Claude Roussel expose des oeuvres qui font écho aux enjeux des Acadiens

L’artiste Claude Roussel présente l’exposition Recycl’Art avec la Bricklin au Centre des arts et de la culture de Dieppe du 30 juillet au 17 août. À l’occasion du Congrès mondial acadien (CMA), ses oeuvres présentées ont été réalisées dans les années 1970 et résonnent toujours dans la société contemporaine.

Claude Roussel exposera trois de ses oeuvres sculpturales faites à partir de feuilles de plastique de l’entreprise de production automobile Bricklin.

La Bricklin, voiture au design futuriste, avait fait beaucoup parler d’elle à l’époque pour finalement mettre la clé en dessous de la porte de l’usine. Entre-temps, Claude Roussel en avait profité pour acheter quelques-uns des morceaux de plastique qui servaient à l’époque pour construire la carrosserie de la Bricklin.

Le matériel est durable et répond bien à la technique du moulage sous vide selon M. Roussel.

«Je suis toujours curieux de voir ce que les matériaux peuvent donner comme effet», admet-il.

Toutes les oeuvres présentées pour le CMA ont des thématiques reliées à la vie des Acadiens.

La pièce Réveille comme le titre l’indique, propose un réveil-matin. Les couleurs bleues détonnent du fond orangé. L’oeuvre se veut de rappeler aux Acadiens de ne pas laisser tomber leur héritage. Une façon de sensibiliser les Acadiens, explique Claude Roussel, un thème qui le touche particulièrement.

«Il chante encore aujourd’hui», exprime-t-il.

L’oeuvre Kouchibouguac relate le fait historique des 1000 personnes expropriées de la région alors que le gouvernement s’était approprié l’endroit pour en créer un parc national. Cette décision avait été prise dans le but de protéger l’écosystème de Kouchibouguac.

L’artiste évoque la relation de l’homme à la nature dans cette oeuvre qui affiche bien ses couleurs vertes: «La nature sans l’homme c’est aussi triste que l’homme sans la nature».

La troisième oeuvre parle de la déportation acadienne moderne au sens figuré. Et les déportations continuent exprime l’exode des jeunes de l’Acadie, un enjeu toujours d’actualité. Ceux-ci font parfois le choix de s’établir ailleurs pour gagner leur vie. M. Roussel espère que plus de jeunes fassent leur place ici.

«C’est parfois des déportations volontaires et personnelles. C’était juste pour souligner que la situation sociopolitique n’est pas toujours idéale», affirme-t-il.

Il est affirmatif sur ce point: il faut que des jeunes demeurent dans la région où ils ont grandi pour contribuer au développement global d’une province.

Claude Roussel est très heureux de participer au Congrès mondial acadien.

«Ça fait toujours plaisir de contribuer à une présence créative dans des événements patriotiques», souligne-t-il.
Claude Roussel a eu une contribution très importante au sein de la scène artistique acadienne. Aujourd’hui âgé de
89 ans, il est toujours actif et animé par la passion de réaliser des oeuvres qui s’ins­crivent au coeur d’enjeux sociaux poli­tiques acadiens et internationaux.

«J’ai toujours le plaisir de le faire, j’ai pas toujours l’énergie que je devrai avoir en tout cas», conclut-il avec un sourire dans la voix.