Le Festival de danse en Atlantique se veut accessible à tous

Rendre la danse accessible à tous en investissant l’espace public. Voilà ce que se sont donné comme mission les organisateurs du 14e Festival de danse en Atlantique qui se déroulera du 14 au 24 août, en marge des festivités du Congrès mondial acadien, à Moncton.

«Cette année, on a pris un angle un peu différent des autres éditions pour essayer d’amener la danse accessible pour tout le monde en nous intégrant aux activités du CMA à Moncton», a déclaré la directrice de l’ADFDA et de la compagnie DansEncorps, Chantal Cadieux.

Celle qui organise ce festival depuis 14 ans, contre vents et marées, a imaginé différentes stratégies depuis les débuts de l’événement afin d’attirer davantage de public à ses spectacles.

En 2018, le festival s’est joint pour la première fois au festival Acadie Rock dans le but justement de rejoindre un plus grand nombre de personnes.

Selon la directrice, les résultats sont positifs puisque plus de gens ont pu être en contact avec la danse, bien que l’assistance en salle continue de stagner.

«En exposant la danse sur la place publique, ça va faire en sorte qu’éventuellement les gens vont venir en salle. Avoir plus de contact avec les artistes et pouvoir échanger avec eux, je pense que ça va aider à réduire la distance qui est créée avec les danseurs», a-t-elle commenté.

Cette année, des prestations en danse auront lieu chaque jour, à 17h, à l’espace Extrême frontière du CMA, aménagé au centre-ville de Moncton et au Parc Riverain.

Des spectacles à la Salle Bernard-LeBlanc, des prestations impromptues au Rendez-vous des villes francophones et francophiles d’Amérique, au Delta Beauséjour, à l’Atrium de la Croix Bleue et lors de l’hommage à Angèle Arsenault figurent aussi au programme.

Le festival se rendra jusqu’à Saint-Louis-de-Kent pour présenter un numéro dans le cadre des festivités du CMA.

Une très belle brochette d’artistes

Une quarantaine de danseurs et de chorégraphes du Nouveau-Brunswick et d’ailleurs sont attendus. Le coup d’envoi sera donné par le danseur François Richard.

Originaire de Moncton, l’artiste de la danse basé à Montréal a oeuvré pour de nombreuses compagnies telles que le Royal Ballet de Winnipeg. Il enseigne dans plusieurs écoles de danse.

Le public de Moncton l’a déjà vu jouer le rôle du Prince dans Casse-Noisette, mais ce sera la première fois qu’il sera dans la région pour offrir un solo professionnel.

Intitulée Untitled 1, cette œuvre de la chorégraphe Andra Pena propose une réflexion sur la résilience humaine. Le spectacle d’ouverture, Local Time, comprendra également une prestation de Charles Brecard et d’autres artistes locaux.

L’artiste en danse contemporaine Lucy May, originaire de Fredericton, créera une œuvre, en compagnie de 12 danseurs émergents de la région de Moncton, qui sera présentée à la clôture du festival.

La compagnie Élise Legrand qui réunit danse contemporaine et fanfare, Simon Renaud avec sa pièce Noy(é)e, ainsi que le collectif Danza Descalza avec son spectacle Ako seront aussi de la programmation.

«Les œuvres soulèvent des points de vue, un questionnement sur la vie, sur notre état, notre rapport avec les choses et notre environnement. Les sujets sont quand même assez variés, mais toujours choisis dans le sens de la fraternité et de l’amour dans un esprit positif qui nous donne le goût d’agir et de faire avancer les choses», a poursuivi Chantal Cadieux.

Le festival offrira aussi une série d’ateliers de danse aux enfants, adolescents et adultes.

Le financement

Année après année, Chantal Cadieux doit soumettre de nouvelles demandes afin d’obtenir du financement pour le festival. Même si l’événement existe depuis 14 ans, rien n’est jamais garanti.

Cette année, son budget est passé de 90 000$ à 70 000$ en raison notamment de l’absence de soutien financier du gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Par contre, le Conseil des arts du Canada a augmenté son appui, ce qui fait en sorte que le festival a pu offrir des cachets à davantage d’artistes.