Un crime crapuleux d’une violence inouïe

Dans le deuxième volet de la trilogie policière de Suzan Payne, Pour toi mon amour pour toujours, on assiste encore à un crime crapuleux d’une violence inouïe. Cette fois, le lecteur en apprendra davantage sur le tueur; un être ignoble plus fou que fou, souligne la romancière.

L’histoire du roman Valérie qui vient de paraître aux Éditions Perce-Neige commence le même soir où se termine le premier livre Annabelle.

Cette fois, c’est Valérie Bouchard, sœur jumelle d’Annabelle Simard, qui est la victime. Après avoir tué son amoureux et décapité son petit chien, le tueur enlève Valérie pour la séquestrer dans une maison isolée dans la forêt. Pourtant, Francis Desrosiers, l’ex-mari de Valérie, avait déjà été condamné pour le meurtre d’Annabelle et de Christophe Lacroix. Les enquêteurs se seraient-ils trompés de tueur? Tout porte à croire que oui.

C’est le branle-bas de combat au poste de police. Policiers et enquêteurs doivent revoir l’ensemble de l’enquête dans cette affaire. Tout au long du récit qui s’étend sur 30 jours, on suivra l’enquête menée par Joëlle et son acolyte Jérôme qui tenteront de retrouver Valérie. Celle-ci vivra des heures d’enfer pendant sa séquestration.

Peu à peu, on découvrira qui est le tueur, car l’auteure a pris soin de saupoudrer des indices ici et là, amenant ainsi le lecteur dans différentes directions. Dans ce roman, on en apprend davantage sur la vie de Joëlle et sur son milieu familial nébuleux, mettant ainsi la table pour le troisième roman qui s’intitulera Joëlle. Il paraîtra en octobre.

En commençant cette série de romans, l’auteure de Moncton voulait écrire sur le mensonge, les secrets de famille, les trahisons et l’infidélité, bref les travers de l’humanité. D’abord publié sous le titre Crimes et Coma par une autre maison d’édition, le premier roman n’avait pas la prétention de devenir une trilogie. Or les lecteurs ont réagi vivement au fait que la romancière avait laissé l’histoire en suspens.

«Je pensais que les gens allaient pouvoir se faire leur propre idée avec une fin ouverte. Mais non, ç’a fâché 99% de lecteurs qui voulaient savoir ce qui se passe à la fin. À peu près tout le monde me disait il te manque un chapitre», a raconté Suzan Payne.

Elle s’est donc attelée à la tâche et, au fil de l’écriture, elle s’est laissé prendre au jeu. Elle a écrit non seulement 200 pages, mais elle s’est lancée dans une trilogie. Le premier livre parle du crime, le deuxième se penche davantage sur le tueur tandis que le troisième qui se déroulera sur 24 heures portera sur ses motivations.

Les trois victimes sont des femmes différentes, l’une ayant grandi dans un milieu modeste, l’autre dans l’opulence, tandis que Joëlle, la policière, évolue dans un milieu très dysfonctionnel. Dans le troisième roman, on comprendra pourquoi elle est devenue policière.

«Elles sont toutes honnêtes envers elles-mêmes. Je voulais que ce soit des femmes plausibles qui existent dans la vraie vie, mais je les voulais différentes.»

Un roman qui nous tient en haleine

Passionnée des polars, Suzan Payne adore le suspens. Comme lectrice, elle aime se faire surprendre et c’est ce qu’elle tente de créer en écrivant ses histoires. Elle commence toujours par les premier et dernier paragraphes pour ensuite créer le squelette du récit. Pour chaque personnage, elle monte un fichier qui contient leur date de naissance, leur histoire familiale et tout ce qui les concerne, afin de les situer dans sa tête. Chaque livre a nécessité près d’une année et demie d’ouvrage. Après avoir élaboré le squelette, elle écrit l’histoire pour ensuite fignoler son récit et ajouter des détails.

«Le dernier paragraphe c’est la lumière au bout du tunnel et c’est là que je veux m’en aller. Pendant que j’écris, les personnages peuvent s’en aller dans tous les sens et prendre des tangentes que je n’avais pas prévues parce que mon imagination me joue des tours. Ce n’est pas grave pourvu que je sache où je m’en vais et le point de chute», a expliqué l’auteure.

Dans Valérie, l’auteure pousse d’un cran la violence physique, sexuelle et psychologique. Si les scènes d’abus et d’agressions ne sont pas nécessairement décrites en détail, il reste qu’on ressent des frissons en lisant certains passages. On peut très bien imaginer ce qui s’est déroulé.

Celle qui travaille dans le monde des médias depuis plus de 20 ans voit l’écriture comme des vacances. Pour le dernier volet de sa trilogie, elle promet que ce ne sera pas une fin ouverte comme dans les deux premiers romans. La boucle sera alors bouclée.

Suzan Payne participera à plusieurs événements littéraires cet automne, dont le Boston Book Fair. Elle a été invitée à se rendre à cette foire du livre par le Regroupement des éditeurs franco-canadiens.