Des œuvres qui dénoncent la surconsommation humaine

Sylvie Pilotte s’est «enfermée» durant trois mois dans un local de l’ancienne prison de Dalhousie – aujourd’hui transformée en partie en musée – afin de se consacrer à la réalisation d’un projet d’œuvres sculpturales, Jamais rassasié! Un titre fort qui témoigne d’une réalité dérangeante.

Son travail maintenant terminé, elle a ouvert les portes de son atelier l’espace d’une journée pour exposer dix créations au grand public.

Au cœur de ce projet, la surconsommation, l’obsolescence programmée, le non-respect de l’environnement, à la limite la bêtise humaine.

our l’exprimer, l’artiste a choisi des matériaux trouvés çà et là à Dalhousie. Des matériaux recyclés utilisés dans un premier temps par respect pour l’environnement, mais aussi pour provoquer une réflexion sur tout ce qui est consommé puis jeté.

De son propre aveu, ces œuvres ne sont pas très appétissantes au regard, ni très esthétiques.

«Mais c’est bien comme ça, car ce n’était pas le but recherché. Après tout, le sujet en soi est sombre et laid. L’idée était surtout de faire réfléchir à ce que nous faisons subir à la planète, au fait que nous sommes pour elle une espèce envahissante», explique-t-elle.

Cette expérience de résidence à Dalhousie, réalisée grâce à une subvention du Conseil des arts du Nouveau-Brunswick, aura été profitable à l’artiste dont la sculpture et le collage ne représentent pas forcément le médium de prédilection.

«J’ai beaucoup apprécié ce projet, ça m’a fait avancer dans ma pratique. C’était une forme d’art que je n’avais pas beaucoup explorée jusqu’à présent, alors ce fut très formateur», exprime Mme Pilotte, avouant que l’ampleur du travail l’a tout de même surprise en cours de route.

«On parle de dix sculptures en trois mois, donc ça signifie en moyenne moins de 10 jours par œuvre. En plus de la création, il y a toute la partie de la recherche, de l’inspiration. J’avais l’impression au départ d’avoir beaucoup de temps, mais trois mois pour créer, ça passe beaucoup plus vite qu’on pense. C’était un beau défi», lance-t-elle en riant.

«Je suis contente du résultat, mes œuvres forment un tout qui se tient. Je sens aussi qu’avec celles-ci, il y a une certaine continuité dans mon cheminement artistique, dans mon travail», souligne l’artiste.

Exposer ses œuvres

Maintenant les œuvres terminées, celle-ci entend soumettre des dossiers, l’idée étant de les exposer en salle un peu partout en province.

«Ç’a toujours été l’intention derrière le projet. Pour le moment, je n’ai pas encore d’exposition au programme, car le projet est encore trop frais, mais je souhaite vraiment que ça se concrétise afin de pouvoir partager mon travail avec le plus de gens possible», souligne Mme Pilotte.