François Richard donne le coup d’envoi au 14e Festival de danse en Atlantique

Après avoir voyagé un peu partout dans le monde avec le spectacle Untitled I, le danseur François Richard débarque au Festival de danse en Atlantique (ADFDA), à Moncton, afin d’offrir cette œuvre en solo qui explore la résilience humaine.

Le public du Nouveau-Brunswick a peut-être déjà vu François Richard dans le Casse-Noisette de DancEast alors qu’il était encore élève ou dans la production Le Fantôme de l’opéra du Ballet-théâtre atlantique du Canada (BTAC) en 2006.

Établi à Montréal depuis 2007, le danseur indépendant originaire de Moncton travaille avec plusieurs compagnies. Le spectacle Untitled I a été créé avec la chorégraphe Andrea Peña à Hong Kong où il a fait une résidence de création de six semaines l’année dernière. Présentée en première dans cette ville chinoise, la pièce a remporté le prix de la meilleure chorégraphie du Festival de danse contemporaine de Hong Kong. Cette oeuvre figure au programme du spectacle d’ouverture du 14e Festival de danse en Atlantique.

«Ça fait longtemps que j’attends ce moment. La dernière fois que j’ai dansé à Moncton, c’était avec le BTAC, donc il y a longtemps. Pour moi, c’est excitant de pouvoir partager ce que je suis devenu comme artiste, comme danseur et interprète avec ma famille, mes amis et ma communauté. C’est super spécial et touchant de pouvoir revenir chez nous pour montrer où je suis rendu maintenant comparé à où j’étais, il y a 12 ans, au début de ma carrière.»

Si le ballet a été à la base de son parcours, depuis quelques années, il s’intéresse davantage à la danse contemporaine. Celui qui a étudié au Royal Ballet de Winnipeg pour ensuite danser notamment avec le Royal Ballet de Winnipeg et Grands Ballets canadiens, a eu envie de nouveaux défis.

«J’ai commencé à danser à 5 ans et à faire du ballet à six ou sept ans. Après une vingtaine d’années de ballet, je cherchais de nouveaux défis, de nouvelles façons d’explorer l’art du mouvement et la danse. En déménageant à Montréal, je suis tombé dans un réseau de danse contemporaine. Après avoir vu quelques spectacles et suivi des ateliers, j’ai pu trouver un chemin là-dedans que j’aimais bien.»

Il est appelé de plus en plus à collaborer avec les chorégraphes, dépassant ainsi son rôle d’interprète pour explorer à son tour la création.
Untitled I porte sur la résilience, celle du corps qui répète sans cesse les mêmes mouvements.

«C’est une exploration pour voir la répétition des mouvements comment on peut aller chercher une résilience du physique humain.»

Ils ont créé cette œuvre à la suite de discussions autour du mouvement et de ce qui est intéressant à voir ou non pour le public. Selon l’artiste, il y a un réel dialogue qui s’installe entre lui et le public.

«À travers l’aspect très physique de la pièce, la résilience du corps et de la simplicité du mouvement épuré, il y a une certaine vulnérabilité et une humilité qu’on doit accéder comme interprète. Ce dialogue et cet échange d’énergie avec le public me nourrissent beaucoup quand je suis sur scène. Le public a vraiment accès au coeur du danseur de la pièce.

C’est super spécial pour moi d’avoir cette expérience avec le public», a-t-il expliqué.

Un premier solo

C’est la première fois qu’il danse une œuvre complète en solo. Il admet que cela représente un certain défi, surtout à ses débuts. Pendant une quarantaine de minutes, il est seul sur scène et il doit arriver à maintenir l’intérêt du public. Après avoir tourné cette œuvre internationalement, il a acquis de la confiance et il estime qu’il maîtrise bien cette œuvre.

Après Moncton, François Richard reprendra le spectacle à Montréal et en tournée. Cet automne, il sera également en tournée avec trois autres spectacles.

«À l’âge où je suis rendu dans ma carrière, je travaille plutôt avec des amis et des gens avec qui je collabore depuis longtemps. Je suis chanceux de pouvoir apporter ma main de créateur et de chorégraphe que juste suivre des instructions de quelqu’un. J’ai plus une voix artistique comme collaborateur.»

Le Festival prend son envol

Cette oeuvre sera présentée mercredi à 19h30 à la Salle Bernard-LeBlanc au Centre culturel Aberdeen, à l’occasion de l’ouverture de l’ADFDA. Charles Brecard et des artistes locaux seront aussi à l’affiche de cette soirée.

Le Festival de danse en Atlantique se déroule en marge du CMA jusqu’au 24 août. Des prestations sont prévues dans divers lieux publics, dont l’Espace Extrême frontière à partir du 16 août.

La compagnie Elise Legrand, Lucy May, Simon Renaud et Danza Descalza figurent parmi les artistes qui se produiront au festival cette année.