Sara Dufour: un roadtrip folk-rock en deuxième vitesse

La nouvelle sensation folk-rock, c’est elle: Sara Dufour. Depuis qu’elle a lancé son second opus éponyme en avril, les salles de spectacle se l’arrachent et les critiques l’acclament – nous n’allons d’ailleurs pas nous en priver nous non plus, car son nouvel effort, à la fois robuste et attendrissant, granuleux et bien brossé, aux effluves de bois, d’essence et d’amour, vaut vraiment le détour.

Quand on lit tout ce qui a été écrit sur Sara Dufour depuis les derniers mois, on a un peu l’impression de tomber sur une nouvelle pousse verte. Pourtant, la native de Dolbeau-Mistassini au Lac-Saint-Jean a déjà sept ans de bagage musical derrière le jacket, dont quatre sur galette. Après un premier mini-album, Le Breaker, en 2015 – année de son passage à La Voix dans l’équipe de Pierre Lapointe -, la Dolmissoise nous avait offert l’excellent Dépanneur Pierrette l’année suivante, et dans lequel elle imprimait déjà sa marque folk-rock aux accents trash-cash, énergique, sans filtre, qui plus est avec une voix puissante et légèrement boucanée.

Son deuxième album complet s’inscrit dans la logique de Dépanneur Pierrette. Que s’est-t-il donc passé pour que, tout d’un coup, on entende autant parler d’elle? Dans le milieu culturel, la deuxième oeuvre est souvent celle qui détermine si un artiste s’inscrira dans la durée. Il faut croire que le public et les médias l’ont gratifié de leur imprimatur après s’être laissés tenter. Peu importe, la principale intéressée ne s’en formalise pas. Même qu’elle se dit satisfaite du fait que sa carrière se soit ainsi étalée sans coup de tonnerre dès le départ.

«Ça fait sept ans que je suis sortie de l’École nationale de la chanson à Granby et que j’ai vraiment le sentiment d’être à ma place, en plus d’avoir trouvé mon style. Depuis 2015, quand j’ai sorti mon EP, chaque année est plus grosse que l’autre. J’ai eu le temps d’assimiler chaque étape, et c’est ben correct de même.»

«Là, je te dirais que si ma carrière était un char à clutch, j’ai embrayé en deuxième vitesse cette année», image la sympathique et volubile auteure-compositrice-interprète.

Son premier extrait radio, Chez Té Mille, sorti dans la foulée du lancement de son nouveau disque, s’est rapidement hissée dans les palmarès et a donné le ton pour la suite des choses. Quand on lui parle de son style qu’elle qualifie elle-même de «rugueux, même s’il y a aussi des chansons plus tendres, plus introspectives, afin d’assurer un certain équilibre», dit-elle, il est difficile de ne pas la comparer avec Lisa LeBlanc. Leurs accents et certaines de leurs thématiques sont différents, mais le ton et l’audace affichent une évidente parenté.

«Nous sommes deux filles qui ont d’la drive, c’est vrai. Je pense qu’on est aussi dans une époque où on peut vraiment tout écrire, s’exprimer comme on veut, même en tant que femme dans l’univers du folk.»

«Souvent après mes shows, des filles viennent me voir pour me dire que mes chansons leur ont fait du bien et les poussent à s’assumer encore plus. Je trouve ça vraiment plaisant», confie Sara Dufour.

La Québécoise se reconnaît aussi, du moins dans son essence de fille du Lac, une véritable sororité avec l’Acadie. Celle qui en sera à son premier passage à Caraquet, mercredi, dans le cadre du Festival acadien, a parcouru d’autres endroits en Acadie ces derniers jours. Elle était notamment de passage tout récemment à La Foire brayonne d’Edmundston. L’automne dernier, elle a participé à la Francofête en Acadie à Moncton, dans le cadre d’une vitrine.

«Toutes les fois que je suis venue au Nouveau-Brunswick ces dernières années, j’ai tout le temps trouvé que les gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de l’Acadie, on était cousins. Nous avons le même caractère, le même accueil, la même bonté. J’ai super hâte à ma première à Caraquet, parce que je sais déjà que c’est l’une des principales villes de l’Acadie et aussi parce que je trouve ça super le fun d’aller à la rencontre de mon public partout où il est dans la Francophonie canadienne», exprime Sara Dufour avec une excitation qu’elle ne réfrène pas.

«Même que depuis que je me promène davantage au pays, je suis de plus en plus curieuse de découvrir les autres communautés de langue française. La Francophonie, c’est tellement plus gros que le Québec! Mes cours de géographie et d’histoire du secondaire, je les mets plus en pratique présentement qu’à l’école et je trouve ça super trippant!», ajoute-t-elle dans le même élan d’enthousiasme.

Le spectacle de Sara Dufour, qui sera en compagnie des Rats d’Swompe ainsi que du Québec Redneck Bluegrass Project, aura lieu à 21h, à la Place du festival (scène extérieure du Centre culturel de Caraquet). En cas d’intempéries, l’événement sera déplacé sous le Chapiteau Alpine du Carrefour de la Mer.