Le roman Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier porté à l’écran

Après avoir été traduit dans 16 langues, le roman Il pleuvait des oiseaux de l’auteure Jocelyne Saucier, originaire de Clair, au Madawaska, est porté à l’écran. Le film réalisé par la cinéaste Louise Archambault (Gabrielle, Familia) sortira en salle le 13 septembre.

«Je crois que dans le film, il y a une plus grande notion de plaisir que dans le roman. Le plaisir de vivre dans la nature, de l’amitié, de l’amour. Les notions de plaisir et de légèreté sont plus présentes», a confié en entrevue Jocelyne Saucier.

Établie près de Rouyn-Noranda, en Abitibi, l’auteure ayant grandi au Madawaska a été impressionnée par les premières images du film. Elle a pu visionner une version inachevée.

«Ce n’est pas tout à fait comme le roman. Ils ont besoin que ce soit plus dans le réel, donc plus concret. Il ont fait des changements et il y a des personnages qui prennent plus d’importance comme celui de Tom joué par Rémi Girard», a-t-elle relevé.

Le chant prend plus d’importance et les personnages sont un peu moins âgés que dans le roman. Ce nouveau long métrage de Louise Archambault réunit à l’écran des acteurs de renom, dont Gilbert Sicotte dans le rôle de Charlie, Andrée Lachapelle dans celui de Marie-Desneige et Ève Landry dans la peau de la photographe.

Il pleuvait des oiseaux raconte l’histoire d’une photographe qui part à la recherche d’un certain Boychuck, témoin et brûlé des Grands Feux ayant ravagé le nord de l’Ontario au début du XXe siècle. Elle croisera sur sa route deux survivants, Tom et Charlie, qui vivent dans des cabanes isolés du monde.

Ils feront la rencontre de Marie-Desneige, une femme âgée un peu aérienne, qui trouvera refuge auprès de cette petite communauté recluse. Un amour naîtra entre cette dernière et Charlie.

Bien des gens ont été touchés par ce récit de trois vieillards épris de liberté vivant au milieu de la forêt. Couronné de plusieurs prix, Il pleuvait des oiseaux (paru en 2011) est un superbe récit.

Pendant trois ans après la sortie du roman, l’auteure a vécu un véritable tourbillon. C’est en Allemagne que le livre a connu le plus grand succès avec plus de 100 000 exemplaires de vendus.

«Quand je rencontre des lecteurs, j’essaie de m’imaginer comment ils s’imaginent le livre. Avec ce que j’ai vu, je peux lire un peu les images que mes mots ont créées dans l’imaginaire de Louise Archambault. C’est un très grand privilège de voir ça. Non seulement je vois ce qu’il y a dans l’imaginaire de Louise Archambault, mais aussi dans celui des acteurs parce qu’ils interprètent les personnages de la façon qu’ils les conçoivent.»

La romancière n’a pas voulu être impliquée dans l’élaboration du scénario, considérant qu’il s’agit d’une nouvelle création et d’un autre langage.

«Je suis trop près de mon roman. Le film a d’autres besoins, il parle par image.»

La réalisatrice l’a consultée plusieurs fois en lui envoyant les différentes versions du scénario. Elle s’est même rendue sur les lieux de tournage qui s’est déroulé dans différentes régions du Québec.

Quand le local rejoint l’ailleurs…

En l’espace de six mois de la parution du roman, elle a reçu trois propositions de films. Elle a été ahurie du succès du roman qui nous fait découvrir un univers méconnu, celui de gens qui vivent en ermite. L’aspect transgressif du récit qui se déroule tout en douceur a également séduit les lecteurs.

«Ce sont des gens qui vivent selon leurs propres lois. Il y a différents thèmes et c’est très ancré localement. C’est une histoire qui se passe dans un lieu à une époque précise sans aucune prétention internationale et pourtant ça l’est devenu.»

D’après l’auteure, la réalisatrice a réussi à aborder toutes les thématiques qui se trouvent dans le roman. C’est en voyant le film Gabrielle et plus particulièrement la scène d’amour entre Gabrielle et son amoureux qu’elle s’est dit qu’elle pouvait faire confiance à Louise Archambault.

«La scène d’amour entre mes deux vieux dans mon livre, c’est ce que je craignais le plus parce qu’on peut la faire de différentes façons, mais quand j’ai vu la finesse et la délicatesse de cette scène dans le film Gabrielle, j’avais une confiance totale en Louise Archambault.»

Un nouveau roman

Jocelyne Saucier vient de compléter l’écriture d’un nouveau roman. Au moment de l’entrevue, elle travaillait à la révision d’un chapitre. Ce nouveau livre pourrait paraître au printemps 2020.

Si à un certain moment, elle a ressenti la pression du succès et le regard des lecteurs au-dessus de son épaule pendant qu’elle écrivait ce nouveau récit, elle a réussi à s’en détacher pour s’abandonner complètement à l’écriture. Elle parle rarement de ses romans en chantier.

«Je peux simplement vous dire que c’est très différent de Il pleuvait des oiseaux

Une vieille dame aperçue dans un train entre Cochrane, dans le nord de l’Ontario, et Toronto est à l’origine de ce nouveau roman. Entourée de ses magazines et d’une petite glacière, la dame n’a pas bougé de son siège tout au long du voyage de plusieurs heures.

«J’avais l’impression qu’elle fuyait quelque chose et c’est cette dame-là qui est à l’origine du roman que j’écris présentement.»