Les grands moments culturels de l’année 2019 (1ère partie)

Le Nouveau-Brunswick a été riche en activités culturelles en 2019: expositions, festivals, livres, disques, spectacles, performances et théâtre. Certains événements ont connu aussi des zones de turbulences, notamment sur le plan financier. L’Acadie Nouvelle a sélectionné six faits saillants ou grands événements qui ont retenu l’attention du public et des médias dans la province.

Jacques Comeau à la Voix

L’hiver dernier, le chanteur Jacques Comeau originaire de Néguac qui a participé au concours télévisé La Voix sur les ondes de TVA a tenu en haleine une bonne partie de l’Acadie. Le chanteur qui accompagnait sa fille Josiane aux auditions a eu la surprise de sa vie quand on lui a demandé de se présenter à son tour devant les juges. Il a pu ainsi poursuivre l’aventure jusqu’à la demi-finale. L’artiste de 42 ans qui avait mis sa carrière musicale en veilleuse a connu ainsi un nouvel élan. En entrevue, Jacques Comeau raconte que cette aventure lui procure toute une opportunité.

«C’est une grande porte qui s’est ouverte, une belle bouffée d’air et d’amour», a déclaré le chanteur.

Pendant et après l’émission, il a eu la chance de partager la scène avec de grands noms de la chanson, dont Marc Dupré, Patrick Norman et Francis Cabrel. Jacques Comeau a connu une année mouvementée et remplie d’émotions. Il a donné plusieurs spectacles et le public était encore au rendez-vous même après sa sortie du petit écran, note le chanteur qui se sent particulièrement choyé.

«C’est un rêve d’enfance qui devient réalité non seulement pour moi, mais pour la famille. Ça se continue, c’est merveilleux… Ç’a été fou. J’ai partagé la scène avec Paul Daraîche, Martin Deschamps, Patrick Norman et j’ai même rencontré le garçon de Johnny Farago.»

Un des moments marquants de son année a été lorsqu’il a chanté avec Francis Cabrel au Centre Avenir à Moncton. «C’était magique!», a-t-il confié.

Toute cette aventure lui a redonné de l’inspiration pour écrire des chansons. Il envisage de sortir un nouvel album au printemps 2020 qui sera suivi d’une tournée. Celui qui se spécialise dans le country rock a déjà plusieurs artistes qui veulent collaborer avec lui pour son disque.

Devant l’incertitude de l’industrie musicale, le chanteur qui est aussi père de famille ne se sent pas encore prêt à abandonner son emploi pour se consacrer entièrement à la musique, mais il a bien envie de donner un grand coup afin de profiter de cette vague d’amour.

«Il faut travailler fort pour percer comme musicien. Le plus difficile est de rester dans la vie de tout le monde et de leur faire savoir qu’on existe encore», a ajouté l’artiste qui souhaite surtout semer de la joie autour de lui. «Il y a deux choses qui rassemblent le monde autour de la table, de la nourriture et une guitare», a-t-il conclu.

Les défis du Festival acadien

Après 57 années d’existence, le Festival acadien de Caraquet s’est retrouvé devant une situation financière difficile à l’été 2019. En 2018, le festival a terminé l’année avec un déficit de 153 000$, l’obligeant ainsi à réduire son budget. Malgré les bons coups, les organisateurs ont dressé un bilan mitigé de l’événement. La prévente des billets pour certains spectacles a été au ralenti, poussant les organisateurs à offrir des rabais de 50%. Certaines activités ont bien fonctionné, tandis que d’autres n’ont pas attiré autant de festivaliers qu’ils l’auraient souhaité. Les responsables du festival ont dû prendre des mesures pour éviter de s’enfoncer davantage dans le rouge. C’est ainsi que le poste de directeur général a été aboli.

Le 30 octobre, Paul Marcel Albert, un ancien directeur du festival, a accepté d’assurer la présidence sur une base intérimaire à la suite de la démission du président, Marc Blanchard. Des artistes acadiens se sont venus prêter main-forte en offrant le concert-bénéfice Une chanson pour le festival qui a réussi à amasser 25 000$.

