Ariane Moffatt gonflée à bloc pour Acadie Love

C’est une Ariane Moffatt festive et un peu vacancière que le festival Acadie Love accueillera samedi à Caraquet. L’auteure-compositrice-interprète québécoise entend bien chauffer les planches de la Salle UNI Coopération financière du Carrefour de la mer, elle qui, plus que jamais, se dit épanouie et heureuse d’être un modèle positif pour la communauté LGBTQ+.

Sa présence à Caraquet constituera son troisième saut en Acadie en moins de neuf mois. C’est à croire qu’elle commence à en prendre l’habitude. Elle en rit.

«Écoute, ça me fait tellement plaisir! C’est seulement dommage que je n’aie pas plus le temps de visiter quand je viens chez vous.

Normalement je ne devais pas faire de festivals cet été, mais quand j’ai reçu l’invitation d’Acadie Love, je ne pouvais pas dire non. On en parle vraiment en bien», soutient la fort sympathique chanteuse en entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

Acadie Love sera une première pour elle, tout comme celui de Fierté Montréal, le 9 août, où elle sera également en spectacle.

«Peu importe mon orientation sexuelle, je suis très ouverte de nature. Avant que je fasse mon coming-out en 2012, j’avais un peu peur d’être stigmatisée. Mais finalement, ce n’est pas du tout le cas. Au contraire, je me rends compte à quel point je peux avoir une influence positive sur les gens, surtout que nous sommes dans une époque où nous avons vraiment besoin de modèles pour s’ouvrir et être libres», atteste Ariane Moffatt.

Le fait qu’elle soit lesbienne et mère de famille enrichit aussi en quelque sorte l’icône LGBTQ+ qu’elle est devenue un peu malgré elle.

«Les lesbiennes et celles qui sont mères n’ont pas beaucoup d’exemples à suivre. Depuis que je me suis révélée il y a sept ans, je n’en n’ai pas vu d’autres, ou du moins d’autres qui soient près de nous. C’est quand même un peu ahurissant. Mais je suis tellement comblée avec ma blonde et ma famille que c’est ça que je veux mettre en évidence, tant sur scène que dans la vie de tous les jours.»

Au cours de l’entretien, Ariane Moffatt se montre également à la fois surprise et enchantée qu’un festival comme Acadie Love se soit enraciné dans une communauté rurale comme Caraquet. Elle évoque l’hypothèse, non sans raison, qu’il est beaucoup plus facile d’affirmer sa différence en ville qu’à la campagne. Elle nous questionne abondamment sur la vitalité de la communauté LGBTQ+ acadienne.

«C’est tellement une bonne nouvelle qu’un tel événement existe chez vous! Je crois aussi comprendre que le festival en est un d’ouverture qui n’est pas ghettoïsante. C’est une très bonne chose. Moi, dans ce genre d’événement, l’enfant et la joueuse en moi est toujours gonflée à bloc!», exprime-t-elle avec élan.

Du reste, bien qu’elle s’affirme désormais ouvertement et sereinement, Ariane Moffatt ne se considère pas si différente des autres, tout compte fait.

«Nous avons une vie de famille tout ce qu’il y a plus de normal, moi, ma conjointe et nos enfants. C’est peut-être bon signe, puisque nous ne vivons aucune forme d’ostracisme ou d’intimidation. Mais c’est clair que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Je reconnais aussi que je suis chanceuse; en étant une personnalité publique, les gens m’acceptent peut-être plus à cause de ça. C’est d’autant plus important pour moi de montrer que nous pouvons tous bien vivre notre différence et tant mieux si je peux aider les gens à se sentir bien», déclare Ariane Moffatt.

Le spectacle de samedi de l’auteure-compositrice-interprète aura lieu à 21h. Les billets sont en vente sur le réseau de la Billetterie Accès.