Les grands moments culturels de l’année 2019 (2e partie)

Voici la deuxième partie des grands moments culturels de l’année 2019 présentés de façon chronologique.

Philippe LeBouthillier de passage à The Voice Kid

Après avoir participé à La Voix junior en 2017, Philippe LeBouthillier a traversé l’Atlantique pour prendre part au concours télévisé The Voice Kid, en France, diffusé cet automne. Le jeune chanteur de 16 ans de Pont-Landry dans la Péninsule acadienne a atteint la finale de cette émission sur TF1 regardée par plus de 3 millions de téléspectateurs.

Le public acadien a suivi le parcours du chanteur à la voix d’or jusqu’à la dernière émission présentée le 25 octobre. Philippe LeBouthillier en garde un souvenir merveilleux. Pour lui, cette aventure avait commencé bien avant, soit en septembre 2018.

«C’était une superbe belle expérience et j’ai vraiment aimé ça. Ça m’a tellement appris. Ça ne paraît pas, mais pour moi, ç’a duré une année. Dans ma tête, je ne me rendais pas aussi loin que ça. Le fait d’avoir pu rester avec cette équipe formidable, ç’a ajouté beaucoup à mon bagage.»

Cette expérience lui a appris notamment à contrôler son stress et à sortir de sa coquille afin d’être plus à l’aise sur scène. Celui qui chante depuis l’âge de 4 ans et qui suit des cours de chant à Tracadie avec Gail Desroches, a un large registre vocal. C’est ce que le public a pu découvrir en le voyant évoluer à l’écran. Il a aussi beaucoup d’assurance sur scène, du moins il essaie, confie-t-il avec le sourire.

«C’est quelque chose sur lequel je dois travailler parce que j’étais une personne gênée. Maintenant, je suis beaucoup plus extroverti.»

Après le concours télévisé, Philippe LeBouthillier a fait quelques apparitions à des événements, dont le radiothon de l’Arbre de l’espoir. La musique et le chant le passionnent.

«C’est tellement beau. Juste le fait de pouvoir donner à des gens quelque chose qu’on aime faire et leur faire ressentir des émotions.»

Étudiant de 11e année à la polyvalente W.-A. Losier, le chanteur commence à songer à l’Université. Celui qui rêve d’une grande carrière de chanteur considère des études en musique, mais il ne ferme pas la porte à d’autres domaines.

En août 2020, il a été invité à se produire à la Semaine acadienne en Normandie.

Envisage-t-il de tenter sa chance à Star Académie qui sera de retour à l’hiver 2021 après la dernière saison de La Voix? «On verra…» , répond-il.

Festival international du cinéma francophone

Avec une légère augmentation de son assistance, le 33e Festival international du cinéma francophone qui s’est déroulé du 14 au 22 novembre connaît une croissance continue. Événement culturel incontournable, le rayonnement du FICFA dépasse largement les frontières du Grand Moncton, notamment avec sa tournée scolaire.

Au dire des organisateurs, des festivaliers et des cinéastes invités, le rendez-vous 2019 s’est démarqué.

«Il y a certaines éditions qui se démarquent par un sentiment partagé entre les invités et le public. Peut-être que ça émane de la programmation elle-même, mais il y a aussi plein de petits facteurs qui ont fait que ç’a vraiment été une édition très chaleureuse», a déclaré le directeur général du FICFA, Marc Gauthier.

D’après celui-ci, en déplaçant une partie des séances de projection au théâtre l’Escaouette près du Centre culturel Aberdeen où se déroulent la plupart des activités parallèles et du volet des arts médiatiques, le festival est encore plus présent au centre-ville de Moncton. Cette année, le FICFA a présenté en ouverture le long métrage de fiction acadien Pour mieux t’aimer de Denise Bouchard et Gilles Doiron. Ce fut un moment magique que l’on pourrait qualifier d’historique puisque très peu de longs métrages de fiction sont produits en Acadie.

En plus d’être un festival de cinéma, le FICFA est devenu au fil des années un incubateur de talent en instaurant des projets de création avec des partenaires du milieu du cinéma pour les cinéastes émergents et artistes en art médiatique. De plus en plus de courts métrages sont réalisés en Acadie. Cette année, ce sont plus de dix courts métrages acadiens qui ont été présentés dans la programmation régulière du FICFA. D’ailleurs, le festival sera désormais responsable du programme provincial d’aide au court métrage (volet francophone).

Comme en ont témoigné le FICFA et la popularité des Lundis francos au Cinéplex, à Dieppe, cet automne, les cinéphiles semblent de plus en plus friands de cinéma francophone.

Malgré cette croissance, Marc Gauthier rappelle que le défi principal du FICFA demeure la question financière. Le financement public fluctue de façon un peu imprévisible et les commanditaires privés se font de plus en plus tirer l’oreille. Par ailleurs, M. Gauthier a reçu pendant le FICFA, l’insigne de Chevalier des arts et des lettres de la France; un honneur qu’il a tenu à partager avec l’ensemble de l’équipe du festival.

Huit femmes: une œuvre à succès

L’année a été riche en théâtre en Acadie et le public a été au rendez-vous. Dans cette foulée théâtrale, impossible de passer à côté de la comédie Huit femmes du Théâtre populaire d’Acadie qui a tourné au Nouveau-Brunswick, du 20 novembre au 5 décembre. Première mise en scène de la comédienne Diane Losier et première pièce professionnelle qui met en vedette un aussi grand nombre de comédiennes acadiennes. Cette œuvre de Robert Thomas, remise au goût du jour par l’auteure Christiane St-Pierre, a séduit le public. Dans l’histoire récente du théâtre en Acadie, peu de pièces ont capté l’attention d’un aussi large public depuis Laurie ou la vie de galerie d’Herménégilde Chiasson.

Présentée à guichets fermés au moins à quatre reprises, la pièce a attiré des foules impressionnantes.

Pour sa première saison, le nouveau directeur artistique du TPA, Allain Roy, s’était donné comme mission de donner une nouvelle impulsion à la compagnie. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a marqué un grand coup avec Huit femmes. Pour ce faire, il a choisi de donner une grande place aux femmes.

«Le théâtre avec 3000 ans de patriarcat n’a pas accordé la place qu’il aurait dû donner aux femmes et moi, dans mes 35 ans de carrière en théâtre, je suis redevable beaucoup aux rencontres que j’ai faites, dont beaucoup de femmes. Ma grande référence c’est Andrée Lachapelle. J’étais tellement triste quand j’ai appris son décès. Pour moi, cette femme représente tout ce qu’il y a de beau en théâtre, de noble et de travail d’équipe.»

À son avis, toute l’équipe a donné son 100%. Les comédiennes et les chanteuses se sont entraidées les unes, les autres. Au coeur de cette équipe, Diane Losier a livré la marchandise, note le directeur artistique.

«Diane Losier, c’est une directrice de jeu, d’acteur et je savais que c’était une pièce qui demandait à jouer sur une ligne délicate.»Devant le grand succès de cette première tournée de Huit femmes, la direction du TPA envisage de présenter de nouveau la pièce en 2020, possiblement pour dix représentations.