Richibucto: l’ancien palais de justice converti en centre culturel

Un couple d’investisseurs, Rose-Marie Bernaquez et Charles Richard, ont entrepris de donner une nouvelle vie à l’ancien palais de justice de Richibucto en le transformant en centre culturel, touristique et communautaire. Les travaux de rénovation vont bon train et la galerie d’art présente déjà une première exposition.

En juin dernier, le couple du sud-est du Nouveau-Brunswick a fait l’acquisition de l’ancien palais de justice situé devant la rivière Richibucto et le quai des pêcheurs. Fermé depuis 2011, l’établissement provincial de trois étages n’avait toujours pas trouvé de nouvelle vocation. Il y a quelques années, l’ancien propriétaire avait tenté de fonder un camping pour les 50 ans et plus (les snowbirds), mais le projet a avorté.

En visitant l’édifice, Rose-Marie Bernaquez et Charles Richard ont vu l’immense potentiel tant sur le plan culturel que touristique.

«Charles et moi on a beaucoup de passion pour plein de choses et on s’est dit qu’on pourrait réaliser plein de choses qu’on aime.»

Ils offrent déjà des locations de vacances. Trois semaines après avoir acquis l’édifice, ils ont accueilli leurs premiers locataires dans les quatre appartements du rez-de-chaussée qu’ils ont transformés en logement airbnb.

Au deuxième étage, l’immense ancienne salle de cours a été convertie en galerie d’art et éventuellement en salle de concert. Une première exposition y est présentée depuis quelques semaines. Elle rassemble des peintures de Michel Thériault, de Dave Skyrie et de Gisèle L. Ouellette, ainsi que des monotypes d’Herménégilde Chiasson.

«Ce sont tous des amis et j’avais envie de montrer leurs œuvres ici», mentionne Rose-Marie Bernaquez.

Celle-ci a beaucoup de projets pour le centre. Étant elle-même artiste, elle souhaite donner une vocation fortement culturelle à l’établissement. En plus des expositions, la musicienne et chanteuse classique envisage de présenter des concerts dans l’ancienne salle de cours. Elle offre déjà des cours de chant privés.

Les cellules du sous-sol seront rénovées pour de l’hébergement touristique, des ateliers d’artistes ou des kiosques pour les fermiers locaux. Les travaux sont en cours. Sur un des murs du sous-sol, on peut voir une peinture du légendaire Eddy le Bum qui a inspiré une chanson de Michel Thériault.

«C’est un prisonnier qui a fait la peinture. Eddy le bum s’organisait pour faire des mauvais coups dès que le froid commençait et le juge lui demandait combien de temps il voulait vivre ici. Il était un genre d’itinérant et ici, il était au chaud et il avait trois repas par jour. Ça l’air qu’il en a passé du temps ici.»

En gravissant les escaliers, on peut y lire des messages écrits sur les murs par des prisonniers. Une fois rénovée, la salle communautaire où les prisonniers prenaient leur repas pourrait devenir une salle de cinéma.

«On a envie de faire une salle de cinéma parce qu’il n’y a pas de cinéma à Richibucto. Les salles les plus près sont à Miramichi ou à Moncton.»

Le village de Richibucto n’a pas de véritable centre culturel et Rose-Marie Bernaquez souhaite combler cette lacune.

«Quand on l’a vu, on s’est dit qu’on allait développer le côté artistique, touristique et communautaire. On veut vraiment que la communauté fasse partie de ça.»

Il y a encore du travail à faire pour compléter l’ensemble des travaux dans l’édifice et développer tous leurs projets. Ils veulent faire connaître leur centre et impliquer davantage la collectivité en organisant des activités communautaires.

Parmi les projets, il y a l’aménagement d’une friperie au rez-de-chaussée et la création d’une chorale qui pourrait se réunir au centre. D’autres expositions seront présentées en 2020.

Mme Bernaquez envisage, entre autres, d’organiser des expositions solos et à thème, peut-être même une pour célébrer l’arrivée du printemps. L’exposition actuelle sera en montre au moins jusqu’en janvier 2020.