Près de 100 films de la francophonie au menu du 33e FICFA

Avec 90 films, dont 13 œuvres de l’Acadie à son menu, le 33e Festival international du cinéma francophone (FICFA), du 14 au 22 novembre, proposera une réflexion riche et variée sur le monde à travers le regard de cinéastes du Canada, de la France, de la Belgique, de l’Algérie, du Sénégal, de la Roumanie, du Maroc et de la Suisse.

Le vieillissement est au centre de plusieurs films cette année, fait remarquer la responsable de la programmation Dominique Léger, qui mentionne quelques œuvres qui abordent cette thématique.

On retrouve cette thématique notamment dans le film québécois, Il pleuvait des oiseaux, de Louise Archambault, sur l’histoire d’un groupe de personnes âgées habitant dans la forêt qui a trouvé une façon de s’émanciper.

Les cinéphiles pourront voir le plus récent documentaire d’Agnés Varda, Varda par Agnès. Dans cet autoportrait, elle revisite sa vie et sa carrière en cinéma, tout en n’ayant pas peur de parler de son âge.

Parmi les coups de coeur de la programmatrice, se trouve le documentaire sur la lutte Les derniers vilains, mad dog & the butcher de Thomas Rinfret qui porte sur le récit d’un ex-lutteur de 86 ans qui raconte sa vie.

«Ce film a été une surprise pour moi. Ça met en scène un vieux lutteur connu dans les années 1970 et il raconte un peu sa vie et l’histoire de la lutte avec tous les enjeux. Il a 86 ans et il est très vulnérable et il est fort dans cette vulnérabilité. C’est super intéressant et je pense que c’est super valorisant de voir ces gens-là. J’étais vraiment émue», a exprimé Dominique Léger.

La sélection 2019 comprend 60 courts métrages et 30 longs métrages documentaire, de fiction et d’animation. On y retrouve notamment le film Antigone de Sophie Deraspe couronné du prix du meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto et choisi pour représenter le pays aux Oscars.

Les drames Réservoir de Kim St-Pierre, Matthias et Maxime, de Xavier Dolan, et Atlantique, de Mati Diop, lauréat du grand prix au Festival de Cannes 2019, seront à l’affiche du festival.

Le FICFA accueillera plusieurs réalisateurs, dont Louise Archambault, André Forcier et Kim St-Pierre.

Les films acadiens

Tel qu’annoncé, la soirée d’ouverture au Théâtre Capitol sera 100% acadienne avec le premier long métrage de fiction, Pour mieux t’aimer, de Gilles Doiron et Denise Bouchard, précédé du court métrage C’est le rock que j’ai aimé, d’Angie et Tracey Richard.

Présent au dévoilement de la programmation à Dieppe, mercredi,Gilles Doiron avait des étoiles dans les yeux.

«Je suis super excité de pouvoir le partager avec les gens d’ici parce que c’est avec les gens d’ici qu’on a fait le film. C’est 100% acadien, ce qui est assez rare. Dans cette production, tout le monde était du Nouveau-Brunswick, l’équipe technique et les comédiens. On voulait prouver au monde que ça se fait un film 100% acadien, avec un microbudget», a déclaré le cinéaste et producteur Gilles Doiron.

Tourné l’hiver dernier principalement dans la Péninsule acadienne, le film sort tout juste de la postproduction. Le réalisateur précise que réaliser un film avec un budget de 250 000$ n’aurait pas été possible sans la générosité de toute la collectivité.

Le nouveau documentaire de Paul Émile D’Entremont, Franchir la ligne, qui porte sur l’homosexualité dans le sport amateur et professionnel, sera à l’affiche du FICFA.

Le royaume perdu de Julien Cadieux et La force du rire d’André Roy, ainsi que dix courts métrages acadiens figurent à la programmation. La sélection comprend, entre autres, la plus récente réalisation de Phil Comeau, Belle-île en Acadie, qui vient tout juste d’être terminée, à temps pour le FICFA.

Au programme des courts métrages acadiens, les cinéphiles retrouveront des cinéastes émergents qui reviennent au FICFA comme David Losier, André Melanson et Mélanie Léger.

Fidèle à l’événement, Jeep Jones présentera sa plus récente création cinématographique, Moncton Man.

Pour davantage de cinéma en français

Tour à tour, des intervenants ont profité de la tribune que leur offrait le FICFA pour rappeler haut et fort que les citoyens de Moncton et Dieppe aiment voir du cinéma en français tous les jours de l’année et pas seulement le lundi.

La représentante du conseil d’administration de Téléfilm Canada et citoyenne de Moncton, Marie-Linda Lord, a souligné l’importance du cinéma français dans la région. Cette réflexion fait référence aux lundis francos au Cinéplex à Dieppe qui offre un film français un lundi par mois.

«Effectivement, on aime regarder du cinéma en français pas que les lundis», a renchéri la Cheffe de poste du Bureau du Québec dans les provinces atlantiques, Julie Bissonnette, immédiatement appuyée par le consul général de France à Moncton et Halifax, Johan Schitterer.

Des activités parallèles

Au-delà de la programmation régulière au théâtre l’Escaouette et au Cinéplex de Dieppe, le FICFA offre aussi une série d’activités parallèles et un volet d’art médiatique. Des expositions, des conférences, des ateliers de formation, des séances de projection spéciales, une fête costumée et la remise des prix La Vague compléteront le menu des cinéphiles.

Les prix seront remis cette année dans le cadre d’un 5 à 7 le jeudi 21 novembre au Centre culturel Aberdeen. Huit prix seront décernés.

Les trois jurys rassemblent des artisans du milieu du cinéma et des arts, dont le preneur de son et cinéaste Georges Hannan, le réalisateur Pascal Plante, l’artiste et architecte Marika Drolet-Ferguson, la réalisatrice Samara Chadwick et la poète et directrice générale du Festival littéraire Frye, Émilie Turmel.