FrancoFête en Acadie: fenêtre sur la danse comme moyen de résister

Au-delà de la chanson et de la musique qui occupent la plus grande part de la FrancoFête en Acadie, la danse, le théâtre, les arts du cirque et de la parole ont aussi leur place dans ce marché francophone du spectacle. Parmi les quelques offres en danse, figure la compagnie DansEncorps de Moncton qui propose une œuvre explorant la résistance.

Thème très vaste, la résistance peut être à la fois celle de l’être humain et celle d’un peuple qui résiste à toute forme d’envahissement. La directrice artistique de DansEncorps, Chantal Cadieux, avait envie de créer une chorégraphie autour de cette thématique. Elle a fait appel au chorégraphe et danseur Charles Brecard avec qui la compagnie travaille depuis trois ans. Il est d’ailleurs l’un des interprètes d’une autre production de la compagnie pour la petite enfance Respire par le nez.

D’une durée de 30 minutes, la pièce Résistance incarnée par quatre interprètes sera présentée dans sa version intégrale à la FrancoFête, jeudi soir. Cette pièce donnera le coup d’envoi à une série de six vitrines présentées au Théâtre Capitol. C’est un spectacle qui s’adresse aux adolescents et au grand public.

«Avec ce concept de la résistance, c’est soit qu’on suit le courant ou qu’on résiste. Si on résiste, il y a des conséquences à ça qui sont exigeantes et qui nous amènent par ailleurs à nous développer. Si on suit le courant et qu’on ne prend pas position, la vie défile et on passe à côté de sa propre destinée», explique Chantal Cadieux qui a agi comme mentor dans la création de cette œuvre.

Elle raconte qu’elle a commencé à travailler sur le thème du territoire il y a environ deux ans. Parallèlement à ses recherches, Charles Brecard s’est intéressé aux racines culturelles dans sa pratique artistique.

Originaire de la Nouvelle-Calédonie, il s’est établi au Québec pour poursuivre une carrière en danse. Le danseur s’est penché aussi sur la culture de l’Acadie et la place que la danse occupe dans la société acadienne.

«Il trouve qu’on est un peuple très résistant donc on a travaillé sur ce thème-là. Il n’y a pas eu beaucoup de danse dans notre peuple et il a compris le travail que j’ai fait depuis 40 ans pour garder la danse présente dans notre société et essayer de révolutionner le corps tabou.»

Selon celle-ci, il y a des parallèles à faire avec les origines vietnamiennes et françaises du chorégraphe.

«Son folklore à lui est quand même très présent dans sa gestuelle et nous aussi. Aussitôt qu’on sort de tapage du pied, ça devient un peu comme osé, donc on a travaillé là-dessus.»

Résistance s’ouvre sur une danse une peu discrète sous la table sans trop prendre de place pour ensuite se révéler au grand jour, s’affirmer et jouer sur le thème de la résistance. Chantal Cadieux se réjouit de pouvoir présenter toute la pièce à la FrancoFête. Cette œuvre fera partie d’un plus grand spectacle qui comprendra deux autres chorégraphies Terre natale et Prototype.

«Les deux autres pièces qui vont accompagner la tournée sont aussi dans cette thématique, mais en s’en allant vers le futur. Dans 50 ou 100 ans d’aujourd’hui, comment serons-nous capables de danser si l’air que nous respirons n’est plus sain?», a soulevé Chantal Cadieux.
La directrice prévoit que la création de cette nouvelle production sera complétée d’ici septembre 2020.