Selon Paul Marcel Albert, si certaines décisions n’avaient pas été prises, le festival se dirigeait encore vers un déficit oscillant autour de 150 000$. Les responsables du festival espèrent éliminer le déficit d’ici la fin de l’année financière, soit le 31 mars 2020.

Un deuxième concert-bénéfice sera organisé au mois de mars. Avec les spectacles-bénéfices, quelques subventions supplémentaires et les mesures administratives, le déficit se situe actuellement à 50 000$, a fait savoir Paul Marcel Albert. Celui-ci convient que le contexte actuel n’est pas nécessairement facile pour les événements culturels, mais il est convaincu que le festival acadien va se relever et vivre un autre demi-siècle.

«Il faut présenter un ensemble d’activités pour tous les goûts et pour tous les âges puis il faut créer une ambiance spéciale en ville pendant le festival pour que ça donne le goût aux gens de sortir. La programmation est super importante, mais c’est aussi comment présenter des artistes et en faire la promotion», a indiqué le président qui croit que la nouveauté est absolument nécessaire.

La durée du festival qui s’étend habituellement sur deux semaines sera raccourcie de quelques jours, a-t-il précisé.

«Je pense qu’on peut tirer avantage de la situation actuelle pour créer un renouveau pour le festival. Il ne faut pas essayer de refaire le passé, il faut vraiment essayer d’avoir de nouveaux concepts, mais c’est aussi d’avoir un bon mélange et un bon dosage. Le but du festival est de promouvoir la culture acadienne donc, ça nous laisse plein de latitude.»

Le spectacle du 15 août à Dieppe
Le Congrès mondial acadien 2019 a regorgé d’activités artistiques dont trois grands spectacles et l’espace Extrême frontière au coeur de la ville de Moncton. Le spectacle du 15 août sur le nouveau site MusiquART à Dieppe qui a rassemblé plus de 20 000 personnes restera certainement gravé dans la mémoire des gens. Conçu par Lisa LeBlanc, ce concert qui a mis en vedette une cinquantaine d’artistes de tous les horizons a en mis plein la vue. Au-delà du doigt d’honneur de Serge Brideau des Hôtesses d’Hilaire et de ses commentaires sur le premier ministre Blaine Higgs qui ont fait beaucoup jaser, ce spectacle a certainement marqué l’histoire en raison de l’assistance et de la proposition artistique. Rarement a-t-on vu une foule aussi immense au spectacle du 15 août à Dieppe et Moncton, affichée fièrement ses couleurs.

En plus de célébrer la Fête nationale de l’Acadie, ce spectacle a donné le coup d’envoi aux activités du CMA dans la région du sud-est du Nouveau-Brunswick après un début réussi à l’Île-du-Prince-Édouard.

Le producteur des trois grands spectacles du CMA, François Émond, souligne que l’objectif était de réinventer l’événement. Sa première décision a été de choisir différentes directions artistiques.

Il a donné carte blanche à Lisa LeBlanc pour ce spectacle comme aux autres directeurs artistiques. De la grande dame de la chanson acadienne Édith Butler à l’humoriste Xavier Gould (Jass-Sainte Bourque) en passant par les Hay Babies, Zachary Richard, 1755, Jeremy Dutcher et bien d’autres, ce spectacle a rassemblé un large éventail d’artistes. Il y a eu des moments magiques.

«C’était un super bon spectacle, c’était différent et ç’a plu. Il y a eu des moments magiques et surprenants même pour nous. Le doigt d’honneur ne faisait pas partie du script évidemment. C’est un artiste qui s’exprime, c’est son choix, il va vivre avec les pour et les contre. C’est ça la liberté d’expression, qu’on soit d’accord ou pas d’accord avec le message.»

Pendant la journée, des activités ont été présentées à la Place 1604 dont la 15e finale du concours Accros de la chanson qui a attiré une très bonne foule.

Avec un budget de production d’un peu plus d’un demi-million de dollars, cette journée d’activités a nécessité la collaboration de près de 300 bénévoles et de 150 personnes qui ont travaillé en coulisses, avec les employés de la ville de Dieppe et de Radio-Canada qui a diffusé le grand spectacle.