Julie Caissie repousse les frontières de la peinture

La mer, le littoral, l’environnement et le corps occupent une grande place dans le travail de Julie Caissie qui propose deux expositions majeures cet été. L’artiste de Moncton qui cherche à repousser les limites de la peinture fait son entrée à la Galerie Beaverbrook à Fredericton tout en présentant une première exposition en France.

Ces deux projets d’exposition et de création à l’international sont des premières pour l’artiste acadienne.

«Je sens que ma vision artistique est appuyée. Comme j’ai vraiment envie de faire ceci jusqu’à la fin de mes jours, c’est merveilleux», a déclaré en entrevue Julie Caissie.

L’artiste acadienne, qui s’est remise à la peinture il y a trois ans, est invitée à présenter une exposition solo à la Galerie Beaverbrook pour la première fois. Cette année, elle est la peintre sélectionnée dans le cadre du programme Surveillance studio: artistes de la relève en peinture 2019. Cette initiative est destinée aux artistes émergents qui n’ont jamais exposé dans une grande galerie ou un musée.

«C’est ma première exposition dans une grande galerie comme ça. Pour moi, c’est une superbe visibilité. Avoir été sélectionnée, c’est déjà une grande chose parce que le milieu des arts visuels est très compétitif. On fait son travail pour soi-même dans son atelier même s’il n’est pas montré, mais quand il est montré, c’est vraiment excitant, c’est comme un bonus que la vie nous donne.»

Elle propose une collection de grands tableaux intitulée Horizon commun (s) qui avait été présentée dans la région de Moncton et Dieppe, notamment au Centre culturel Aberdeen en janvier 2019. Pour réaliser ses grands tableaux aux couleurs vibrantes fortement inspirés par la mer et le littoral acadien, elle a utilisé son propre corps en mouvement sur la toile. Ses canevas sont devenus des terrains de jeux pour explorer les horizons du littoral acadien. L’exposition est présentée jusqu’au 15 décembre.

Résidence internationale

Pour la première fois, l’artiste a été invitée à participer à une résidence de création internationale à Tessy-Sur-Vire en Normandie. Ce petit village de 1500 habitants l’a accueillie pendant six semaines pour réaliser une résidence de création croisée avec l’artiste coréen, Kim Seung Young, à l’Usine Utopik. C’est à travers le Centre d’artiste en art actuel AdMare des Îles-de-la-Madeleine qu’elle a été choisie pour ce voyage de création. Elle est la 59e artiste étrangère à participer à cette résidence.

«C’est une des plus belles expériences que j’ai faites. Depuis mon retour, j’ai le blues du paysage, des petites boulangeries, des fromages et de la vie au quotidien…», a confié l’artiste qui estime que son séjour en France a considérablement nourri sa pratique artistique.

Son atelier à l’Usine Utopik et l’espace d’exposition étaient immenses, lui permettant ainsi de s’éclater et de pousser encore plus loin les limites de sa création. Dans la salle d’exposition d’environ 300 mètres carrés qu’elle partage avec l’artiste coréen, elle y présente une installation de peintures. Elle a voulu recréer le sentiment de flottement que l’on ressent dans la mer. Elle a donc réalisé une peinture sur une toile de 10 mètres de long qui flotte dans l’espace. Elle a intégré à son installation des mannequins peints, des objets de toutes sortes comme 35 verres d’eau. Elle y a même laissé ses chaussures de voyage. Très spacieuse, son installation, intitulée Flotter, suscite des réflexions et un dialogue au sujet de l’art contemporain.

«Je me suis vraiment éclatée. C’est comme si cela avait éclaté les horizons que j’avais déjà.»

Son installation est exposée à l’Usine Utopik jusqu’au 2 septembre. Par la suite, elle aimerait faire voyager cette collection dans d’autres galeries en Europe, pour ensuite la présenter au Canada. Un catalogue accompagne l’exposition. Julie Caissie poursuit actuellement des études de maîtrise en art visuel. Elle réalise un projet de recherche et elle présentera son exposition finale en 2020.