Un succès renouvelé pour le FICFA

Avec une légère augmentation de son assistance, le grand rendez-vous du cinéma francophone en Acadie a été marqué par plusieurs moments forts. Selon la responsable de la programmation, Dominique Léger, l’enthousiasme des festivaliers a été particulièrement fort cette année.

Le 33e Festival international du cinéma francophone en Acadie a rejoint un peu plus de 19 000 personnes, dont 12 000 élèves dans le cadre de la tournée scolaire du festival dans différentes régions de la province. Il s’agit d’une hausse de quelques centaines de festivaliers comparativement à 2018.

Après ce marathon de neuf jours qui a proposé 90 films de la Francophonie, les organisateurs ont dressé un bilan très positif de l’événement.

Au moins six séances de projection ont été présentées à guichets fermés. Mentionnons notamment Il pleuvait des oiseaux, Antigone, Matthias et Maxime, les films acadiens Le royaume perdu, Belle-Île en Acadie et la Force du rire ainsi que le drame historique Portrait de la jeune fille en feu qui a clôturé le festival au théâtre l’Escaouette vendredi.

Dominique Léger a été touchée par l’engouement du public et l’énergie positive des festivaliers.

«Même si le nombre de festivaliers reste sensiblement le même, je pense que cette année, l’énergie des gens était différente. Ils étaient excités de voir les films, ils se parlaient beaucoup entre eux. On dirait qu’on l’a beaucoup plus ressenti cette année. On a eu des invités de l’extérieur qui ont été vraiment actifs dans la communauté», a exprimé la responsable de la programmation.

Le programme a offert un beau mélange d’oeuvres qui ont ému, fait sourire tout en suscitant des réflexions. Parmi celles-ci, se trouve le film La langue est donc une histoire d’amour d’Andrés Livov, sacré meilleur documentaire par le jury du FICFA.

Dominique Léger a eu un coup de coeur pour cette séance. Ce documentaire porte sur une classe d’immigrants adultes à Montréal qui apprennent le français.

«Dans le climat politique ici et spécialement au Québec, c’est un film très nécessaire. C’est un film qui est quand même léger, sensible et drôle portant sur un sujet assez lourd. Dans la salle, tout le monde avait un immense sourire aux lèvres. Il y a même une dame qui est allée voir le réalisateur pour lui dire qu’il avait carrément changé son opinion sur les immigrants. Pour moi, c’est pour ça qu’on est là, qu’on présente des films et c’est pour ça que le cinéma est tellement important.»

L’ouverture du FICFA avec la présentation de Pour mieux t’aimer de Denise Bouchard et Gilles Doiron (Vague du long métrage acadien) figure aussi parmi les moments coups de coeur de Dominique Léger. La réaction du public a été spectaculaire.

Le directeur général du FICFA, Marc Gauthier, a été touché par l’histoire de la réalisatrice du film Kuessipan, Myriam Verreault. Dans sa vidéo lors de la réception du prix du meilleur long métrage de fiction canadien, elle est venue confirmer que l’atmosphère et les discussions qu’elle a eues au FICFA ont été l’élément déclencheur de Kuessipan.

«Ce genre d’histoire me rend heureux», a confié le DG.

Les incontournables séances de projection du volet des arts médiatiques ont attiré de bonnes foules.

Comme nouveauté cette année, la remise de prix s’est tenue un jour avant la clôture lors d’un 5 à 7. L’événement a attiré surtout des artisans du cinéma et très peu de public. Marc Gauthier estime que la formule sera peut-être revue en jumelant la remise de prix à une projection.

«Ici, il faut qu’on essaie quelque chose deux ou trois fois avant de créer une habitude. Nous allons regarder ça.»

Le FICFA a accueilli une quarantaine de comédiens, producteurs et réalisateurs de l’extérieur du Nouveau-Brunswick, en plus des nombreux réalisateurs acadiens.

L’avenir des Lundis francos

Le succès du festival témoigne d’un réel intérêt pour le cinéma en français, note Dominique Léger. Les responsables du FICFA croient que la direction du Cinéplex est de plus en plus à l’écoute des cinéphiles de la région de Moncton et Dieppe. La responsable de la programmation a déjà eu des échos de ce qui s’en vient comme films francophones pour l’hiver au Cinéplex. Certaines de ces oeuvres ont été diffusée dans le cadre du FICFA.

«Évidemment, il y a de l’intérêt pour les films en français. Je pense que le Cinéplex est à l’écoute», a-t-elle mentionné.

Marc Gauthier rappelle que le Cinéplex est propriétaire des salles de cinéma de la région seulement depuis quelques années. Celui-ci se dit prêt à coopérer avec l’entreprise. Il souhaite entretenir un dialogue avec la direction de l’entreprise sur la sélection des films, l’ajout de séances ou encore la promotion des films présentés au Lundi franco.