Des exposants insatisfaits critiquent le Salon du livre de Dieppe

Des éditeurs qui avaient un stand au 29e Salon du livre de Dieppe dressent un bilan mitigé de l’événement. D’après ceux-ci, l’achalandage a été moindre qu’en 2018, tout en soulevant quelques problèmes de logistique.

Si les responsables du Salon du livre de Dieppe étaient plutôt satisfaits à l’issue de la tenue du salon, du côté de certains exposants, notamment des éditeurs, c’est un son de cloche différent. L’organisation n’a pas été à son meilleur cette année, notent-ils. Ils ont soulevé, entre autres, une baisse de la circulation, des problèmes de communication avec la direction avant la tenue du salon, des lancements mal annoncés ou inexistants, des conférences déplacées sans que personne ne le sache et l’absence de repas servis dans le salon des auteurs et des exposants.

«Grosso modo, je ne suis pas satisfait du tout», a déclaré le directeur des Éditions La Grande Marée, Jacques P. Ouellet.

«D’habitude, tous les ans, avec les directrices précédentes, on nous organisait un lancement collectif et c’était inscrit dans le programme.

Cette année, on nous a complètement oubliés et on a dû s’arranger avec un technicien pour avoir une quinzaine de minutes pour présenter nos 12 nouveautés», a laissé tomber l’éditeur.

Si des activités comme les animations jeunesse et conférences ont été très courues, il reste que certains entretiens avec des auteurs ont été présentés devant des salles presque désertes.

Un salon plus tranquille

Les éditeurs s’entendent pour dire que c’était plus tranquille que par les années passées. Cette baisse de la fréquentation remarquée s’est ressentie dans les ventes pour certains exposants, tandis que d’autres assurent qu’ils ont fait de bonnes affaires.

Serge Patrice Thibodeau des Éditions Perce-Neige qui depuis quelques années n’est pas présent physiquement au salon a tout de même un kiosque avec ses livres et des auteurs qui y sont invités. Or cette année, le salon lui a presque échappé puisqu’il n’a pas reçu de courriel de la direction avant la tenue de l’événement, afin d’assurer un suivi avec les auteurs invités.

Les éditeurs s’entendent pour dire que le salon a besoin d’être dynamisé afin d’attirer davantage de gens. Avec le bassin de population francophone dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, ils sont convaincus qu’il y a sûrement des moyens d’attirer plus de personnes.

«Je pense qu’on peut faire beaucoup mieux», a commenté le président des Éditions de la Francophonie, Francis Sonier.

Ils se disent prêts à discuter avec la direction du Salon du livre.

Le président du Salon du livre de Dieppe, Alain Roberge, qui a pris connaissance des commentaires laissés par les exposants admet qu’il y a eu quelques ratés sur le plan de l’organisation cette année. Il entend rencontrer le conseil d’administration afin d’en discuter plus en profondeur.

«On va réexaminer tout ça. Ce que l’on peut corriger, on va le corriger.»

Vers le 30e anniversaire…

Quant à l’achalandage, Alain Roberge précise qu’il n’a pas encore les données exactes sur les entrées au salon. Il faut dire que le salon tient aussi des activités à l’extérieur du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick à Dieppe.

Le Salon du livre a une nouvelle directrice, Phiauta Dantiste, qui est entrée en poste vers la fin de l’été, soit quelques semaines avant la tenue du salon. Le président estime qu’elle s’est bien tirée d’affaire malgré le défi qui l’attendait et le peu de temps dont elle disposait pour se familiariser avec l’événement. De plus, les organisateurs ont dû réajuster leur programmation en raison d’un retard dans leur financement.

Le président se dit prêt à rencontrer les exposants afin de discuter des façons d’améliorer le salon, surtout que ce sera le 30e anniversaire en 2020.

«L’an prochain, c’est le 30e anniversaire alors on veut faire quelque chose qui va sortir un peu de l’ordinaire. On est prêt à avoir une rencontre avec eux. Je crois que ce serait intéressant pour nous et pour eux de l’avoir, mais je vais en parler au conseil d’administration et à mon avis, il n’y aura pas de problème. Tout ce qu’on souhaite c’est que le Salon du livre puisse continuer pour une 30e année et les années à venir», a ajouté M. Roberge.