Phil Comeau entamera bientôt le tournage de son documentaire Belle-Île en Acadie

Ayant atteint son objectif de sociofinancement, le cinéaste Phil Comeau entame la réalisation de son nouveau court métrage documentaire Belle-île en Acadie qui relatera la visite des Bellilois dans les Provinces maritimes explorant les lieux de leurs ancêtres.

Le cinéaste acadien qui a mis sur pied une campagne de sociofinancement s’était donné jusqu’au 7 juillet pour recueillir 30 000$ dans le but de produire son prochain documentaire. Grand soupir de soulagement; il a même dépassé son objectif en récoltant 30 505$.

En voyant la cible atteinte, Phil Comeau a sablé le champagne. Il admet qu’au départ, il était un peu craintif puisqu’il était loin d’être certain de réussir son projet.

«J’avais peur, mais je me suis dit si on a peur, on n’a rien. J’ai foncé. C’est quand même beaucoup de travail. Il faut préparer le document de présentation, s’assurer de faire un suivi, répondre aux questions et faire la promotion du site sur les médias sociaux», a expliqué le cinéaste.

Si le sociofinancement existe déjà dans le domaine de la musique en Acadie, c’est une première en cinéma.

«J’aime casser les moules. Quand j’ai vu que ç’avait marché avec certains artistes acadiens en musique, je me suis dit pourquoi pas en cinéma. Au Québec, il y a des cinéastes qui ont réussi à produire des films avec le sociofinancement. Je savais que c’était peu plus risqué ici parce qu’il n’y a pas le même bassin de population qu’au Québec, mais à cause du sujet, le projet a tout à coup intéressé un peu l’international et mon bassin de population est soudainement devenu plus grand.»

Son projet de film a reçu des contributions de 135 personnes, entreprises et associations culturelles de différentes régions du monde.

Les contributions sont venues des trois Provinces maritimes jusqu’à la France en passant par le Québec, l’Ontario, l’Alberta, la Lousiane, le Texas, le New Hampshire, Washington et le Massachusetts. Le cinéaste en est très touché.

«C’est extraordinaire que la diaspora s’intéresse encore à l’Acadie. Dans cette ère de mondialisation, le plus de contacts qu’on a à l’international, le mieux, ce sera», a confié le réalisateur.

Phil Comeau a commencé à former son équipe de production et à planifier l’horaire de tournage.

Il travaillera, entre autres, avec Frédéric Chiasson à la musique et Julien Cadieux au montage. Le tournage débutera le 4 août à l’arrivée des Bellilois au Canada. Pendant deux semaines, il suivra le groupe à travers son périple dans les Maritimes et au Congrès mondial acadien.

«Je vais aussi filmer leur rencontre avec les Acadiens. Ce n’est pas juste leur histoire, c’est aussi l’histoire de leur rencontre avec leurs cousins acadiens d’ici. Dans le premier film, j’avais beaucoup mis de l’avant le monde de Belle-Île-en-Mer avec la visite des Acadiens, mais cette fois-ci, ce sont les Acadiens de Belle-Île qui viennent nous voir.»

Le film devrait être terminé avant la nouvelle année pour être lancé en 2020. En optant pour le sociofinancement, le cinéaste estime avoir une grande liberté de création.

«Je me dis que parfois c’est mieux de faire ce qu’on a envie de faire que d’essayer de faire plaisir à des réseaux et des bailleurs de fonds, puis qu’à la fin ce n’est pas complètement ce que l’on voulait faire parce qu’on a été obligé de faire des compromis pour du formatage.»

Le projet de Belle-Île en Acadie est la suite de son premier court métrage sur le sujet, Belle-Île-en-Mer, île bretonne et acadienne.

Primé plusieurs fois, ce court documentaire, aussi réalisé de façon indépendante, a pratiquement fait le tour du monde.