Les Rats d’Swompe: revisiter le trad

Le trio franco-ontarien Les Rats d’Swompe s’inscrivent dans la lignée de La Bottine souriante, des Tireux d’roche et même du groupe Swing des débuts. Vous le devinez: les trois jeunes hommes revisitent le folklore traditionnel en y ajoutant une touche de rock mordante et festive à souhait.

Yan Leduc, Patrick Pharand et Martin Rocheleau: trois gaillards qui jouaient séparément de la musique depuis leur tendre enfance et dont la vie les a fait se rencontrer il y a trois ans. Chacun traînait dans sa besace un intérêt marqué pour le rock, mais aussi un héritage de musique traditionnelle et folklorique qui, mis ensemble, a donné Vivre en ville, premier album de compositions originales sorti en mars 2018 et qui décoiffe, c’est le moins qu’on puisse dire.

«Quand nous nous sommes rencontrés, nous avions séparément des projets plus rock. Mais nous avions aussi envie de revisiter le trad. Ç’a donné notre style: du trad-rock festif. On effleure aussi le country, mais il reste que l’ensemble de l’album est nettement plus rock», explique le Rocheleau du trio.

Mélange de bois et de béton urbain, Vivre en ville ne souffre que de très peu de ralentissements, hormis pour la très belle ballade rock alternatif Tisonagan, ou encore la très enveloppante et introspective Toune pour Alex. Les Rats d’Swompe réarrangent de plus Chevaliers de la table ronde, qui prend littéralement un goût décapant de bière noire et dans laquelle le violon et les voix se lâchent lousse. Parlant de se lâcher lousse, Les Rats d’Swompe terminent leur album sur un malicieux trait d’humour avec La belle-mère, qui en mange un sacré coup dans cette piste déjantée et désopilante à souhait!

Un premier effort réussi pour la jeune formation qui est en tournée ces jours-ci dans la province. Après avoir visité entre autres La Foire brayonne à Edmundston ainsi que les villes de Dieppe et Miramichi ces derniers jours, Les Rats d’Swompe seront en spectacle mercredi, au Festival acadien de Caraquet, en compagnie de Sara Dufour et du groupe Québec Redneck Bluegrass Project.

Pour le trio aujourd’hui basé à Ottawa, chanter en français prend toute son importance du fait que, comme chez nous, ils vivent dans une communauté minoritaire.

«Ç’a toujours été un défi pour nous comme pour les autres artistes franco-ontarien, souligne Martin Rocheleau. Mais nous, dès que nous avons entamé le projet de l’album, nous ne nous sommes jamais posé la question. Chanter et composer en français, c’est tellement naturel pour nous que nous savions dès le départ que c’était ça que nous voulions faire.»

Les Rats d’Swompe ont toutefois pu tester leur son dans certaines contrées anglophones au cours des derniers mois. Le constat: la musique festive comme celle qu’ils proposent franchissent largement les barrières de la langue.

«Ça se présente bien même chez les anglophones, parce qu’avec notre musique festive, même s’ils ne comprennent pas toutes les paroles, le party pogne pareil. C’est un style de musique très rassembleur et c’est exactement ce que nous voulons faire partout où nous allons», soutient Martin Rocheleau, ajoutant que le groupe joue aussi beaucoup en milieu scolaire. Ce sera d’ailleurs le cas cet automne, en plus d’être en tournée en salles, notamment dans les Maritimes.

Mais pour l’heure, le prochain arrêt des Rats d’Swompe à Caraquet ce mercredi est programmé pour 21h, à la Place du Festival (scène extérieure du Centre culturel de Caraquet) et sera déplacé au Chapiteau du Carrefour de la Mer en cas d’intempéries.