Théâtre l’Escaouette: Tsunami donnera le coup d’envoi à la 43e saison

Avec huit pièces, dont trois nouvelles créations signées par des auteures de l’Acadie, la 43e saison du théâtre l’Escaouette abordera une foule d’enjeux humains et de société. L’identité, la mort, la spiritualité, la quête du succès figurent parmi les thématiques qui traverseront ces œuvres qui accordent une grande place aux femmes, que ce soit sur la scène, en écriture ou encore dans la mise en scène.

La première mondiale de la pièce Tsunami de Mélanie Léger donnera le coup d’envoi à la nouvelle saison de l’Escaouette, les 17 et 18 octobre. Cette production, mise en scène par Philippe Soldevila, raconte l’histoire d’Élodie (Florence Brunet), 15 ans, dont la vie bascule après avoir appris que sa mère est atteinte d’un cancer et qu’elle va mourir. Son père qui sera joué par Ludger Beaulieu est anglophone, tandis que sa mère (Karène Chiasson) est francophone.

La dramaturge acadienne explique que l’histoire, bien qu’elle peut paraître très dramatique, est racontée de façon poétique, donnant ainsi une œuvre plutôt lumineuse.

«On voit comment elle vit la réception de cette nouvelle-là pour trouver une manière d’accompagner sa mère. C’est vraiment vu à travers ses yeux. Des fois, elle voit les choses d’une manière plus absurde ou plus comique.»

Il s’agit d’un spectacle tout public. Un fait divers sur une femme retrouvée sur les côtes du Pacifique après le passage d’un tsunami est à l’origine de son inspiration. Elle était la dernière survivante de son île. Cette coupure d’un journal l’a amené à réfléchir sur l’idée de la disparition et du rapport à la langue et à la culture. Elle a voulu ancrer le récit dans la réalité culturelle de Moncton.

«Ça m’a un peu amené à naviguer vers l’image de la mer et de la mère.»

La directrice artistique du théâtre l’Escaouette, Marcia Babineau, confie qu’elle a été profondément touchée par cette œuvre. Elle se dit ravie de mettre de l’avant cette création pour ouvrir la prochaine saison.

«Quand Mélanie Léger écrit, il y a toujours un côté absurde que j’aime. J’ai été très touchée émotivement par le contexte, l’histoire et la façon dont c’est raconté.»

Cette pièce sera présentée aussi en tournée au Nouveau-Brunswick à l’automne.

Nouvelle saison

En octobre, le théâtre de Moncton accueillera la comédie dramatique, Comment je suis devenu musulman, écrite et mise en scène par Simon Boudreault, inspirée de sa propre vie.

Deux nouvelles créations du Théâtre populaire d’Acadie s’arrêteront à l’Escaouette. Huit femmes de Robert Thomas, adaptée par Christiane St-Pierre, dans une première mise en scène de Diane Losier, réunit huit comédiennes de l’Acadie. Dîner pour deux de Caroline Bélisle qui met en vedette David Losier et Florence Brunet, dans une mise en scène de Ludger Beaulieu, sera également à l’affiche de l’Escaouette.

’actrice de renom Marie-Thérèse Fortin sera de passage à Moncton dans la pièce La détresse et l’enchantement sur les mémoires de la romancière Gabrielle Roy.

Aventure théâtrale

Comme grand coup de théâtre, l’Escaouette offrira au public de voir ou de revoir la trilogie sur l’identité acadienne: Les trois exils de Christian E., Le long voyage de Pierre-Guy B. et L’incroyable légèreté de Luc L.

Mise en scène par Philippe Soldevila, cette autofiction en trois volets est incarnée par Christian Essiambre, Pierre-Guy Blanchard et Luc LeBlanc. Les trois pièces seront présentées une à la suite de l’autre, la même journée.

«On a toujours dit qu’on allait faire ça une fois que les trois pièces allaient être créées. On a décidé de faire ça sur une journée parce que c’est vraiment une aventure. C’est aussi l’occasion pour le public de rester entre les pièces et ça permet divers types de discussions et d’échanges», a expliqué Marcia Babineau.

Le marathon sera joué aussi à Winnipeg, durant l’hiver, tandis que L’incroyable légèreté de Luc L. partira en tournée au Nouveau-Brunswick et au Québec, en avril 2020.

Présence des femmes

Comme au Théâtre populaire d’Acadie, l’Escaouette ouvre largement la porte aux voix des femmes dans sa prochaine saison. Quatre œuvres au programme ont été écrites totalement ou en partie par des femmes. Marcia Babineau souligne que la majorité des textes soumis aux Festival à Haute Voix, qui revient en avril, est signée par des femmes. Selon Mélanie Léger, c’est dans l’air du temps.

«Il y a eu beaucoup de revendications dans les dernières années de la part des femmes autrices qui revendiquaient une place. Il y a un mouvement au Québec où elles ont dénoncé le peu de représentation des femmes dans les textes qui sont montés dans les grands théâtres.»

Ces revendications ont-elles encouragé les théâtres à leur faire plus de places? Peut-être que oui, mais une chose est certaine, les femmes écrivent plus que jamais et soumettent davantage leurs textes, comme en témoigne le Festival à Haute Voix.

Les pièces de la saison

  • Tsunami (17 et 18 octobre)
  • Comment je suis devenu musulman (30 octobre)
  • Huit femmes (27 et 29 novembre)
  • Dîner pour deux (13 février 2020)
  • La détresse et l’enchantement (4 mars 2020)
  • Les trois exils de Christian E. (28 mars 2020)
  • Le long voyage de Pierre-Guy B. (28 mars 2020)
  • L’incroyable légèreté de Luc L. (28 mars 2020)