Jean-Guy Dominique: chanteur country et camionneur

Le parcours musical de Jean-Guy Dominique est assez atypique. Certains diraient même qu’il est un peu sorti de nulle part. Pourtant, le chanteur country du Nord-Ouest roule sa bosse depuis une vingtaine d’années.

Depuis le 9 novembre, le premier album du musicien et camionneur, âgé de 36 ans, Quel est ton nom, se retrouve au sommet du palmarès Plages-Propagande. Toutes les compositions sont originales. Certaines ont été co-écrites avec ses amis Hermil Levasseur et Charles Morneault.

«C’est mon premier album à vie. C’est vraiment nice. Je ne pensais pas que ça allait arriver de même pour être honnête. J’ai été vraiment chanceux», confie l’homme qui réside aujourd’hui à Grand-Sault.

La musique est au cœur de la vie de Jean-Guy Dominique, et ce, depuis son enfance. Les deux côtés de sa famille étaient de grands amateurs de la musique country. Sa jeunesse a été marquée par de nombreux souvenirs de soirées chantantes à la maison.

Une tragédie majeure est cependant à l’origine de son désir de réellement se lancer à fond dans la musique.

«Vers l’âge de 12 ans, j’ai commencé à suivre des cours de guitare avec mon ami Éric Soucy. On a pratiqué ensemble pendant une bonne année. Il est décédé dans un accident de VTT et c’est moi qui l’a trouvé. Après ça, je me suis toujours dit que j’allais toujours continuer de chanter et de jouer de la guitare. C’est lui qui m’a vraiment montré comment jouer. Il était mon idole.»

À partir de ce moment, Jean-Guy Dominique n’a jamais lâché prise. Même s’il n’avait pas encore l’âge légal pour le faire, il donnait des spectacles dans des bars de la région d’Edmundston. Plus tard, il a aussi fait partie de groupes locaux, dont les Country Swingers et les Cajun Cowboys.

«Je me suis beaucoup fait connaître avec les chansons de Paul Dwayne. J’aime le country américain, mais aussi le country acadien. Je m’inspirais beaucoup de Hert et Rhéal LeBlanc et ainsi de suite. J’aime beaucoup leur musique. J’aime les vieux chanteurs de country américain comme Merle Haggard, mais c’est bien d’inclure notre petit grain de sel acadien. J’ai essayé de tout gober ça pour présenter un album avec une couleur différente.»

Comme plusieurs autres jeunes chanteurs acadiens, Jean-Guy Dominique a aussi tenté de suivre les chemins populaires en passant les auditions de Star Académie, La Voix et Canadian Idol, mais sans succès.

«Je me suis quand même rendu loin dans les auditions, mais on me disait que j’étais trop country pour eux. Ils me conseillaient d’aller à Nashville plutôt. Je ne suis jamais allé, mais j’ai continué de jouer.»

Raconter le quotidien

Jean-Guy Dominique aime particulièrement la musique country, car il s’agit d’un bon moyen de raconter de simples histoires du quotidien.

Dans sa chanson, Quel est ton nom, le chanteur s’est inspiré de l’histoire de sa propre grand-mère qui souffre de la maladie d’Alzheimer.

«Souvent, ce sont des histoires qui touchent tout le monde. Il n’y a pas seulement toi dans la vie qui a vécu ça. La musique parle pour elle même. Les histoires touchent autant les jeunes que les adultes et les personnes plus âgées. Tu vas chercher un petit quelque chose chez tout le monde pour faire ta musique.»

Certaines chansons de son premier album ont été coécrites avec ses amis Hermil Levasseur et Charles Morneault.

À l’heure actuelle, Jean-Guy Dominique réussit à mettre du pain sur la table grâce à son travail de camionneur. Il espère que le succès de son premier album lui permettra d’enfin gagner sa vie avec sa musique.

«J’aimerais beaucoup ça. Je suis présentement en phase de création de mon deuxième album que j’espère lancer dans un an et demi environ. Quand je vois quelqu’un comme Laurie LeBlanc connaître autant de succès, c’est inspirant. L’important c’est de rester humble. Parfois un petit allô, un comment ça va et un merci peut mener loin.»