«Les seuls qui font l’unanimité sont ceux qui ne disent rien!»

Avec son nouveau spectacle En cachette, l’humoriste Jean-François Mercier se propose d’explorer des zones un peu taboues tout en révélant certains de ses plaisirs coupables.

L’humoriste qui n’a pas toujours fait l’unanimité est loin d’avoir dit son dernier mot. Au contraire, il défend avec force la liberté d’expression.

ême s’il note qu’aujourd’hui, les sensibilités s’exacerbent parfois rapidement, il n’a pas l’intention de se censurer.

«Les seuls qui font l’unanimité sont ceux qui ne disent rien», lance l’humoriste dans un grand rire.

«On ne se fera pas des à croire, je suis un artiste controversé, je ne fais pas l’unanimité et probablement parce que justement je dis quelque chose parce que sinon ça ne dérangerait pas. Quand on ne dit rien, ça ne dérange jamais personne et on fait l’unanimité.»

Il compare son nouveau spectacle au sexe. «Par bout, c’est intense, cru, et par bout, c’est doux et c’est plein d’amour.»

Au départ, ce spectacle ne devait pas faire l’objet d’une tournée. Il avait décidé de créer un genre de spectacle laboratoire d’une heure et demie qu’il a offert à 20 reprises à Gatineau durant l’été 2018.

«Je ne savais pas si c’était pour marcher ou pas. Je parlais d’affaires personnelles et je pensais que ça rirait moins. À ma grande surprise, c’était le délire dans la salle et je me suis rendu compte que j’avais un show de prêt.»

Comme il faut souvent réserver les salles de spectacle au moins deux années à l’avance, au Québec, Jean-François Mercier s’est donc tourné vers les plus petites salles. Il a monté sa tournée sans faire de publicité quasiment en cachette, d’où le titre du spectacle.

«Je trouvais ça le fun parce que les affaires qu’on fait en cachette, ce sont des affaires le fun. Ça me permettait aussi de pouvoir tourner le show tout de suite.»

Il aborde des sujets plus délicats comme le suicide et étonnamment, il arrive à faire rire les gens.

«Ce dont je parle, ce sont des affaires vraies, mais j’imagine que par la façon que je l’amène, les gens trouvent ça drôle. Ça n’a pas de l’air de mettre personne mal à l’aise. Je vais dans toutes les zones. Je pense qu’il n’y a pas un numéro qui est écrit de la même façon.»

«J’écoute du Joe Dassin»

Ses inspirations lui viennent de situations vécues, observées ou d’anecdotes inventées. L’auteur aime s’imposer différents défis d’écriture. En réalité, ce sont les réactions du public qui décident si un numéro va rester ou non dans le spectacle, précise l’artiste.

Dans son nouveau spectacle, il est question notamment de plaisirs tout simples qu’il présente dans des numéros d’humour plus organiques où l’on rit sans se casser la tête. Les choses qu’on fait en cachette ne sont pas nécessairement illégales, rappelle l’humoriste.

«Moi par exemple, j’écoute du Joe Dassin, je le sais bien que c’est quétaine, mais moi j’aime ça et ça ne fait pas de mal à personne. Je parle aussi du fait qu’on ne peut plus rien dire aujourd’hui sans qu’il y ait des gens qui soient outrés, alors moi je me dis que je peux continuer de faire l’humour que je faisais pourvu que ces gens-là ne viennent pas voir le spectacle. La seule façon que j’ai trouvée, c’est de le faire en cachette», ironise-t-il.

Public acadien

Jean-François Mercier offrira trois spectacles au Nouveau-Brunswick en septembre et octobre. Il confie qu’il aime bien le public acadien.

«Ce n’est pas tellement en spectacle, c’est plus avant et après le spectacle. Les gens du Nouveau-Brunswick sont éminemment sympathiques et ils sont contents de me voir… Quand on vient du Québec, on a l’impression qu’on est la seule communauté francophone à l’intérieur du Canada, alors c’est le fun d’aller au Nouveau-Brunswick et de constater qu’il y en a une autre là.»

Celui qui détient un baccalauréat en actuariat et en mathématiques s’est tourné rapidement vers l’humour. Il est humoriste, auteur et scénariste.

Après Le show du gros cave et Subtil, sensible, touchant, il signe son troisième spectacle avec En cachette. Il s’arrêtera le 20 septembre, à la Caserne de Dieppe, le 21 septembre, à la Salle Mathieu-Duguay, à Lamèque, et le 12 octobre, à la Salle Léo-Poulin, à Edmundston.