Les curieux petits personnages d’Anne-Marie Sirois

Conjuguant le conte, la porcelaine, la sculpture et les assemblages d’objets trouvés, la nouvelle exposition d’Anne-Marie Sirois, Infiltration, nous transporte dans un monde de petits humanoïdes plutôt envahissants.

Trente pièces, surtout des bas-reliefs, composent cette nouvelle collection exposée à la galerie du 2e étage du Centre culturel Aberdeen, à Moncton.

À première vue, on se dit que ces tableaux sont différents du travail habituel de l’artiste de Moncton, mais plus on s’y attarde, plus on reconnaît la démarche artistique de cette créatrice au parcours bien rempli.

Artiste visuelle, illustratrice, auteure jeunesse et cinéaste d’animation, Anne-Marie Sirois multiplie les projets artistiques. Reconnue pour ses fameux fers, elle travaille beaucoup à partir d’objets recyclés. Cette nouvelle série d’oeuvres n’y fait pas exception.

L’exposition Infiltration a pris forme un peu de façon inattendue. C’est à partir d’une pièce de voiture accidentée, trouvée pas très loin de son atelier, qu’elle a commencé à imaginer ses bas-reliefs.

L’inspiration lui est aussi venue d’un travail étudiant. À partir d’un dessin de petits personnages qui sortaient d’une tapisserie murale, elle a imaginé le concept en trois dimensions.

Avec de petites boîtes et des objets compartimentés récupérés ici et là, elle y fait habiter de petits humanoïdes, d’abord faits de porcelaine non cuite, puis ensuite fabriqués de pâte à modeler cuisant au four. Ces humanoïdes sont légèrement patinés, puis vernis afin de les rendre plus résistants.

Ces minuscules personnages squattent les prises de courant, les éviers, les tuyaux, les paquets d’allumettes, les grilles d’aération et des boîtes de toutes sortes.

Autour de ces personnages qu’elle imagine un peu naïfs, elle a inventé une histoire. Et si un être humain décidait d’apporter ces petits humanoïdes dans sa maison? Ils se multiplient et ils commencent à envahir tous les compartiments de la demeure, à s’infiltrer partout et à détruire l’environnement.

«C’est un peu à l’échelle humaine où tout va bien quand on n’est pas en surpopulation. Quand il n’y a pas d’espace pour tout le monde, on commence à jouer du coude.»

Des centaines de petits bonshommes composent cette série d’œuvres réalisées avec toutes sortes d’objets trouvés.

Les personnages sortent même des tableaux pour aller s’infiltrer dans le mur de brique sur lequel sont installées les œuvres.

«Je fait ça pour m’amuser. Une idée en amène une autre», ajoute celle qui ajoute souvent un brin d’humour à son travail.

L’exposition est en montre jusqu’au 30 novembre. La collection sera aussi exposée au Théâtre Capitol, à Moncton, du 24 avril au 21 juin 2020.

Par ailleurs, son installation Rêves camouflés qui avait été exposée à Caraquet, à Bouctouche et à Edmundston sera bientôt en montre au Centre des arts et de la culture de Dieppe.