C’est ça qu’est l’Ouest: l’aventure loufoque de Rosaire Haché

Parole de Rosaire Haché: il se passe toutes sortes d’affaires dans l’Ouest. Ces hommes (en majorité) qui vont et viennent pour le Klondike des sables bitumineux – et les grosses payes qui viennent avec – vivent pour plusieurs d’entre eux quelques mélodrames et se retrouvent isolés dans un univers où les anecdotes langagières et très souvent humaines fleurissent comme les pissenlits. Une pépinière fertile qui a inspiré cet ex-animateur radio désormais recyclé en humoriste.

Les gens de la Péninsule acadienne se rappelleront sûrement de la voix caverneuse et expressive de celui qui a été morning-man pendant 20 ans à CKRO. Lorsqu’il a officiellement quitté les ondes, en 2008, pour prendre sa retraite, Rosaire Haché avait envie de faire autre chose et de sortir de sa zone de confort, nous confie-t-il. L’appel de l’Ouest, il le ressentait déjà depuis quelque temps.

«J’ai fait plusieurs entrevues avec des gens qui ont tenté leur chance à Fort McMurray, en Alberta. Du coup, je leur demandais comment on faisait pour s’y rendre, se trouver un emploi et quelles personnes il fallait contacter. Tout de suite après ma retraite, j’ai pris mon cours d’échafaudeur (scaffolder, selon le terme anglais couramment utilisé) et je suis parti.»

Un périple qui aura duré deux ans et demi, avec quelques allers-retours environ tous les trois mois. Dire qu’il a aimé ça serait un bien grand mot, avoue l’ex-animateur-échafaudeur natif de Lamèque et demeurant aujourd’hui à Inkerman.

«C’est très pollué là-bas et on se retrouve isolé dans des campements où il peut y avoir 3000 ou 4000 personnes, environ 95% étant des gars. Moi, dans mon bunker, j’avais juste une chaise, ma chienne et de quoi écrire pendant mes jours de congé», souligne Rosaire Haché.

Il n’a d’ailleurs pas perdu de temps et a rapidement commencé à prendre des notes. Séparations, maisons vidées par d’ex-conjointes ayant profité de l’absence de l’être autrefois aimé pour prendre la poudre d’escampette, grosseurs de camions, matérialisme et consumérisme à toutes les sauces: Rosaire Haché en a entendu des vertes et des pas mûres pour en faire un spectacle. Ce qu’il a décidé de faire une fois qu’il a tiré un trait sur son aventure dans la contrée de l’or noir.

«J’ai tellement été témoin de choses dont je me disais que si c’était présenté au théâtre, le public ne le croirait pas, que j’ai décidé de compiler toutes les anecdotes que j’avais prises en notes pour en faire moi-même mon propre spectacle à saveur humoristique», indique-t-il.

Pas de fla-fla dans son monologue d’une heure qui s’intitule C’est ça qu’est l’Ouest. Rosaire Haché fait entrer le public dans son bunker, ayant pour seul décor sa chaise, sa chienne de travail, son casque de protection ainsi que ses anecdotes savoureuses et un tantinet épicées.

«Je mets en garde tous les scaffolders présents dans la salle, comme quoi ils pourraient se reconnaître. Bien sûr, j’ai changé les noms, mais comme j’ai côtoyé plusieurs hommes de la région durant mon périple en Alberta, il arrive effectivement que certains d’entre eux se reconnaissent. Quelques-uns sont d’ailleurs venus me parler après le show en me remerciant de ne pas avoir été trop dur avec eux», souligne Rosaire Haché dans un léger fou rire, ajoutant que les femmes risquent également d’avoir les oreilles quelque peu frisées.

«C’est une affaire de gars, le voyage dans l’Ouest. Alors c’est évident qu’il se dit des choses que les femmes ne voudraient peut-être pas entendre. Mais elles rient tout autant que les hommes quand elles viennent voir mon spectacle», indique ce communicateur né.

Rosaire Haché a déjà présenté son spectacle C’est ça qu’est l’Ouest une vingtaine de fois au cours des deux dernières années. Il ajoutera deux nouvelles représentations à son compteur à La P’tite Église de Shippagan. La première ce samedi, à 20h, et la deuxième le 13 août, également à 20h.

«Je l’avais présenté une seule fois au même endroit l’an dernier et certaines personnes m’ont dit qu’elles étaient déçues de ne pas avoir pu y assister parce qu’il ne restait plus de billets. Le spectacle connaît un succès auquel je ne m’attendais pas. J’ai notamment fait une petite tournée récemment en collaboration avec RADARTS (le Réseau atlantique des diffuseurs des arts de la scène) et je compte améliorer mon spectacle dans les prochains mois. J’ai encore beaucoup de choses à raconter», soutient Rosaire Haché.

Les billets pour les deux représentations estivales de C’est ça qu’est l’Ouest sont en vente à La P’tite Église de Shippagan de même qu’au bureau de La Maison de la Culture, situé à l’Université de Moncton, campus de Shippagan.