25 ans plus tard, Les Païens font leurs adieux

Après un quart de siècle d’existence, le groupe Les Païens tire sa révérence. Cette formation jazz-rock électro de Moncton qui a laissé sa marque dans le paysage musical donnera un concert d’adieu le 21 décembre, soulignant ainsi le 25e anniversaire de sa première prestation publique.

Le quintette formé de Jean Surette, Denis Surette, Marc «Chops» Arsenault, Sébastien Michaud et Jonah Haché a décidé de prendre une pause indéfinie. Tous très occupés à divers projets, les membres estiment que le temps est venu de se retirer de la scène comme groupe. Ce qui ne les empêchera pas de temps à autre de participer à certains événements, comme le Festival Frye et sa légendaire soirée de poésie le Frye Jam.

«Avec tous nos horaires professionnels et personnels, c’est de plus en plus un défi de s’organiser pour pouvoir faire des spectacles et des projets, surtout pour les albums. On venait de finir un cycle pendant lequel on a sorti un album, on a tourné et on a fait un vidéoclip. En plus, c’est notre 25e anniversaire et on trouvait que c’était un bon moment pour prendre une pause et se concentrer sur d’autres projets», a expliqué Jean Surette.

Le groupe ne ferme pas complètement la porte, mais pour l’instant, il ne planifie rien pour l’avenir, ni album ni spectacle.

«Si je compare ça à un ordinateur, c’est qu’on est en train de le fermer, mais à un moment donné on peut toujours le redémarrer.»

En 25 ans, le groupe a sorti neuf albums officiels, le dernier étant Carte noire qui a récolté des prix de l’Association de la musique de la côte Est et de Musique NB. Reconnue comme un des symboles de l’Acadie urbaine, cette formation a été d’à peu près toutes les manifestations artistiques: soirées de poésie, lancements de livre, festivals, grands spectacles. «Je dirais qu’il y a toujours un Païen quelque part», avait affirmé en entrevue l’ex-réalisateur à Radio-Canada, Léo Thériault, à l’occasion des 20 ans du groupe.

Les Païens ont joué dans les plus grands festivals au pays, dont le Festival de jazz de Montréal, les Francofolies et le Harvest Jazz & Blues Festival à Fredericton. Spécialiste de l’improvisation musicale, le groupe surtout instrumental a également joué dans des festivals en Europe.

En 25 ans, l’industrie musicale s’est transformée considérablement et la formation a dû naviguer à travers ces changements. Né dans l’ère du mythique Kacho, le groupe est passé de la cassette à la musique numérique, rappelle Jean Surette.

Celui qui dirige aussi Musique NB admet que la situation n’est pas facile pour les artistes en musique surtout en développement.

«Les artistes ont beaucoup de poids sur leurs épaules, de produire des disques et des spectacles ou des vidéoclips sans beaucoup de revenus. On dépend beaucoup des subventions… Pour vraiment essayer de faire carrière, c’est un défi, mais je considère que nous (Les Païens) sommes dans une position privilégiée comparée à d’autres artistes qui sont en développement.»

La formation quitte donc la scène sur une bonne note.

Le parcours

Les Païens ont donné leur premier spectacle le 21 décembre 1994 au bar étudiant le Kacho à Moncton. En 25 ans, le noyau du groupe est demeuré sensiblement le même. Le multi-instrumentiste Sébastien Michaud s’est joint au groupe, il y a 20 ans, solidifiant ainsi le quintette.

«Aussitôt que Sébastien s’est ajouté, c’est comme si c’est venu ajouter un élément qui manquait», a affirmé Jean Surette.

Rare sont les groupes musicaux qui durent aussi longtemps. Le percussionniste admet que cela comporte certains défis et qu’il faut être persévérant. Pendant toutes ces années, la formation a vu passer quelques musiciens. Le cinquième Païens, Jonah Haché, a apporté une touche d’électro à la formation.

La formation a choisi de dire au revoir à ses admirateurs le 21 décembre dans un grand concert au Centre culturel Aberdeen, pour le solstice d’hiver. Intitulé J’ai dit bon à la mémoire du premier album, ce spectacle d’adieu réunira aussi plusieurs artistes invités, des collaborateurs de longue date.

«On voulait absolument impliquer des gens avec qui on a partagé la scène ou des gens qui ont fait partie du groupe parce que le groupe a beaucoup changé depuis le début même si les trois ou quatre originaux sont toujours là.»

On retrouvera donc Andrew Creeggan qui a réalisé et joué sur leurs albums, des anciens membres comme Frederick Hétu, Glen Deveau et Chris LeBlanc qui va venir chanter quelques pièces.

D’ici au 21 décembre, le groupe partagera quelques nouveautés musicales sur ses plates-formes numériques.

Le spectacle sera présenté le 21 décembre à 20h à la Salle Bernard-LeBlanc du Centre culturel Aberdeen à Moncton.