Il pleuvait des oiseaux: ode à l’amour et à la liberté

À l’image du roman de Jocelyne Saucier, le film Il pleuvait des oiseaux nous transporte, nous émeut et nous réconcilie avec l’être humain. L’amour est au centre de cette œuvre pleine de lumière.

«Je trouve que dans la vie, il y a pas mal trois éléments qui nous importent, peu importe sa condition, sa culture, son parcours, son passé et sa religion; c’est aimer, être aimé et avoir sa dignité. Après ça, on a différents parcours. J’aime bien à travers les personnages retourner à l’essentiel et j’ai l’impression que je me retrouve à travers ça», a déclaré la cinéaste Louise Archambault qui présente son 3e long métrage de fiction au FICFA.

Cette cinéaste a le don de porter à l’écran des gens qui vivent un peu en marge, comme dans son film Gabrielle qui met en scène une jeune femme ayant une déficience intellectuelle. Cette fois, elle nous amène dans l’univers de trois vieillards qui vivent reclus dans la forêt. Si elle a choisi une trame narrative plus classique que dans le livre pour les besoins du récit cinématographique, il reste qu’elle propose une œuvre solide et émouvante qui rend justice au roman de l’auteure originaire du Madawaska, Jocelyne Saucier.

Autant on est touché et bouleversé par le livre, autant le film arrive à mettre en lumière ces personnages plus grands que nature. Il pleuvait des oiseaux raconte l’histoire de trois vieux ermites Tom (Rémi Girard), Charlie (Gilbert Sicotte) et Boychuck (Kenneth Welsh) épris de liberté. Pour différentes raisons, ils ont choisi de vivre dans les bois, loin de la vie urbaine. Le doyen des ermites, Boychuck, considéré comme une légende, qui a survécu aux grands feux ayant fait rage dans la région, meurt subitement. Celui qui s’adonnait à la peinture laisse après sa mort plusieurs tableaux qui sont entreposés dans une cabane. Une photographe (Éve Landry) à la recherche des survivants des grands feux, débarque de façon fortuite dans leur repère sur le bord d’un lac. Entre-temps, Steve, gérant de l’hôtel du coin, aide sa tante octogénaire, Gertrude alias Marie Desneiges (Andrée Lachapelle), à s’enfuir de son centre psychiatrique où elle a été enfermée injustement depuis l’âge de 16 ans. L’arrivée de cette femme lumineuse et de la photographe dans la forêt des trois ermites bouleversera la vie de Tom et Charlie.

Un amour naîtra entre Charlie et Marie Desneiges. Cette femme dont la vie a été usurpée retrouve peu à peu le goût de vivre aux côtés de Charlie. Pour une première fois, tout est possible, même l’amour. Il y a aussi son ami Tom, un vieil alcoolique têtu, qui exprime ses émotions et sa vulnérabilité par la chanson.

Tourné dans la réserve faunique des Laurentides, le film montre des paysages magnifiques. C’est un très beau film avec des moments tellement émouvants qu’on verse même quelques larmes.

Louise Archambault s’intéresse dans ses films à l’ouverture sur l’autre et à la différence. «Je trouve que c’est une histoire qui est plus grande que nous tous. La petite histoire de chacun fait en sorte qu’on a de l’espoir après en l’humain.»

Le désir

Parallèlement à la vie en forêt, la photographe cherche à monter une exposition de ses photos et des peintures de Boychuck très révélatrices de son parcours difficile. Sa famille a été décimée par les grands feux et pour différentes raisons, il a choisi de s’isoler dans la forêt et de se détourner de l’amour qu’il aurait pu vivre.

Les acteurs sont remarquables dans ce film. Les scènes sur le lac ou encore les moments plus intimes entre Charlie et Marie Desneiges sont particulièrement touchants. Andrée Lachapelle, qui avait 86 ans au moment du tournage, jouait pour la première fois une scène d’amour à l’écran. La réalisatrice a voulu montrer le désir qu’il y avait entre les deux amoureux.

«C’est toujours stressant pour tous les acteurs de tous les âges de faire des scènes d’amour. J’avais envie de les magnifier, qu’ils soient beaux, que le désir transperce. J’avais envie qu’après avoir vu ça, les gens disent: moi aussi j’ai envie d’être serré et de toucher l’autre.»

La musique est aussi importante dans ce film. Si vous êtes bien à l’écoute, vous entendrez à un moment une chanson de Lisa LeBlanc. Le drame Il pleuvait des oiseaux est présenté ce dimanche à 15h au Cinéplex. La séance affiche déjà complet. Louise Archambault sera présente à la séance. Même si ces films (Gabrielle et Familia) ont déjà été à l’affiche du FICFA, c’est la première fois que la cinéaste participe au festival.