La Vallée des possibles: encore plus grandiose!

Pour sa troisième mouture, le spectacle La Vallée des possibles se donne de l’ampleur en ajoutant un grand choeur, trois nouveaux solistes et au-delà de 30 musiciens de l’orchestre Tutta Musica dirigé par Antonio Delgado. De l’émotion, des prestations à couper le souffle et une musique qui nous emporte composent cette œuvre à mi-chemin entre l’oratorio et le drame musical.

Créé pour la première fois en 2014, au théâtre du Monument-Lefebvre, à Memramcook, ce spectacle qui rend hommage à l’oeuvre du père Camille Lefebvre a été repris en 2015. Cette année, les concepteurs ont choisi de présenter le spectacle à l’Église Saint-Thomas, là même où le père Lefebvre a été curé pendant 30 ans.

À l’issue de la répétition générale mercredi, le frère de Sainte-Croix, Walter Comeau, a été séduit par la délicatesse du spectacle qui ravive la fierté acadienne. Selon lui, cette œuvre reflète bien l’oeuvre du père Lefebvre, fondateur du Collège Saint-Joseph.

«Je pense que son nom doit être reconnu pour ce qu’il a fait en Acadie. C’est extraordinaire et ça réveille beaucoup de choses. Son défi était de vivre ici, de relever le peuple acadien et de leur fournir des outils pour pouvoir se réaliser et je pense que c’est ça qu’il a fait», a exprimé Walter Comeau.

Impossible de rester insensible devant cette œuvre qui offre plusieurs moments émouvants, des prestations enlevantes et certains tableaux plus solennels.

«Acadie, tu prends les rênes de ta destinée», chante, dans une finale grandiose, Dion Mazerolle dans la peau de Camille Lefebvre.

En compagnie d’Éric Thériault et de Marc Lamontagne, ils se sont ajoutés à la distribution.

On apporte une touche classique au rôle du Conteux qui était joué originalement par Denis Richard. Éric Thériault est la nouvelle voix de ce personnage exubérant. Marc Lamontagne incarne Arcade qui était interprété par Danny Boudreau, tandis que le père Lefebvre est personnifié par le chanteur classique Dion Mazerolle. C’était auparavant Christian Kit Goguen qui tenait ce rôle. Avec sa voix puissante, le baryton de Rogersville nous emporte.

«Avec l’orchestre, ça amène un genre d’ouverture lorsqu’on a des notes aiguës qui sont tellement bien amenées par Jean-François Mallet qu’on se sent transporté dans un autre monde. Ce matin et cet après-midi, nous avons plusieurs fois été émus jusqu’aux larmes. Ça vient chercher quelque chose de profondément enfoui en nous et qu’on avait peut-être oublié», a confié Dion Mazerolle.

Cette œuvre lui a permis de revoir l’histoire et la vie d’un grand homme qui a aidé les Acadiens au moyen de l’éducation. L’Acadie moderne lui doit beaucoup, estime le chanteur.

«J’ai abordé ce personnage-là d’abord comme humain surtout avec les textes de Gracia Couturier qui sont tellement poétiques. Ce ne sont pas seulement des actions, il s’émerveille devant la Vallée et l’Acadie.»

Une histoire humaine

Accompagné de dessins projetés sur un écran, le spectacle raconte le parcours de Camille Lefebvre, depuis son départ de Montréal pour la vallée de Memramcook, jusqu’aux grandes conventions de 1881, en passant par son établissement, la fondation du Collège Saint-Joseph, l’accueil des Acadiens, le feu et sa reconstruction.

«Quand j’ai mis les pieds dans le monument Lefebvre, c’était vraiment intéressant de voir son importance dans la région. C’est un sentiment d’appartenance à une patrie qui était grandissante à ce moment-là. Pour moi, incarner Camille Lefebvre, c’est un plaisir et en plus, on porte la soutane, un vêtement qu’on ne porte pas tous les jours.»

Le compositeur Jean-François Mallet estime qu’en ayant plus de musiciens et un choeur de 23 choristes qui remplit encore davantage l’espace, on arrive à ressentir davantage la nature grandiose de l’oeuvre.

«On peut aller plus loin dans les dynamiques et l’émotion.»

Le mariage entre les chanteurs de la scène populaire et du milieu classique est assez bien réussi, même s’ils n’ont pas tous les mêmes techniques de chant. L’interprétation est bien rendue. Jean-François Mallet précise qu’ils ont tenu compte de cet aspect quand ils ont distribué les rôles principaux.

La distribution comprend également Lina Boudreau, Selby Evans, Monette Gould, Valmond Bourque, Joseph Goodwin, Mélanie LeBlanc, Justin Guignard et Ulric LeBlanc.

En plus de Jean-François Mallet, l’équipe de concepteurs comprend Gracia Couturier (parolière et librettiste), Ginette Ahier (parolière) et le directeur artistique Allain Roy.

René Cormier signe la mise en scène, Luc Rondeau la scénographie, Marc Paulin les éclairages et Xavier Richard la sonorisation.

Le spectacle est présenté par le FestiChoeur d’Acadie, en marge du CMA, les 22, 23 et 24 août.