Cy et le rêve acadien: un nouvel album festif avec un soupçon de rap

Avec son deuxième disque, Acadian Dream, aux sonorités plus festives, naviguant entre le folk, la pop et le rap, le groupe Cy se propose de faire danser la foule. Et si la musique acadienne devenait aussi populaire que la pop coréenne?, lance avec le sourire le chanteur du groupe, Éric Dow.

Le quatuor originaire de la Baie Sainte-Marie, formé d’Éric Dow, de Jacques Blinn, de Guyaume Boulianne et maintenant de Normand Pothier qui succède à Jacques Boudreau, arrive sur la planète musicale en donnant un grand coup de fraîcheur à sa musique. Après le rêve américain, voilà qu’arrive le rêve acadien. «C’est le local qui devient mondial», soulève le chanteur avec une bonne dose d’humour. Ils veulent ainsi dominer le monde. Ils ont même traduit le titre de leur album en coréen.

«Si les Coréens peuvent connaître un tel succès en faisant du marketing chez les Américains, pourquoi les Acadiens, ne pourrait-on pas connaître un tel succès en cherchant à «marketer» notre musique pour un public coréen. En Acadie quand ça vient à la musique acadienne, nous avons souvent le regard tourné un peu vers l’intérieur, mais je pense qu’en 2019 avec l’internet, c’est rendu que le local est international, donc on essaie de jouer un peu avec cette thématique-là.»

Dix pièces composent ce nouvel opus qui sera lancé officiellement vendredi. Parolier principal du groupe, Éric Dow souligne que leur musique naît de la collaboration des membres du groupe.

Guyaume Boulianne a écrit deux textes, tandis que la poète Georgette LeBlanc leur a fourni le texte du premier extrait Parc à bleuets. Leurs inspirations leur viennent de différentes sources.

«Notre région natale de la Baie Sainte-Marie a toujours été une grande inspiration, le paysage humain surtout. Je dirais qu’aussi, sans nécessairement mettre l’accent trop sur ça, certains textes ont peut-être une saveur un peu plus politique, mais toujours avec humour…On n’essaie pas de trop se prendre au sérieux, mais des fois les sujets nous prennent au sérieux.»

L’art de se réinventer

Cette formation qui jusqu’à ce jour privilégiait une approche folk contemporain très soigné, presque classique, reposant sur des harmonies vocales, prend une nouvelle direction musicale plutôt étonnante. Les harmonies vocales sont toujours bien présentes, les textes bien ancrés dans le quotidien avec une touche de poésie, mais la musique explose.

«C’est comme si le fameux groupe acadien 1755 était né en 1992 pis avait fait un bébé avec un rap star américain. C’est comme de la radio communautaire sur des stéroïdes. C’est de la musique d’icitte qui veut se faire entendre ailleurs», a exprimé Éric Dow.

Le groupe a envie de jouer sur de grandes scènes devant un large auditoire. Le chanteur raconte que leur premier voyage en Louisiane, il y a deux ans, a changé leur vision de la musique.

«C’était la première fois qu’on jouait sur de plus grandes scènes et c’est à ce moment qu’on a eu envie d’ajouter des éléments plus percussifs pour de la musique plus dansante…»

«Nous sommes des gens qui sont quand même assez festifs dans nos vies de tous les jours, du monde qui ont une joie de vivre et on aime passer de bons moments avec la foule. Pour les artistes, la scène c’est comme notre drogue en quelque sorte. C’est difficile d’imiter cette sensation-là en faisant quelque chose d’autre que de la scène.»
Pour réaliser leur album, ils se sont associés au rappeur Arthur Comeau; un ancien membre de Radio Radio et de Jacobus et Maléco.

«On aime beaucoup sa philosophie autour de la musique. Il vient complètement d’une autre tradition musicale que nous. Il a tout une autre perspective. Nous autres on vient de l’université de Moncton, donc on a plus un aspect théorique. Lui il a une philosophie différente, il vient du rap. Pour nous, c’est un vent de fraîcheur de travailler avec lui.»

Sur le disque, on peut entendre des contributions du violoniste acadien Johnny Comeau (Beausoleil Broussard, Cayouche), de Dillon Robicheau (The Backyard Devils, Izabelle), de Justine Boulianne et Sylvie Boulianne.
Acadian Dream sera lancé le vendredi 19 juillet à 21h au cabaret Pink Flamingos à Moncton. Ce deuxième album est accompagné d’un nouveau spectacle. Mentionnons que Normand Pothier, Jacques Blinn et Guyaume Boulianne sont aussi membre du groupe P’tit Belliveau et les Grosses Coques qui propose un country déjanté.