monde transmettra sa passion aux musiciens et chanteurs en devenir.

Douze étudiants en musique (huit chanteurs et quatre pianistes) de premier cycle et de cycles supérieurs ou encore en début de carrière, de partout au Canada et aux États-Unis, suivent un stage de perfectionnement à l’Académie de l’Été musical de Barachois jusqu’au 27 juin.

La soprano de Drummond, près de Grand-Sault, qui enseigne au Conservatoire de musique de Montréal, est l’une des professeures invitées de l’Académie.

Cette ancienne bachelière de l’Université de Moncton, qui poursuit une carrière musicale à l’extérieur de la province, est toujours heureuse de revenir au Nouveau-Brunswick.

Dans la salle Neil-Michaud à l’Université de Moncton, la professeure termine une classe avec une étudiante en chant Érika Aubé.

«Ç’a vraiment allumé des affaires sur des choses que ma professeure m’avait peut-être déjà dit, mais cette fois, c’est présenté d’une autre façon. C’est le fun d’avoir d’autres opinions», soutient l’étudiante en chant de 19 ans.

Chantal Dionne a la piqûre pour l’enseignement.

«Pour moi, c’est une façon de redonner. J’ai été obligé de partir pour gagner ma vie parce que c’est ma passion, mais j’aime revenir afin de pouvoir la partager et entendre de nouveaux talents (…). J’ai une espèce de contact fusion avec les participants.»

Mme Dionne travaille déjà avec de jeunes voix puisqu’elle enseigne au niveau pré-conservatoire à Montréal.

La professeure apprécie le fait que le nombre de participants soit limité à Barachois. Ils ont tous passé des auditions et ils doivent déjà avoir une solide formation. De plus, le programme qui est à l’étude est composé principalement de pièces canadiennes et de folklores acadiens.

«Comme professeure, je leur parle de mon expérience personnelle et professionnelle. J’essaie de leur faciliter les choses et de leur apporter des notions qu’ils ont entendues peut-être plusieurs fois avec leur professeure, mais que j’approche d’une façon différente. À la fin, l’objectif est d’arriver à avoir des outils pour mieux interpréter.»

D’ici la fin de la semaine, ces étudiants ne seront plus les mêmes chanteurs et musiciens, estime Chantal Dionne.

Pour Érika Aubé, Martine Jomphe et Marie-Pierre Arseneau, ce stage intensif leur permet non seulement de se perfectionner, mais de se produire sur scène et de s’initier aux compositeurs canadiens.

«Depuis que j’ai commencé mes études, j’accompagne beaucoup de chanteurs et je suis de plus en plus fascinée par le répertoire de chant et l’art d’accompagner le chant. Le fait qu’on fait des pièces canadiennes et folkloriques, c’est différent pour moi. C’est un peu à l’extérieur de ma zone de confort», a exprimé Martine Jomphe, de Fredericton, qui s’apprête à entreprendre des études de maîtrise en piano.

Avec la musique classique, elles ressentent une connexion plus profonde même si entre amies, elles écoutent davantage de musique populaire.

«J’ai toujours baigné dans la musique classique parce que ma mère (Monique Richard) a été chef du département de musique. Mais ça reste que pour moi, c’est plus personnel et les mélodies viennent nous toucher. Il y a un beau défi et c’est plus complexe», a commenté Marie-Pierre Arseneau, 18 ans.

Deux concerts, les 25 et 26 juin, ainsi que deux classes de maître publiques à l’Église historique de Barachois, le 27 juin à 11h, avec la soprano Chantal Dionne, et à14h, avec la mezzo-soprano Kriztina Szabo, sont prévus à l’horaire. Le groupe d’étudiants plus expérimentés partira en tournée à Fredericton et à Charlottetown, tandis que le premier groupe se produira également dans des résidences pour personnes âgées de la région.

Les défis de recrutement

Le codirecteur artistique de l’Été musical, Julien LeBlanc, souligne que l’un des défis de l’Académie est de se faire connaître étant donné que le programme est nouveau.

«Pour le premier groupe, j’ai reçu exactement le nombre d’applications qu’il fallait. Si dans les auditions, j’avais entendu des gens qui n’étaient pas prêts, je ne les aurais pas acceptés. Pour le deuxième groupe, ç’a été un peu plus compliqué parce qu’il y a énormément de stages qui se passent au Canada, en Europe et aux États-Unis.»

Les meilleurs étudiants choisissent souvent des stages qui leur permettent de bien se positionner pour les concours avec des professeurs prestigieux.

«Nous on essaie de créer un endroit qui est agréable et qui est très intime. On ne veut pas avoir beaucoup d’élèves et c’est pour ça qu’on accepte que 12 personnes, pour que les élèves aient beaucoup d’attention et beaucoup d’expérience de scène», a-t-il mentionné.

En concevant le programme des concerts, Julien LeBlanc cherche à faire connaître la musique des compositeurs canadiens aux jeunes et au public.

«Quand on pense aux compositeurs canadiens, on pense à de la musique moderne et contemporaine, mais il y a aussi des compositeurs au Canada qui écrivent depuis le 18e siècle.»

Les concerts de l’Académie donnent le coup d’envoi à la 39e saison de l’Été musical de Barachois.