Le parcours non conventionnel des cinéastes Tracey et Angie Richard

Dans le milieu de la réalisation en cinéma et de la musique rock, les femmes sont souvent sous-représentées. Les jumelles Angie et Tracey Richard ont décidé de combiner leurs passions en musique, en cinéma et en arts visuels afin de réaliser un court métrage sur un camp rock pour filles à Québec.

Les deux sœurs originaires de Cap-Pelé ont été choisies pour réaliser un court métrage dans le cadre du programme Tourne à Québec en partenariat avec le Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA) et Spira. Le Festival a reçu plusieurs propositions pour ce programme. La directrice de la programmation du FICFA, Dominique Léger, explique que le comité de sélection a été séduit par leur projet puisqu’elles ont une approche artistique singulière incluant de l’exploration visuelle et sonore.

«C’est un projet de documentaire qui sort des conventions», a-t-elle mentionné.

Le tandem en est à son troisième court métrage. Elles ont réalisé Into the Impossible pour l’événement Objectifs obliques du FICFA et le film Le grous poisson dans le cadre d’un laboratoire de création à Lafayette. Angie Richard est artiste visuelle tandis que sa sœur est musicienne.

Chanteuse et flûtiste du groupe funk-rock psychédélique Nebullama, elle sortira un premier album à l’automne. Les deux artistes font aussi partie du Collectif Hat qui se spécialise dans les installations multimédias et les projections visuelles. Elles participeront d’ailleurs au Festival Inspire à Moncton la semaine prochaine.

Au-delà de leur pratique artistique respective, elles ont développé au fil des années une passion pour le cinéma. Elles ont littéralement la piqûre du septième art. Quand elles s’attaquent à un nouveau projet, elles ne choisissent pas nécessairement si c’est une fiction ou un documentaire. C’est souvent le sujet qui leur dicte le médium. Pour Québec, elles ont choisi d’aller à la rencontre d’un groupe de filles et de personnes d’identité de genre féminine, âgées de 10 à 15 ans, qui participent à un camp rock. Ce genre de camp, qui existe aussi à Moncton, a pour objectif de valoriser les jeunes musiciennes qui aspirent à devenir des rock star.

«J’espère premièrement qu’on aura pu capter l’esprit et l’énergie du camp rock. C’est quand même quelque chose de très pertinent surtout aujourd’hui avec la place des femmes dans la musique… Elles sont dans ce camp parce qu’elles veulent prendre leur place. Les femmes dans la musique n’ont pas toujours été mises de l’avant surtout dans le rock», a affirmé Tracey Richard qui a été impressionnée par les réflexions des jeunes filles.

Tout en adoptant une approche d’observatrices, elles ont aussi réalisé quelques entrevues. Elles ont filmé pendant toute une semaine le quotidien du camp, allant de la composition, à l’enregistrement de chansons pour ensuite terminer avec un spectacle.

«Comme on n’a pas de background en cinéma, notre manière de travailler n’est pas traditionnelle. On y va plus avec l’idée d’être comme des petites mouches sur le mur qui observe. Nous avons utilisé des techniques qui ne sont pas traditionnelles dans le documentaire.»

«On se voit aussi un peu dans ces jeunes filles-là parce que nous aussi on a fait de la musique quand on était jeune à l’école. Nous avons voulu documenter leur expérience», a ajouté Angie Richard.

De retour à Moncton, elles travailleront au cours des prochaines semaines au montage de leur court métrage qui n’a pas encore de titre. Elles envisagent d’intégrer de l’animation dans le film.

«J’espère qu’on sera capable de les représenter comme nous on les voyait, c’est-à-dire des jeunes femmes fortes et des rock star», a conclu Tracey Richard.

Le film sera présenté en première mondiale au 33e FICFA en novembre prochain.