Bernard Adamus: le retour du feu sacré

Ça fait seulement dix ans que Bernard Adamus est dans le paysage musical et pourtant, on dirait que ça fait beaucoup plus longtemps que ça. L’auteur-compositeur-interprète montréalais a remporté les honneurs à Petite-Vallée, en 2009, année même où il lançait Brun, son premier album qui lui a permis de mettre la main sur le prix Étoiles Galaxie – Radio-Canada pour la chanson La question à 100 piasses. Depuis, rien ne semble pouvoir s’arrêter pour le chansonnier à la poésie brute, même s’il a vécu un passage à vide en 2017.

Le nom de Bernard Adamus résonne fort chez de nombreux adeptes de chansons à textes sans compromis. Même que de nombreux auteurs-compositeurs-interprète de la dernière génération affichent volontiers leur parenté ou leurs influences avec celui qui, au fond, fait aussi partie d’eux.

Quand nous lui demandons comment il réagit à l’idée de savoir qu’il est une telle source d’inspiration pour les jeunes chansonniers, il en perd un peu son latin.

«C’est un peu pénible à réaliser et je ne sais pas trop ce que les jeunes artistes trouvent dans ma musique, en toute franchise. Mais si ça peut en inspirer quelques-uns, c’est tant mieux et j’en suis bien content», affirme-t-il au cours d’un entretien téléphonique.

Car sa musique, avant de rayonner et de lui permettre d’en vivre, est avant tout un exutoire. On devine alors que chaque mot, qu’il soit doucement mélancolique ou plus abrasif, exprime sa vérité à lui.

«J’essaie de faire une musique sincère, qui est à la base une thérapie pour moi», explique-t-il sans détour.

C’est aussi dans cette optique qu’il a écrit les chansons de C’qui nous reste du Texas, son quatrième et plus récent disque sorti au début mai.

ans d’autres médias, il a raconté qu’en 2017, alors en pleine tournée suivant la sortie deux ans plus tôt de Sorel Soviet So What, ses nerfs ont lâché cet été-là, et il a dû annuler les 30 spectacles automnaux qui restaient. S’en est suivi un long silence, pendant lequel il dit avoir pris beaucoup de recul, tant sur sa carrière que sur sa vie personnelle.

«C’est sûr qu’en tombant dans la quarantaine (il a tapé ses 40 ans peu de temps après avoir déclaré forfait), l’euphorie extrême des shows mélangés avec l’alcool, tout ça a fait en sorte que j’ai senti le besoin de tout arrêter pendant un bout», confie Bernard Adamus.

Au cours de cette période, il a entre autres tempéré ses ardeurs sur la boisson et il a effectué un voyage aux États-Unis. De fil en aiguille, l’inspiration lui est revenue. Le résultat: un album plus introspectif, beaucoup plus intime avec C’qui reste du Texas.

«Je sais pas exactement si ç’a été libérateur; ç’a été un drôle de travail. C’est un disque un peu plus sérieux. Je ne m’attendais pas à ce que ça prenne cette direction-là. J’étais un peu stressé avant le lancement, mais la réponse du public est vraiment excellente, et encore meilleure en show. Ça va très bien», atteste celui qui sera en spectacle ce lundi, au Festival acadien de Caraquet, en compagnie de l’Acadien Pierre Guitard.

Il l’affirme de but en blanc: Bernard Adamus a retrouvé son feu sacré. À tel point qu’il a déjà recommencé à écrire en vue d’un cinquième album.

«J’ai déjà trois ou quatre chansons de faites. Alors oui, j’ai retrouvé la passion. Le nouveau show est très rodé; je fais un mélange de toutes mes chansons, dont beaucoup du dernier album. C’est un spectacle très le fun à faire», soutient Bernard Adamus avec un sourire dans la voix.

Le spectacle aura lieu à 20h, au Centre culturel de Caraquet.