Festival acadien de poésie: le vin, la résistance et la diversité à l’honneur

«Vive le vin et l’art!», clamait Nelligan dans son fameux poème La romance du vin. À peu de choses près, ce vers pourrait très bien s’appliquer au nouveau millésime du 23e Festival acadien de poésie, qui sera présenté du 1er au 4 août à divers endroits dans la Péninsule acadienne.

Hélène Harbec, Rino Morin Rossignol, Denise Desautels, Sébastien Bérubé, Diane Régimbald, Jean-Sébastien Larouche: ce ne sont là que quelques noms parmi la cohorte de la vingtaine de poètes et plus qui seront de la programmation cette année.

Acadiens, franco-canadiens et auteurs de Premières Nations y seront représentés, alors que de jeunes étoiles montantes côtoieront des poètes bien établis ou d’autres qui ont aussi des pratiques multidisciplinaires.

C’est d’ailleurs le but avoué du festival: présenter la poésie dans toutes ses saveurs et dans tous ses ressentis. Les organisateurs se targuent d’ailleurs d’avoir élaboré une programmation plus que jamais étoffée.

«Comme le festival a de plus en plus d’envergure, nous pouvons nous permettre une programmation plus ambitieuse. Je me promène beaucoup de festivals en festivals de poésie et je vois ce qui peut se marier ensemble et ce qui peut s’appliquer à chez nous. Mêler stand-up et poésie par exemple, ça peut se faire, surtout que nous avons des artistes qui sont habitués à le faire», souligne le directeur du Festival acadien de poésie, Jonathan Roy, qui sera aussi de la partie comme poète, lui qui a publié récemment son deuxième recueil, Savèches à fragmentation, aux Éditions Perce-Neige.

Parmi les nouveautés, notons l’événement Goûter le poème: Accords poésie-vin, qui propose des lectures et dégustations. La sommelière Sonia Jalbert accueillera dans son restaurant Le Nouvo Caveau de Paquetville des poètes et le public pour une dégustation inspirée de sa lecture des poètes présents. Pour chaque lecture, un accord de vins et de produits du terroir différent sera proposé, qui évoquera l’énergie du texte. L’événement aura lieu le vendredi 2 août, à 13h30.

La poésie et la musique formeront également plusieurs duos durant le festival, notamment le jeudi 1er août avec le  spectacle de Simon Daniel et Tire le Coyote avec la participation des poètes Daria Colonna et Jonathan Roy. Organisé conjointement avec le Festival acadien de Caraquet, le spectacle sera présenté à 21h, au Centre culturel de Caraquet.

«Ça fait partie de notre démarche historique que de marier la musique à la poésie. Ça nous permet d’aller chercher un public qui n’est pas friand de poésie au premier abord. Ça faisait plusieurs années que nous voulions organiser un événement avec Tire le Coyote. Cette année, sa présence se prêtait bien au festival. Lui et Simon Daniel ont également une certaine parenté musicale. Ce sera une soirée intéressante, je pense bien», mentionne Jonathan Roy.

Le retour des incontournables

Les incontournables seront également de retour, comme la Soirée de poésie Voir Miscou et mourir (le vendredi 2 août, à 19h) et qui mettra en vedette Luc-Antoine Chiasson, Denise Desautels, Anne-Marie Desmeules, Hélène Harbec, Bertrand Nayet, Jean Sioui et Laurence Veilleux, ainsi que la Soirée de poésie Martin-Pître qui aura lieu le lendemain à 20h, à la Salle Hédard-Lanteigne du CCNB-PA à Caraquet. Le public pourra y entendre les poète Daria Colonna, Rino Morin Rossignol, Stefan Psenak, Diane Régimbald, Jean-Christophe Réhel, Pierrot Ross-Tremblay et Jonathan Roy. Les ambiances musicales seront créées par Jean-Marie Benoît et ses poètes du son, alors que Kevin McIntyre pilotera les projections vidéo.

La soirée sera suivie du spectacle littéraire VOX DES ISKWÊWOMXN avec les poètes Moe Clark, Anne-Marie Desmeules, Emma Haché et Joannie Thomas. Le spectacle fut mis sur pied lors d’une résidence de création à la Maison de la littérature et explore les multiples facettes de la féminité et du féminisme en 2019. L’événement est présenté en collaboration avec la Maison de la littérature de l’Institut canadien de Québec.

Plus tôt en après-midi, à 15h30 à La Brôkerie de Caraquet, les Poètes brôkés ainsi que les nouveaux auteurs des Éditions Perce-Neige seront à l’honneur. Le poète acadien Luc-Antoine Chiasson y lancera en primeur son premier recueil Pour commencer, le sang, suivi d’une présentation des parutions de 2019 en poésie et de lectures de Luc-Antoine Chiasson, Jonathan Roy et Lex Vienneau, tous trois de la Péninsule acadienne. L’éditeur et poète Serge Patrice Thibodeau sera également présent.

Un espace tout spécial sera également réservé aux poètes franco-ontariens dans le cadre de l’événement Poèmes de la résistance, qui aura lieu le vendredi 2 août à 17h au Deuxième de la Boulangerie Grains de folie et qui fera suite à la table ronde Quand le poétique devient politique, présenté plus tôt au même endroit. Quelques poètes acadiens se joindront aussi à l’événement.

«ll y a eu tout un mouvement de solidarité envers les Franco-Ontariens, qui ont dû faire face à des attaques politique du gouvernement Ford. Notre poésie s’apparente beaucoup à leur, car elle aussi est née d’un mouvement d’affirmation et de résistance. Des poètes franco-ontariens se sont unis pour publier collectivement le recueil Poèmes de la résistance aux Éditions Prise de parole. C’est un recueil très parlant et très pertinent; c’est véritablement un bijou au niveau de leur engagement», soutient Jonathan Roy.

«L’activité de vendredi soir sera aussi une célébration de toutes les résistances, que ce soit pour les francophones en milieu minoritaire ou toutes les autres minorités, par exemple la communauté LGBTQ», ajoute le poète et directeur du festival.

La  programmation  complète du Festival  est disponible sur le  site www.fapoesie.ca.