FICFA: Pour mieux t’aimer et Le grous poisson repartent avec les honneurs

Le drame Pour mieux t’aimer de Gilles Doiron et Denise Bouchard a remporté la Vague Léonard-Forest du meilleur long métrage acadien au 33e Festival international du cinéma francophone en Acadie.

À la veille de la clôture, le FICFA a remis ses prix du jury lors d’une réception à la Salle Bernard-LeBlanc à Moncton. Pour les œuvres acadiennes, ce sont des duos de cinéastes qui ont été récompensés. En plus du tandem formé par Gilles Doiron et Denise Bouchard, les sœurs Angie et Tracey Richard ont mis la main sur la Vague du meilleur court métrage acadien pour le film Le grous poisson. Le jury a salué la délicatesse et la sensibilité de leur proposition artistique, l’intégration poétique de l’infographie et l’intelligence du rapport entre image et oralité. Cette œuvre expérimentale explore la sonorité des mots et effectue un parallèle entre l’Acadie du sud-est du Nouveau-Brunswick et la Louisiane.

«C’est incroyable. On est vraiment honoré de se faire dire qu’on mérite un prix. C’est vraiment un bon feeling et ça nous encourage beaucoup pour le futur», a déclaré Angie Richard.

Ce prix est assorti d’une bourse de 5000$ de l’ACIC/ONF en service technique. La sélection de courts métrages acadiens comptait dix œuvres.

Dans la catégorie des moyens et longs métrages acadiens, le jury a choisi de récompenser le film de Denise Bouchard et Gilles Doiron qui raconte le parcours tortueux d’une famille de Maisonnette dans la Péninsule acadienne, dont celui de Léo, incarné brillamment par Pierre-Guy Blanchard. La narration surprenante qui fait rire tout en réussissant à émouvoir et l’idée que cette production soit portée par toute une communauté ont séduit le jury. Deux autres films étaient en compétition dans cette catégorie.

«Lorsqu’on est embarqué dedans on y a cru jusqu’au bout. Le parcours a été dur, mais on sait qu’on est capable de faire des choses ensemble», a exprimé avec émotion Denise Bouchard qui a tenu à partager ce prix avec l’ensemble de l’équipe, dont le monteur Martin Goguen.

Gilles Doiron a été profondément touché non seulement par le prix, mais par l’ovation du public lors de la première.

«Ça me confirme que déménager à nouveau chez nous au Nouveau-Brunswick, c’était le bon choix. Je vois que l’industrie est en train de se bâtir et de pouvoir faire des projets ambitieux comme ceci et avoir un prix et l’appréciation du public, ça vaut tout. Moi je reste ici pour la vie!», a-t-il affirmé.

Denise Bouchard a lancé un appel aux institutions de la province les invitant à appuyer l’industrie du cinéma, leur rappelant qu’il y a des gens qui ont envie de rester en Acadie pour travailler en cinéma au lieu d’aller ailleurs.

«C’est une belle industrie de l’avenir parce que ce qui se fait ici est assez unique et on a notre propre couleur», a exprimé la réalisatrice et scénariste.

Le jury conquis

Le drame Kuessipan de Myriam Verreault sur l’histoire de deux amies inséparables qui grandissent dans une communauté innue a reçu la Vague du meilleur long métrage de fiction canadien. Cette œuvre a conquis le jury pour sa représentation humaine et lumineuse de ses protagonistes. Il estime qu’il s’agit d’une œuvre importante et un réel film de réconciliation. Myriam Verreault qui a développé une histoire d’amour avec le FICFA depuis dix ans a raconté que le Festival a été un peu le géniteur de cette production puisque c’est à Moncton qu’elle a rencontré la productrice et que l’idée a fait son chemin.

Pour la Vague du meilleur long métrage documentaire, le jury a hésité entre deux films aux approches différentes. C’est pourquoi il a décidé de donner une mention spéciale au documentaire très touchant Les derniers vilains, Mad Dog & The Butcher de Thomas Rinfret.

La Vague du meilleur documentaire a été décernée au film La langue est donc une histoire d’amour d’Andrés Livov. Il s’agit d’un film sobre et lumineux qui humanise un sujet d’actualité complexe.

C’est le drame français Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma qui a été couronné meilleur long métrage international. La justesse des performances d’actrices, la finesse du scénario, la précision de la mise en scène et le romantisme intemporel ont fait palpiter le coeur du jury.

Ce film qui a également obtenu le prix du scénario au Festival de Cannes clôturera le FICFA vendredi. La séance affiche déjà complet.

La Vague du meilleur court métrage canadien est allée au film Clebs de Halima Ouardiri, tandis que Le Chant d’Ahmed de Foued Mansour a obtenu les honneurs dans la catégorie du court métrage international. Le jury a accordé une mention spéciale au court métrage canadien Delphine de Chloé Robichaud.

Les trois jurys étaient formés de professionnels du cinéma. Le travail du réalisateur acadien Paul Émile d’Entremont (Franchir la ligne) a été salué par l’Association des documentaristes du Canada (DOC).

La Vague coup de coeur du public sera annoncé, vendredi, à la clôture du FICFA.