Bienvenue dans l’univers surréel de Cecil D Long

Derrière chaque œuvre de l’artiste Cecil D Long, une multitude d’histoires se croisent. Même si sa nouvelle collection n’a pas été créée autour d’un seul thème, ses peintures et ses sculptures sont reliées par les couleurs éclatantes, le mouvement et une approche surréelle.

La petite galerie Apple Art de Nausika Breau, sur la rue Saint-George, à Moncton, met en lumière le travail de 25 artistes et artisans. Celle qui a grandi auprès d’une mère photographe, Dolorès Breau, et d’un père peintre et sculpteur, Cecil D. Long, ne pouvait échapper à son destin artistique. C’est ainsi qu’elle est devenue galeriste.

La jeune mère de famille qui a ouvert sa galerie, il y a un an, est visiblement fière de présenter les œuvres récentes de son père. La collection Changing the narrative rassemble 12 peintures et quelques sculptures. Lumineuses et éclatantes, les peintures de l’artiste de Moncton nous transportent dans des univers surréels, alliant figuratif, abstraction et assemblage d’objets trouvés.

Ceux qui ont transité par Moncton auront peut-être remarqué ses sculptures de pierre à l’entrée de l’aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton. Dans la ville, on peut aussi admirer quelques-uns de ses arbres sculptés, notamment à l’intersection des rues High et Saint-George.

Même si Cecil D. Long a peu exposé ses œuvres dans sa vie, il n’a jamais cessé de travailler. En plus d’avoir tenu une boutique de costumes pendant plusieurs années, il a réalisé des œuvres pour des commandes. Aujourd’hui, il est heureux de voir sa fille reprendre le flambeau en ouvrant une galerie d’art.

Cecil D Long s’est d’abord intéressé à l’art en regardant sa mère confectionner des couvertures.

«Mon travail est vraiment à propos de notre culture dans les Maritimes. La raison pour laquelle je dis notre culture, c’est que je regarde comment nous accueillons les gens d’ailleurs, les bras ouverts et avec beaucoup de générosité, du moins c’est ce que j’ai appris. Nous n’évaluons pas les gens selon leur couleur ou leur nationalité. Ma mère qui était acadienne m’a appris cela. Quand j’approche mon travail, je le fais de façon très innocente, sans idées préconçues.»

Il peut autant travailler le bois, le métal, le textile, la pierre, le plastique, le sable, le gel, pour ne nommer que ceux-là. Pour ce passionné des couleurs et des proportions, l’art fait appel aussi à la chimie et à la physique. L’important est d’utiliser les matériaux le plus efficacement possible pour arriver à exprimer ses réflexions.

En visitant l’exposition, Cecil D Long présente chacune des histoires ayant animé son processus créatif. Les fantômes de nos vies, les peurs, les tourments, les bons comme les mauvais, l’engagement, les interactions, la communication, sa fille et sa propre vie figurent parmi les thèmes qu’il aborde dans son travail.

Quand il peint, il pivote sa toile afin de couvrir tous les angles. Chaque couleur a aussi sa propre signification.

«J’ai 73 ans et je continue à travailler sur les fondements de la peinture», a confié l’artiste qui pousse constamment sa quête de couleurs, de formes, de mouvement et de textures.

«Nos vies sont pleines de récits et c’est pour cette raison qu’il n’y a pas qu’un seul thème. Parfois, mon meilleur travail résulte d’un élément que je n’avais pas prévu, un peu comme des accidents», poursuit-il.

Nausika Breau a toujours aimé le travail de son père qu’elle qualifie de surréel et de fantaisiste. À son avis, il évolue constamment et les couleurs deviennent de plus en plus éclatantes avec les années.

Le créateur à la personnalité colorée espère que la nouvelle galerie Apple Art contribuera à faire connaître le travail des artistes des Maritimes.

«II y a beaucoup de très bons artistes dans les Maritimes et j’aimerais les encourager, notamment ceux qui sont encore peu connus et qui font du très beau travail.»

Le vernissage de l’exposition se tient le jeudi 4 juillet de 17h à 20h à la galerie Apple Art et les oeuvres seront exposées jusqu’au 27 juillet.