Geneviève Racette s’est laissée guider par sa vulnérabilité

Enveloppante, Geneviève Racette. C’est l’épithète que l’on peut facilement accrocher sur son troisième album, No Water, No Flowers, sorti en mai. Un folk aérien floral traverse chacune des 10 chansons du disque bilingue – sept titres sont en anglais et trois en français – et il est difficile de rester insensible en entendant sa voix chaude dotée d’un joli vibrato vieillot et légèrement bluesy.

Le contraste entre No Water, No Flowers avec son précédent disque, Les aurores boréales, sorti trois ans plus tôt, mérite quand même d’être souligné. Ce dernier, entièrement francophone, était plus galopant avec des guitares légèrement plus rudes, oscillant entre folk-rock et country, alors que son plus récent effort affiche un côté plus tendre, parfois mélancolique mais sans tomber dans la neurasthénie, porté par un fond de pop qui sied bien avec les deuils, les amours contrariés ou encore les voyages qu’elle exprime dans une plume plus décontractée.

Selon elle, No Water, No Flowers, qui a tout de même été bien arrosé et renferme 10 jolies fleurs, lui ressemble beaucoup plus à cause de tout cela.

«Cet album-là est le résultat de plusieurs années d’émotions. Aussi, je me sens beaucoup plus libre avec le temps. Au début de ma carrière, comme à peu près tous les auteurs-compositeurs-interprètes que je connais, j’avais un peu le syndrome de l’imposteur. Mais ce n’est plus le cas. Alors c’est certain que cette liberté-là a influencé ma façon de composer, même en anglais, car je me suis aussi donnée cette permission», souligne Geneviève Racette au cours d’un entretien téléphonique.

Celle qui sera de passage à Edmundston, à Shippagan, à Petit-Rocher, à Charlo ainsi qu’à Caraquet, au cours des prochains jours, affirme aussi qu’elle s’est laissée davantage guider par sa vulnérabilité. Elle a voulu être encore plus vraie. Combinée à la superbe indéniable de son album, cette véracité lui a ouvert de nouvelles portes.

«Récemment, au Festival Osheaga à Montréal, je suis montée sur scène avec mon idole, Dallas Green, du groupe City of Colours, pour interpréter avec lui et le groupe leur chanson Hello, I’m Delaware. Ça fait une semaine que c’est passé et je n’en reviens pas encore! Quand j’ai fait mes deux lancements en mai à Montréal et à Toronto, je ne pensais même pas qu’une porte comme celle-là pouvait s’ouvrir. Des organisateurs d’événements au Canada anglais commencent à s’intéresser à moi et mes fans ont très bien répondu à l’appel depuis que le disque est sorti. Je sens que ça va dans le bon sens», exprime la jeune artiste, qui a grandi dans l’ouest de l’Île de Montréal.

«C’est un endroit très bilingue; j’ai véritablement grandi en français et en anglais. Écrire dans les deux langues est donc naturel pour moi et je voulais le faire éventuellement, même si certaines personnes m’avaient avertie que ça pouvait être difficile d’aller chercher le public au Québec ou ailleurs dans la Francophonie à cause de ça», appuie Geneviève Racette, dont certaines de ses plus récentes chansons ont déjà été écoutées quelque 250 000 sur Spotify notamment.

Complicité et intimité

Pour concocter No Water, No Flowers, elle a également participé à l’ensemble des étapes en compagnie de son équipe qui lui est fidèle, dont son amoureux, Luc Herrmann, avec qui elle viendra d’ailleurs visiter la province dans le cadre de sa tournée qui l’amènera à la Place de l’hôtel de ville d’Edmundston, mercredi, à la P’tite église de Shippagan, le 22 (spectacle auquel participera également l’Acadienne Joannie Benoit), au Bistro Coeur d’Artishow de Petit-Rocher, le 23, au Bistro-pub le Nid du Héron de Charlo, le 24, pour terminer au Deuxième de la Boulangerie Grains de folie de Caraquet, le 25.

«Beaucoup des dernières chansons ont été écrites ensemble, mon amoureux et moi. Mon spectacle va donc un peu refléter ça, notre complicité. Ce sera intime et j’ai vraiment hâte d’aller vous voir, d’autant plus que ce sera notre première série de spectacles avec mon nouvel album», signale Geneviève Racette.

Les spectacles d’Edmundston et de Shippagan auront lieu à 19h, ceux de Petit-Rocher et de Charlo à 20h puis celui de Caraquet à 18h30.