Bonbon Vodou: la joie de la rencontre

Inspiré et nourri par l’exil, le duo français Bonbon Vodou débarque au Nouveau-Brunswick avec ses multiples instruments et sa musique ensoleillée qui invite aux voyages.

Sur la scène, un arsenal d’instruments de musique entoure ces deux musiciens globe-trotters. Aux guitares et ukulélés, se greffent la caisse en bois, les clochettes et une foule d’instruments hétéroclites fabriqués à partir d’objets recyclés tels qu’un bidon d’huile, des conserves, un couvercle de casserole et des bombes aérosol.

«En fait, ça part de JereM qui déjà à la maison tape sur tout. Il aime tester les sons et ça commence comme ça. En fait, tout est percussion. C’est assez vaste une fois qu’on commence à essayer ça. Ça nous plaît de voir comment ça sonne», a déclaré la percussionniste et chanteuse Oriane Lacaille, d’origine réunionnaise.

Bonbon Vodou c’est la rencontre entre les musiques du monde d’Oriane Lacaille et la chanson française du guitariste Jérémie Boucris, alias JereM. Basé en France près de la ville d’Angers, le duo qui a vu le jour, il y a quatre ans, en est à sa première tournée au Nouveau-Brunswick.

Leur passage à la FrancoFête 2018 a suscité beaucoup d’intérêt des diffuseurs de l’Acadie qui, par la suite, les ont invités à revenir de ce côté-ci de l’Atlantique afin d’offrir une série de concerts. Le duo donne des spectacles dans les écoles et pour le grand public.

Il propose un beau mélange de musiques du monde, de chanson française et de pop. La musicienne trentenaire Oriane Lacaille a déjà une longue expérience dans l’univers des musiques du monde. Elle a joué avec son père René Lacaille, un grand accordéoniste et guitariste de l’Île de la Réunion. De son côté, Jérémie Boucris, qui est d’origine tunisienne, conjugue musique africaine, créole et chanson française.

«J’ai toujours bien aimé les musiques de l’Afrique de l’Ouest et créole en général, et je les incorporais un peu à ma sauce dans la chanson française tandis qu’Oriane qui venait de la musique du monde avec son autre groupe est allée vers la chanson, donc on s’est rencontré à mi-chemin», a-t-il expliqué.

De solo à duo

Celui qui pendant plusieurs années a mené une carrière solo s’amuse à dire qu’un jour, il a eu envie de doubler ses effectifs. Quand il a rencontré Oriane Lacaille, il l’a invité à se joindre à lui. En l’espace de deux années, le solo s’est transformé en duo et ils ont choisi un nom.

Bonbon Vodou reflète le mariage entre le côté un peu sucré des chansons, la douceur des voix et les sujets un peu plus piquants et profonds et même parfois dérangeants, explique la percussionniste.

Les voyages inspirent et nourrissent leur musique. Ils composent la musique et écrivent les paroles tous les deux en optant pour une écriture sous forme de contrainte. Étonnamment, la contrainte amène la liberté.

«Ça peut nous amener sur des sujets assez variés. Ceci dit, il y a des sujets qui sont un peu récurrents comme l’exil qui nous parle beaucoup. C’est assez d’actualité et ça fait partie de nos histoires parce qu’on a des familles immigrées. On écrit pas mal de chansons aussi sur la joie de la rencontre… amoureuse et tout ça parce que c’est ça qui nous est arrivé», mentionne JereM.

Un deuxième album en préparation

Pour les écoles, le duo offre sensiblement le même spectacle que pour le grand public.

«C’est super parce que c’est assez spontané comme réaction les enfants.»

Après un premier album paru en décembre 2018, le duo travaillera sur la création d’un nouveau disque au cours de la prochaine année.

L’ensemble qui termine sa tournée canadienne, vendredi, à Dieppe a eu droit à un bel accueil partout où il est passé. Le duo s’arrêtera au Centre des arts de la petite église à Edmundston le 28 novembre puis à Dieppe le 29 novembre.

Au lieu du concert public qui était prévu à la Caserne de Dieppe, la formation offrira un spectacle scolaire à l’auditorium Mathieu-Martin pour les élèves du Carrefour de l’Acadie. Cette décision a été prise en raison du nombre insuffisant de billets vendus lors de la prévente.

Les deux musiciens en sont à leur quatrième visite au Canada et seront de retour au pays, notamment à Tadoussac et à Petite-Vallée, l’été prochain.