Festival Inspire: OAK OAK s’amusera à réinventer le paysage urbain

L’artiste français OAK OAK créera une dizaine d’oeuvres dans la ville de Moncton pour le Festival Inspire. Le créateur de renom se propose de réinventer des éléments du paysage urbain qui, à première vue, peuvent paraître banals. Poubelle, borne-fontaine, mur, climatiseur, panneau de signalisation et poteaux divers sont appelés à devenir des œuvres colorées et amusantes qui tout à coup attirent le regard du promeneur.

Le Festival Inspire a pris son envol lundi. Déjà quelques artistes sont à l’oeuvre dans différents lieux à Moncton et à Dieppe. OAK OAK est un de ceux-là. L’Acadie Nouvelle l’a rencontré devant l’école Queen Elizabeth sur la rue Lynch, près de l’Hôpital de Moncton, où il s’amuse à donner une nouvelle apparence aux deux poubelles à l’entrée de l’institution. Il y peint des figurines aux allures de soldat de bois. Les poubelles casse-noisettes accueilleront dorénavant les écoliers. C’est en voyant ces poubelles rondes et leurs couvercles noirs qu’il a pensé aux soldats de bois de son enfance.

«Le but de mon travail est toujours de jouer avec les éléments. Je ne peins pas des œuvres forcément sur un mur. Mon travail est de prendre un élément urbain classique qui n’attire pas l’attention à première vue et d’essayer de montrer qu’avec très peu de rajouts, quelques bandes de couleurs, on modifie quelque chose qui était plutôt gris et triste…»

Originaire de Saint-Étienne, près de Lyon en France, OAK OAK, son nom d’artiste, préfère ne pas révéler sa véritable identité, laissant ainsi toute la place à son travail artistique. Invité par le Festival Inspire, celui qui a créé des œuvres aux États-Unis, au Japon, à Hawaï et dans plusieurs pays d’Europe, débarque pour la première fois au Canada.

«Quand j’ai reçu l’invitation, j’ai sauté sur l’occasion parce que je n’étais jamais allé au Canada. Tout le monde m’en a parlé en bien.»

À la découverte de la ville

Pendant deux jours, il s’est baladé dans la ville à la recherche d’éléments et de possibilités pour réaliser ses peintures. Ces promenades lui ont permis de repérer les lieux et de découvrir la ville.

Chaque ville a des éléments urbains particuliers et son identité, soutient l’artiste. À son avis, l’art urbain permet de découvrir une ville sous un nouvel éclairage.

«La première chose qu’on remarque dans la ville, c’est souvent tous les panneaux de signalisation qui sont différents», a-t-il commenté.

La taverne Chris Rock, une école et la ruelle Oak figurent parmi les lieux qu’il envisage de transformer. Comme il lui faut environ une demi-journée pour réaliser une petite œuvre, il prévoit en créer dix jusqu’à samedi.

«Dans la ruelle Oak, il y a deux poteaux qui m’ont fait penser à des chaussures. J’ai préparé aussi des pochoirs pour faire des dessins. Il y a aussi une autre école où les poubelles m’ont fait penser à des niches de Snoopy (Charlie Brown).»

OAK OAK s’inspire aussi des dessins animés de sa jeunesse dans sa création.

«Il n’y a pas forcément beaucoup d’humour dans l’art urbain, mais moi j’aime beaucoup l’humour et ce genre de choses.»

Celui qui travaillait dans le domaine de l’urbanisme (l’aspect juridique) a fait volte-face il y a une dizaine d’années. C’est sur la route en allant au travail qu’il a remarqué une bouche d’incendie qui avait une drôle de forme. Il l’a alors imaginée avec des yeux et une bouche, lui procurant ainsi un aspect rigolo.

«J’ai commencé à faire une petite série pour m’amuser et après j’ai continué et je ne me suis jamais arrêté.»

Son nom d’artiste qui fait référence à la fois au chêne (en anglais) et au bruit du canard lui est venu tout simplement d’un problème qu’il a eu un jour avec un mot de passe d’un ordinateur.

Des artistes de plusieurs pays au Festival Inspire

D’ici au 13 juillet, plusieurs nouvelles murales et œuvres d’art urbaines seront réalisées par des artistes du Canada, de la France, du Mexique, des États-Unis et de l’Europe invités au 5e Festival Inspire. Ils seront guidés par le thème de la rivière Petitcodiac.

L’artiste néerlandais Eelco, l’un des favoris de Moncton, qui a contribué à faire connaître le muralisme contemporain aux citoyens, grâce à ses travaux sur l’école Edith Cavell et le manoir de Moncton, est de retour. Il peindra plusieurs pièces qui seront installées au futur Hôtel Canvas sur la rue Queen.

Le public pourra aussi le voir travailler au Parc Riverain où il réalisera plusieurs de ses œuvres. KiriLeigh, de Denver au Colorado, créera un gigantesque mandala à l’arrière de l’école Queen Elizabeth. La brasserie Tire Shack Brewing Co, qui ouvrira ses portes plus tard cette année sur la rue John, accueillera une pièce de l’artiste Sens du Mexique. Taro de la France contribuera à transformer la Zone Connexion nouvellement piétonne à Dieppe, près de la Place 1604. ChalkMaster Dave dessinera à la craie plusieurs fresques 3D éphémères dans la ville.

Un collectif d’artistes du Maine et plusieurs créateurs de la région créeront des œuvres en direct devant public, le long du sentier riverain.

En plus des œuvres dans la ville, le Festival Inspire propose une série d’ateliers, des tours guidés, la fête des couleurs, la Disco Bike Ride, ainsi que toutes les performances et installations éphémères de l’événement Art dans le noir, organisé par l’artiste torontois Thom Sokoloski. La programmation comprend également une série de prestations musicales tous les soirs sur les scènes situées près du dôme géodésique, Sputnik, avec vue sur la rivière. Des conférences sur l’environnement figurent aussi au programme. Toute la programmation peut être consultée au www.festivalinspire.com.