Festival Inspire: l’art urbain pour créer de l’espoir

La joie, l’espoir, l’optimisme traversent les créations de l’artiste mexicain Sens qui souhaite faire réagir le public avec ses murales qui conjuguent humanité et environnement naturel.

Depuis lundi, Sens, invité au Festival Inspire, s’affairent à la réalisation d’une grande fresque sur un mur d’un commerce (Tire Shack) à Moncton appelé à devenir bientôt une microbrasserie.

Tous les matins, le muraliste arrive sur les lieux vers 9h pour ne repartir que vers 19h ou 20h. Le temps constitue l’un des plus grands défis du muraliste, confie l’artiste qui nous montre sa petite maquette qu’il a commencé à reproduire sur ce grand mur de ciment.

On y voit un immense renard orange sur un fond violet. Au-dessus de l’animal, une jeune fille tient une sphère entre ses mains tentant de protéger l’énergie qui s’en dégage.

Lumineuse, sa peinture était déjà pas mal avancée mercredi. Une foule de détails captent les passants. Un résident du quartier, Damien Reymann, vient le voir travailler tous les jours depuis lundi.

«Je trouve ça impressionnant. C’est rapide, c’est précis, il n’a pas le droit vraiment à l’erreur. Une fois qu’il a mis le coup de spray, il peut très difficilement se rattraper. C’est impressionnant d’agir aussi rapidement avec autant de précision. Quand je suis arrivé, lundi, le mur était entièrement violet, il n’y avait aucune couleur dessus et là, il y a vraiment beaucoup de couleurs et c’est impressionnant tous les détails qu’il a réussi à faire avec des sprays et des embouts», confie le résident qui est aussi bénévole pour le Festival Inspire.

Malgré la barrière de langues, puisque Sens ne parle que l’espagnol et très peu l’anglais, ils ont réussi à échanger.

«Nous avons réussi à nous débrouiller avec le traducteur sur le téléphone. Je trouve que c’est intéressant de discuter avec les artistes et de voir la manière dont ils arrivent à créer des formes. Ça peut paraître facile quand on le voit, mais c’est bien plus compliqué que ce que l’on croit.»

Arrivé à Moncton, il y a seulement un an, Damien Reymann raconte que le festival lui a permis de rencontrer des gens et des artistes.

«Je trouve ça vraiment chouette le festival partout dans la ville. Les murs qui sont peints apportent de la couleur et de la vie.»

L’art en interaction avec le public

Ayant fait des études à l’école des beaux-arts à Querétaro au Mexique, Sens estime que l’art urbain permet davantage d’interactivité avec le public. Il en fait depuis au moins 18 ans. Avec ses créations très colorées, s’approchant parfois du réalisme magique, il cherche à transmettre un sentiment d’espoir et d’optimisme.

«J’aime être capable de peindre quelque chose que les gens peuvent identifier et j’aime voir les gens passer ici tous les jours et le faire ressentir des émotions.»

Avant d’entreprendre des études en arts visuels, il a fait ses débuts comme artiste de la rue en peignant dans des lieux abandonnés de sa ville. Il s’inspire à la fois du monde animal, végétal, de l’enfance, du contexte et de l’environnement où il se trouve.

S’il a choisi le renard, c’est que c’est un animal qui vit dans nos régions, doté d’une grande intelligence et très prudent.

L’artiste Sens en est à son deuxième passage au Canada et à sa première participation au Festival Inspire à Moncton.

«Dans une murale, le plus grand défi est de respecter les proportions de la maquette originale pour ne pas déformer le dessin. Souvent dans les festivals, on doit peindre rapidement parce que les festivals durent habituellement une semaine.»

Il réalise ses œuvres avec de la peinture en aérosol, sans utiliser de crayons ni de pinceaux. Après Moncton, il retourne au Mexique pour un mois avant de partir vers la Suède afin de réaliser un nouveau projet.