Festival Cinema on the Bayou: le cinéma acadien bien représenté en Louisiane

Du 22 au 29 janvier, le Festival Cinema on the Bayou, à Lafayette, déroulera le tapis rouge aux films acadiens. Cinq œuvres signées par des cinéastes de l’Acadie figurent au programme de l’événement qui offre un large éventail de productions des États-Unis, du Canada, de l’Asie, de l’Europe, de l’Amérique du Sud et de l’Australie.

Le drame Pour mieux t’aimer de Gilles Doiron et Denise Bouchard ainsi que les documentaires Vague d’Acadie et Belle-île en Acadie de Phil Comeau, et Le Prince de l’Acadie de Gilles Doiron et Julien Robichaud se retrouvent parmi la quarantaine de longs métrages (documentaire et fiction) qui seront à l’affiche du 15e Festival du film Cinema on the Bayou.

La sélection comprend aussi le court métrage de fiction 54 North de Mélanie Léger et Émilie Peltier. Toutes ces œuvres auront donc droit à leur première américaine en Louisiane.

Le cinéaste Gilles Doiron qui a coréalisé deux des œuvres de la sélection acadienne estime que les racines communes et l’histoire partagée entre l’Acadie et la Louisiane favorisent les échanges entre les artisans du milieu du cinéma.

Le cinéaste de Moncton s’est déjà rendu à ce festival pour présenter son film Aller-retour en 2012 qui avait d’ailleurs reçu un prix.

«C’est super important de bâtir cette relation entre l’Acadie et la Louisiane. La dernière fois que nous avons été là, nous avons été accueillis de la même façon qu’on accueille le monde ici.»

Le réalisateur s’y rendra cette année en compagnie de Julien Robichaud et de Martin Goguen, copropriétaire de Botsford Bros. Comme il s’agit d’un festival de taille modeste, l’ambiance est conviviale et les cinéastes ont la chance de faire de belles rencontres pouvant éventuellement déboucher sur des coproductions avec la Louisiane.

Fondé en 2006, ce festival est dirigé par le cinéaste de renom Pat Mire.

Selon Gilles Doiron, la connaissance du milieu du cinéma du directeur facilite aussi les discussions. En ayant deux longs métrages à l’affiche du festival, le réalisateur acadien estime que cela pourrait leur ouvrir des portes pour des projets concrets.

«Le fait qu’on arrive avec un long documentaire et un long métrage de fiction, ça nous ouvre la porte aux deux possibilités. On a des projets en développement qu’on aimerait voir s’il y a des possibilités pour des tournages en Louisiane.»

Pour Mélanie Léger et Émilie Peltier, ce sera une première à ce festival. Leur court métrage 54 North sur l’itinérance en sera à sa 7e sélection en Louisiane après Moncton, Fredericton, Québec, Toronto, l’Inde et Haïti.

Réalisé de façon indépendante avec un appui financier du gouvernement provincial, la courte fiction 54 North explore le thème de l’itinérance à Moncton à travers le récit d’une femme sans-abris.

Ce phénomène bien présent à Moncton trouve écho aussi dans le reste du monde. Malheureusement, l’itinérance existe à peu près partout, rappelle la coréalisatrice Émilie Peltier.

«Dans le fond, c’est un projet qu’on a fait pour Moncton, mais en même temps pour nous, c’est quand même quelque chose d’universel et on est contente que le film voyage», a indiqué la coréalisatrice et actrice Mélanie Léger.

Sur une idée originale de Mélanie Léger, le projet a commencé à germer lors d’une de leur longue promenade à travers la ville de Moncton.

«En prenant le temps de marcher dans la ville, on croise des gens qu’on ne voit pas forcément quand on est en voiture», a mentionné Émilie Peltier.

Celle-ci envisage d’assister au festival à la fin janvier. D’autres réalisateurs et programmateurs du milieu du cinéma en Acadie y seront présents.

«C’est un bon moment pour réseauter, rencontrer du monde, des programmateurs et pour faire parler de l’Acadie.»

Le Festival du film Cinema on the Bayou accorde en général une belle place au cinéma acadien. Phil Comeau qui y a présenté plusieurs de ses films a ouvert le festival en 2017 avec son documentaire Zachary Richard, toujours batailleur. Ce documentaire a reçu le grand prix du festival.