The Rocky Horror Show: fantaisie, délire musical et parodie

Avec de l’exubérance, de l’énergie à profusion et des scènes plus farfelues les unes que les autres, la comédie musicale The Rocky Horror Show repose sur une solide distribution qui en met plein la vue.

À l’affiche de la Salle Empress du Théâtre Capitol à Moncton, du 31 octobre au 16 novembre, cette comédie musicale, mise en scène par Marshall Button, a un côté intimiste puisqu’elle est présentée dans la petite salle du théâtre de 143 places. Le public fait partie du spectacle.

«L’idée, c’est que l’Empress comme tel devient un personnage. Il y a plusieurs moments où les comédiens sont avec le public», a mentionné le directeur artistique.

Créée par Richard O’Brien en 1973 à Londres, la pièce The Rocky Horror Show est en fait une parodie des films d’épouvante et de science-fiction de série B. Plusieurs se souviendront aussi de l’adaptation cinématographique The Rocky Horror Picture Show, parue en 1975, qui est devenue un film culte. Joyeux délire musical rock’n’roll où le sexe et la séduction sont à l’honneur, cette œuvre nous entraîne dans une histoire complètement rocambolesque. Un jeune couple de fiancés, Janet et Brad, se retrouvent par inadvertance dans un château où ils feront la rencontre de personnages étranges sous l’emprise d’un scientifique un peu fou, Frank-N-Furter, venu de la planète Transexual de la galaxie Transylvania.

 

Une grande farce

À l’époque où la pièce a été créée, elle a eu effet provocateur. Aujourd’hui, ce genre de thématique est plus dans l’air du temps et ne choque plus nécessairement. Marshal Button a donc misé sur la farce et c’est réussi.

On assiste donc à une immense caricature hautement divertissante. D’abord, soulignons la performance éclatante de Danik McAfee dans la peau du personnage iconique de Frank; un travesti bisexuel flamboyant à la sexualité débridée qui vient de créer son homme idéal, Rocky, plein de muscles, mais sans un gramme de cervelle. Le comédien de Gatineau établi à Toronto qui a des origines autochtones a déjà plusieurs productions musicales et pièces de théâtre à son actif. Il s’est produit notamment dans le spectacle The Dream Catchers qui a tourné aux Maritimes.

«Ce rôle c’est toute une machine, mais je pense que je l’ai l’attaqué avec beaucoup d’énergie, d’essais et erreurs ainsi qu’avec beaucoup de plaisir. D’avoir Marshall Button qui me guidait c’était excellent, mais c’était vraiment tout un défi. Le plus grand défi c’est de rendre hommage à Tim Burton (réalisateur du film) et Richard O’Brien parce que c’est un personnage assez légendaire parce que les gens qui connaissent le film ou la comédie musicale vont venir voir le show avec des attentes pour le personnage», a déclaré Danik McAfee, en entrevue à l’issue de l’avant-première, mercredi.

Ce dernier apporte un peu de sa culture autochtone dans le personnage.

«Je peux l’aborder avec mon bagage autochtone. Souvent dans la culture autochtone, avoir les deux sexes dans le même corps est considéré comme des ‘‘bispirituels’’ qui ont une plus grande ouverture d’esprit», a poursuivi le comédien et chanteur au grand charisme.

Selon lui, le véritable personnage central de cette pièce est le public. Contrairement aux grandes productions musicales du Théâtre Capitol, cette fois-ci l’orchestre est sur la scène. Les cinq musiciens dirigés par François Émond interagissent parfois avec les comédiens. La distribution comprend 15 acteurs, chanteurs et danseurs du Nouveau-Brunswick et d’ailleurs au Canada. S’il y a des imperfections dans les chorégraphies, c’est qu’elles contribuent justement à cette grande farce.

Parmi les comédiens figure l’auteur-compositeur-interprète et vidéaste Kevin McIntyre qui, pour la première fois, se retrouve sur la scène d’une comédie musicale au lieu d’agir en coulisses. Il confie qu’il a un plaisir immense et qu’il s’estime choyé de jouer avec une équipe aussi talentueuse.

«C’est un beau défi que j’avais décidé de relever et je tripe pas mal fort. Pour la production en théâtre, j’étais souvent en arrière. C’est vraiment plaisant d’être en avant et c’est une méchante belle gang de monde qui arrive d’un peu partout au pays. C’est un plaisir fou de faire ce spectacle dans celle salle et d’être proche des gens.»

L’Acadien de Moncton incarne le Dr Scott et le personnage d’Eddie. La transformation est assez étonnante.

Lors de l’avant-première, il restait encore quelques ajustements à apporter au spectacle, notamment au niveau du son. Marshall Button a pris en note ces petites imperfections qu’il compte régler avant la première.

Produite par le Théâtre Capitol, la comédie musicale The Rocky Horror Show est présentée jusqu’au 16 novembre pour un total de 14 représentations.