André Poirier: de la chirurgie vasculaire à la photographie de voyage

Parcourant la planète, le photographe André Poirier est toujours à la recherche de nouveaux paysages qui sortent de l’ordinaire. Il a développé une expertise qui donne un effet éblouissant à ses images qui semblent prendre vie devant nos yeux.

D’abord un passe-temps pour se détendre, la photographie est devenue au fil des années une véritable passion pour le chirurgien vasculaire à l’Hôpital de Moncton.

«Mon travail est vraiment stressant comme chirurgien vasculaire et la photo aide à me déstresser. J’ai besoin de ça. Tous les deux mois, on part en voyage pour prendre des photos», a déclaré André Poirier en entrevue au milieu de sa nouvelle galerie d’art à Moncton.

Le photographe originaire de Grande-Digue, établi à Dieppe, a commencé à faire de la photographie, il y a environ sept ans. Depuis trois ans, il se spécialise surtout dans la photographie de voyage.

«Quand je suis en voyage, je me sens plus créatif. J’essaie aussi de faire plus de photos de la région, mais vraiment ce que j’aime c’est de voyager et voir différents paysages. C’est vraiment une passion», a expliqué le photographe qui ne dort à peu près pas quand il est en voyage.
Il peut rester des heures et des heures dans un lieu à attendre la lumière idéale avant d’appuyer sur le déclencheur de la caméra.

Des images saisissantes

En visitant la petite galerie située dans les locaux d’Apple Art sur la rue St-George à Moncton, on peut admirer une partie de son travail.

D’abord, on est saisi par les immenses paysages aux couleurs vibrantes. Aucun détail n’a été laissé au hasard.

On y trouve notamment un arbre touffu du parc national d’Acadia au Maine, un bateau abandonné au nord de San Francisco, un avion échoué en Islande, les gorges d’Antelope Canyon en Arizona, Peggys cove, des ciels étoilés, une chute aux couleurs spectaculaires ou encore une scène typique de la Norvège. Pour réaliser cette image, il a utilisé un mélange d’environ 120 photographies. On peut voir tous les petits détails.

André Poirier estime que cette photo représente bien ce pays scandinave. On voit des villages sur de petites îles reliées par des ponts entourées de montagnes qui sortent de l’océan. Juste pour se rendre à cet endroit, il a pris cinq vols différents.

«J’aime toutes les choses qui ne sont pas habituelles qu’on ne voit pas souvent par ici. J’aime aussi les couleurs assez vives.»
Il réalise des impressions de grand format; les détails deviennent alors très importants. Pour arriver à créer des images d’une netteté impeccable, il prend plusieurs photos du même endroit pour ensuite les mélanger. C’est imprimé sur une feuille métallique montée derrière une feuille d’acrylique, donnant ainsi un fini lustré d’une grande brillance.

La galeriste Nausika Breau précise que cette technique d’impression est de qualité archives de musée permettant ainsi de conserver les œuvres beaucoup plus longtemps.

«Les détails dans ses photos sont incroyables. Sur une des photos, on voit presque les chiffres sur les plaques d’immatriculation», note-t-elle.

Avec ses œuvres, André Poirier s’est distingué dans des concours nationaux, dont l’Association des photographes professionnels du Canada (PPOC).

Il planifie presque tout avant d’entreprendre un voyage de photographie. C’est très rare qu’il prenne une photo de façon fortuite.

Il peut mettre quelques jours à se rendre à un endroit pour ensuite y demeurer parfois de longues heures, voir des journées afin de capter les meilleures images possibles. La luminosité est très importante. Par la suite, il retourne à la maison pour finaliser ses œuvres qui nécessitent aussi quelques jours de travail.

L’Acadie Nouvelle a rencontré le photographe à la veille de son départ pour l’Ouest canadien, plus particulièrement à Jasper, à Banff et au parc national de Yoho. Il projette de photographier des grottes de glace, les lacs, les montagnes et les aurores boréales.

Nausika Breau est tombée en amour avec le travail d’André Poirier. C’est ainsi qu’elle a eu envie de collaborer avec le photographe en lui offrant un espace dans sa galerie. Ouverte depuis peu, la galerie suscite déjà de l’intérêt, selon la galeriste. Après Moncton, le photographe vise maintenant le marché national et international. Il aimerait ouvrir d’autres galeries de photographie dans de grands centres au pays.