Bientôt un quart de siècle de métier pour DJ Bones

L’omniprésent Marc LeBlanc, alias DJ Bones, s’est tranquillement taillé une place dans l’espace musical de la province au cours des 24 dernières années.

Mine de rien, il anime une émission à la radio communautaire et étudiante de l’Université de Moncton depuis 1990, où il fait découvrir des morceaux de musique pop et alternative à ses auditeurs.

Issu d’une famille de musiciens à leurs temps perdus, Marc admirait déjà la collection de disques vinyle de son père depuis un très jeune âge.

C’est à l’école secondaire qu’il acquiert le sobriquet qui deviendra son nom de DJ. Le nom Bones lui est donné par un ami d’enfance à cause de son physique quelque peu squelettique.

«J’ai essayé de changer mon nom de DJ à plusieurs reprises, mais tout le monde me connaît comme Bones maintenant, donc c’est resté», dit Marc LeBlanc en entrevue.

Lors de son entrée à l’Université de Moncton au début des années 1990, un jeune Bones se découvre une passion pour l’animation radio et la musique populaire.

Il a produit sa première soirée DJ en 1995 au Kacho, un ancien bar du campus de Moncton. C’est là qu’a commencé un petit emploi étudiant qui allait se transformer en carrière passionnée.

«J’ai commencé à m’intéresser à faire des party, et j’ai donné une cassette au gérant du Kacho dans le temps, Valmond Bourque, qui travaille maintenant pour Radio-Canada. C’était un mix alterno-pop, je voulais mélanger la musique alternative et la musique populaire.»

C’est ce genre de son qu’il développe au cours des années et qui prendra la forme des soirées IPN (Indie Pop Night) qu’il produit à travers la province depuis 2004.

Lors de ces soirées, il tente de faire découvrir des artistes locaux et de la musique moins connue sur un fond de musique populaire.

«J’ai vraiment commencé à collectionner de la musique, et je faisais des partys de maison et de famille. Je m’amusais avec des lecteurs CD et des tables tournantes vraiment rudimentaires, et j’ai commencé à DJer comme ça.»

Il a notamment fait une récolte de musique en Europe après ses études, ce qui lui a permis de concrétiser son style. Le single Around the world de Daft Punk est alors devenu le clou de ses soirées.

De retour au bercail, être DJ au Nouveau-Brunswick, ce n’est pas comme être DJ à Miami ou en Europe. Pour vivre de ce métier dans une province qui n’est pas exactement réputée pour sa nightlife, ça a pris du travail, explique-t-il.

«C’est pas facile, mais je me suis vraiment adapté. J’aime me donner des défis. Quand j’ai commencé à être DJ, j’ai eu des commentaires comme “les gens ne vont pas payer 5$ pour entendre un DJ”.»

Malgré tout, Bones a persévéré et il s’est taillé une place.

Son émission la Photo sonore sera de retour en septembre à Codiac FM (anciennement CKUM FM), et il n’est pas rare de l’entendre dans des soirées et festivals d’été à travers la province. Il sera notamment au festival Acadie Love, à Caraquet, du 10 au 14 juillet.

Il a également donné des ateliers de musique intitulés FrancoSpin dans les écoles de la province afin de donner aux jeunes un aperçu du métier de DJ francophone.

«Il n’y avait personne qui oeuvrait dans le monde du DJ, donc je me suis donné une mission de partager mes connaissances aux jeunes pour qu’ils créent en français.»