Cinéma: un appui de taille pour Pamela Gallant

La cinéaste Pamela Gallant a mis la main sur un prix important d’une valeur de 200 000$ pour réaliser son premier long métrage de fiction Monica’s News. Cet honneur qu’elle a remporté au Festival de films de Whistler 2019 lui fournit le tremplin nécessaire pour entamer son projet qu’elle espère tourner dans les provinces maritimes en 2021.

La patience et la persévérance figurent assurément parmi les qualités indispensables pour réussir à percer dans le domaine de la fiction en cinéma au Canada. Jusqu’à cette semaine, Pamela Gallant était sur le point d’abandonner son projet de film sur lequel elle travaille depuis une dizaine d’années. Puis, sa vie a pris un nouveau tournant cette semaine en recevant cette récompense au Festival de films de Whistler appelé The Women in the Director’s Chair (WIDC) 2019 Feature Film Award.

Cet honneur est assorti d’une bourse de 200 000$ en service technique et en location d’équipement. C’est ce que ça lui prenait pour redonner un élan à son projet.

Avec ce premier appui financier de la WIDC, elle pourra approcher d’autres bailleurs de fonds pour décrocher le financement nécessaire à la production de son long métrage.

«Maintenant que j’ai ça, ça me permet d’aller chercher les autres sous pour financer le film. C’est comme le premier vote de confiance de l’industrie du cinéma pour dire: on croit dans ton projet», a affirmé la cinéaste acadienne établie depuis peu à Halifax.

Ce prix vise à encourager les femmes cinéastes au Canada à réaliser leurs films. Pendant longtemps, les Canadiennes étaient pratiquement absentes de la réalisation cinématographique. Aujourd’hui, avec des initiatives comme celle-ci et les mesures récentes à Téléfilm Canada, les femmes commencent à prendre leur place, souligne Pamela Gallant. Au Festival de films de Whistler, 40% des films étaient réalisés par des femmes, a-t-elle fait remarquer.

«Ce sont des programmes qui fonctionnent et ça aide. Ce n’est pas un privilège qu’on demande, c’est juste qu’on est 50% de la population et on aimerait que ça se reflète dans nos films à l’écran.»

L’histoire de Monica’s News a aussi un aspect féministe. L’histoire se déroule dans un petit village des Maritimes en 1974, à la veille de l’année internationale des femmes. Une petite fille âgée de 9 ans cherche à avoir les mêmes droits que ses frères aînés. Elle devient la première fille de son village à livrer le journal à domicile. La jeune camelot sera ainsi témoin de ce qui se passe dans les maisons des gens.

Pamela Gallant raconte qu’elle a imaginé ce scénario un peu à partir de sa propre expérience de camelot dans son village à l’Île-du-Prince-Édouard. Du moins, c’est le point de départ. Après, c’est de la fiction. Celle qui a vécu aussi à Moncton a réalisé une quarantaine de documentaires et de courtes fictions, en plus d’avoir travaillé comme monteuse de films. Elle travaille en français et en anglais. L’histoire de Monica’s News lui est venue en anglais.

«J’ai grandi dans les deux langues même si je suis Acadienne et que j’allais à l’école en français, mon village était bilingue. On parlait beaucoup anglais dans la rue.»

Le jury qui lui a décerné son prix s’est basé sur le scénario et l’expérience de l’équipe de réalisation et de production. Pour mener à bien son projet, Pamela Gallant est entourée de trois productrices.