Frank Williams: un premier disque aux couleurs de ses états d’âme

Deux ans après avoir vécu l’aventure de La Voix, Frank Williams offre un premier album aux couleurs country, folk et rock, qui navigue entre mélancolie, espoir et renouveau. Si le chanteur a traversé une période trouble au lendemain du concours télévisé, il se sent désormais confiant et d’attaque pour poursuivre sa propre voie musicale.

En 2017, l’infirmier et chanteur de Moncton atteignait la finale de l’émission La Voix alors que son père était atteint d’un cancer. Ce dernier est décédé le 14 mai, soit une semaine après la finale de l’émission. Frank Williams a décidé de dédier ce premier album, Ça s’en vient, à son père qui l’a toujours encouragé à poursuivre son rêve en musique.

«Sans lui, je n’aurais jamais vraiment joué de la musique et je n’aurais jamais eu la confiance de croire en ce rêve-là. C’est avec lui que j’ai appris à jouer et que j’ai commencé à jouer. C’était un grand rêve pour moi et j’imagine que si mon père était ici, ce serait pour lui aussi un rêve qui se réalise», a exprimé l’auteur-compositeur-interprète qui est aussi infirmier en santé mentale au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont.

C’est d’ailleurs son père qui l’a poussé à ne pas abandonner l’émission La Voix, malgré sa maladie. Une fois le rideau tombé, l’artiste confie qu’il a traversé une période sombre et dépressive, frappé de plein fouet par le deuil de son père.

«Une fois que tout ça (l’émission et la tournée) était terminé et que je me suis retrouvé à la maison avec beaucoup plus de temps pour moi, c’est là que j’ai commencé à vivre le deuil et à faire le processus mental de ce qui s’était passé. J’ai vécu ça assez dur pour quelques mois. Après ça, je suis sorti de mon état dépressif et je suis allé voir pour de l’aide.»

Retour sur La Voix

Le chanteur dresse un bilan somme toute positif de son expérience à La Voix, mais en posant un bémol rappelant le côté éphémère de ce genre de concours et la réalité de l’industrie musicale.

«Il y a des centaines de personnes qui passent sur ces show-là et on se rappelle de quelques-unes. Si on ne fait pas un effort pour rester devant l’oeil du public, de faire quelque chose, toute l’expérience, aussi belle qu’elle puisse être, est perdue. Il y a beaucoup de monde qui pense qu’en allant sur un show, que tout est fait après ça, mais la réalité, autant c’était le fun et que t’étais bien encadré pendant le show, une fois que c’est fini, tu retombes indépendant par toi-même.»

Comme un journal intime

Ça s’en vient rassemble 11 chansons principalement en français, dont 8 compositions originales de l’auteur-compositeur-interprète.

Au début de l’écriture à l’automne 2017, il vivait le deuil de son père, puis avec le temps, la lumière est apparue dans sa vie.

Les chansons qui s’inspirent beaucoup de ses propres expériences témoignent de ses états d’âme et de ses émotions, un peu comme un journal intime. Certaines sont plus tristes, tandis que d’autres affichent une note d’espoir comme Prends ma main qui rappelle l’importance d’avoir une personne à ses côtés.

Il y a également de l’humour dans la musique de Frank Williams, avec des pièces qui nous rappellent, entre autres, que la vie de tournée n’a généralement rien de glamour.

«C’est aléatoire comment j’écris. Souvent c’est juste une mélodie ou des paroles qui m’entrent dans la tête et que je note sur une feuille. Une fois que je commence à écrire, ça sort rapidement, mais je suis aussi quelqu’un qui peut passer six mois sans écrire une chanson comme je peux en écrire trois dans un jour. C’est pas toujours allumé, mais quand ça s’allume j’en profite.»

En plus de son projet solo, Frank Williams s’est associé avec Martin Bourque et Guy Godin pour créer un spectacle de musicoconférence, Le mal de trois mâles, en collaboration avec l’Association canadienne de la santé mentale. Le trio aborde les préjugés et les tabous liés à la santé mentale. Des chansons viennent se greffer à leurs témoignages.

«Essentiellement, la foule écoute un partage entre trois gars qui s’ouvrent sur beaucoup de sujets dont habituellement les gars n’osent pas trop parler. Je trouve ça bien le fun d’incorporer de la musique.»

Le trio commencera cette série de spectacles en février 2020.

Pour sa part, Frank Williams offrira un extrait de son spectacle solo le 8 novembre, à la Caserne de Dieppe, dans le cadre de la FrancoFête en Acadie.